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50 shades of wasting time

50 shades of wasting time

Deux ans. C’est le temps qui s’est écoulé depuis que 50 Nuances de Grey est paru et le temps qu’il m’a fallut pour l’ouvrir. Pour ma défense, il est de notoriété publique que les critiques qui en ont été faites furent mitigées, voire abominables. Mais ! Un aspirant journaliste qui se respecte se doit de traiter tout sujet, qu’il lui plaise ou non (et surtout s’il ne lui plaît pas).

50 Nuances de Grey, « romance érotique écrite par la britannique E.L. James » – c’est Wikipédia qui le dit – est, avec 40 millions d’exemplaires vendus en un peu plus d’un an, un indéniable succès. Maintenant qu’une adaptation sur grand écran est prévue pour 2015, je reviens donc sur ma décision après deux ans de snobisme.

Mal écrit et cliché

Si vous souhaitez vous imprégner de la beauté de la langue française – ou anglaise, fuyez ! Tout est détaillé, malheureusement du détail le plus important au plus inutile, et tout va ainsi de répétition en répétition : OUI Anastasia, le lecteur a compris que lorsque Christian Grey vous effleure c’est, oh mon dieu, tellement excitant. Les expressions ne servent pas davantage le propos et je ne vous citerai que celle-ci : « brushing post-coïtal ». Quelle trouvaille…tellement admirable que l’auteur a jugé bon de la placer à peu près partout, histoire de clore en beauté chaque scène de sexe.

Parlons-en, de ces scènes. Elles ne sont certes pas « conventionnelles » : soumission, martinet, menottes, « baiser » plutôt que « faire l’amour ». Mais quoi, est-ce là la révolution choquante annoncée ? Raté Mrs James, le marquis de Sade a frappé bien plus fort et trois siècles avant vous. Voici donc sous mes yeux un beau schéma de bluette pour adolescents, peinturlurée de « cinquante nuances de gris »pour tenter d’assombrir le tout. Christian Grey est un jeune entrepreneur incroyablement beau et riche, qui vit dans un appartement design, joue du piano, apprécie le bon vin et surtout, est très très mystérieux, froid et dangereux. Anastasia Steele est une jeune étudiante, jolie sans le savoir, vertueuse, insignifiante et maladroite… Evidemment, le bien et le mal s’attirent comme des aimants. Bref, un remake sulfureux de Twilight.

Et pourtant

Il serait peut-être juste d’abandonner jusqu’au bout ce « snobisme littéraire ». 50 nuances de Grey n’a aucune prétention lyrique et remplit à merveille son rôle de divertissement. Pourquoi se priver d’un peu de niaiserie à l’occasion ? Mais les romans à l’eau de rose fleurissent sur les étagères des librairies et un autre conviendra aussi bien que celui-ci – pour ma part, je retourne à Twilight.

Si vous recherchez au contraire l’exaltation des sens et l’excitation que procurent les fantasmes transgressifs, je ne doute pas qu’il existe des auteurs érotiques à la plume autrement plus talentueuse et qui vous éviteront de mièvres méandres.

Quant au film, à l’affiche duquel l’Apollon Jamie Dornan, je suis bien certaine que s’il sera loin d’être excellent, il se laissera regarder avec un plaisir coupable. Allégé des scènes les plus crues par souci d’accessibilité, il ne sera plus que cliché : long-métrage ou roman, ce n’est pas la dévergondée qui sommeille en vous que réveille 50 Nuances de Grey, mais bien la gamine de 13 ans. Aucun des deux ne vous apportera rien culturellement, mais perdre son temps quelquefois, c’est vital. Rendez-vous au cinéma le 11 février 2015.

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Étudiante en histoire à Bordeaux. Adore être en pyjama. Newsyoung & cinéma.

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