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À la dérive : portrait palpitant d’une histoire vraie à découvrir.

« À la dérive » illustre parfaitement son nom. Il dévoile les profondeurs sombres et effrayantes de l’océan, mais également sa douce sérénité le temps d’un coucher de soleil sur l’horizon. C’est ce qui attirait Tami Oldham (Shailene Woodley) et Richard Sharp (Sam Claflin) lorsqu’ils ont accepté de prendre le large à deux. L’immensité. L’océan dans sa plus belle robe. Chaque soir, chaque nuit, chaque matin, à tout moment!… un spectacle d’une beauté inégalable. Privilège ultime. Cependant, lorsque cette incommensurable étendue bleue se montre explosive, c’est l’impuissance. Tableau d’une aventure humaine bouleversante qui nous ramène à l’essentiel.

Baltasar Kormakur se lance dans une aventure peu commune : ressusciter à l’écran une histoire à la fois merveilleuse et dramatique, celle d’un couple de navigateurs des années 1980. Une tâche méticuleuse qui requiert nombreuses informations et collaboration accrue avec les individus ayant inspiré l’épopée. Mais également des heures passées à écouter les récits sur ce couple perdu dans l’océan atlantique à plus de 2 500 km de la côte. Un drame romantique de 96 minutes sorti le 1erjuin 2018 aux États-Unis et le 4 juillet en France.

Le film pourrait avoir tendance à partager son public. Avant d’aborder le positif, quelques points décevants à relever. L’histoire parle certes de romance, d’une idylle naissante et inébranlable. Mais l’amour « À la dérive » fait parfois grimacer son public. On se retrouve à rouler des yeux devant des répliques bas de gamme et à prier pour que la prochaine scène ne soit pas aussi niaise que la précédente. Les mimiques adoptées par les acteurs dégagent un parfum cheesy qui dérange et les dialogues deviennent vite agaçants. Un conseil donc afin de (peut-être) éviter cela : privilégier la VO à la VF. En espérant des dialogues plus recherchés sans la traduction, à la hauteur des acteurs en présence.

Cependant et grand bien nous fasse, le métrage peut tout de même se targuer d’un contenu qui tient la barre. Son plus gros atout : les paysages indescriptibles qu’il nous laisse à découvrir. Chaque centième du prodige est à dévorer. Véritable trésor que nous offre ici la nature. À l’écran, Baltasar Kormakur parvient à le sublimer. On salue ainsi la délicatesse avec laquelle il nous expose ces couleurs. Une véritable palette arc en ciel, de l’aube au crépuscule. Dans ce décor idyllique, on apprécie la vision de ces corps amoureux à l’évolution. Les amants se blottissent parfaitement dans les nuances pastel de l’œuvre, comme dans un tableau de Camille Pissarro (impressionniste, 1830-1903).

Autre point remarquable à relever : la capacité de surprise. No spoil oblige, on ne révèlera pas de quoi il s’agit. Cependant, on en parle ! Tel un magicien, le réalisateur parvient à mener tranquillement le spectateur où il le désire: il nous leurre aisément jusqu’au terme, en toute conscience. C’est seulement à la fin, lorsqu’on on commence à l’imaginer par nous même que ce dernier dévoile la supercherie. Un tour de maître suscitant divers sentiments chez le spectateur, déconcerté.

« À la dérive » nous offre non seulement l’occasion de découvrir un drame biographique à couper le souffle, mais aussi un jeu d’acteur particulièrement intense au sein de ce huit-clos naturel. On relèvera notamment la prestation de Shailen Woodley dans la peau de Tami Oldham : une performance poignante. Preuve de son talent, elle fut nommée meilleure actrice dans une mini-série/téléfilm pour son rôle dans Big Little Lies en 2018. Talent qu’elle met ici parfaitement à profit pour son dernier film : « À la dérive ».

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