Salut ! Salut !

A Lyon, les choix contestés de la direction

Récents / Sport / 24 janvier 2016

La saison de l’OL est pour l’instant une grosse déception. Elimination de toutes compétitions européennes après une désastreuse campagne en Ligue des Champions (Lyon a fini dernier de sa poule), et pour l’heure, une neuvième place en championnat loin des ambitions du club affichées en début de saison. Au-delà de la débâcle purement sportive, et d’un mercato déjà durement critiqué par la presse, l’exercice 2015-2016 de l’Olympique Lyonnais est marqué par de nombreux choix contestables – et contestés – de la direction. Explications avant la réception de Marseille, dimanche (21h00).

La vente de jeunes espoirs

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Anthony Martial est aujourd’hui un international envié.

Depuis quelques saisons, l’OL a mis en avant sa jeune génération tant sur le terrain que dans la communication du club. Après une saison 2014-2015 de très bonne facture, et où les jeunes issus de l’académie ont brillé (Alexandre Lacazette et Nabil Fekir, élus respectivement meilleur joueur et meilleur espoir de Ligue 1 en sont les exemples les plus parlants), ces derniers ont trusté les affiches de la campagne d’abonnement. Seulement, avec le retour en Ligue des Champions, et la manne financière apportée par la prestigieuse compétition européenne, l’OL a presque changé de stratégie, préférant aller chercher ailleurs ce dont il disposait déjà dans son centre de formation.

Ainsi, Mohammed Yattara (Standard de Liège/BEL), Mehdi Zeffane (Rennes) mais surtout Yassine Benzia (Lille) et Farès Bahlouli (Monaco) ont été prié d’aller voir ailleurs. Le départ du dernier cité, très apprécié par les suiveurs des catégories jeunes de l’OL a provoqué un immense tollé chez les supporters lyonnais, marqués par le départ d’Anthony Martial il y a deux ans, déjà chez le club de la principauté. Le destin du joueur français le plus cher de l’histoire est désormais connu de tous. Libéré à 17 ans pour cinq millions d’euros à Monaco, le natif de Massy en région parisienne va rayonner en Ligue des Champions pour être finalement transféré contre 80 millions d’euros à Manchester United. Surtout, c’est toute la stratégie du club qui est remise en question par la vente cet été de ses deux plus gros espoirs. D’autant plus que les recrues à leur poste (Claudio Beauvue et Matthieu Valbuena) ne se sont pas montrées indispensables.

Plus globalement, c’est l’incorporation de la nouvelle génération à l’équipe première qui pose question. Des finalistes de la Gambardella l’an passé, seul Aldo Kalulu (20 ans) a intégré durablement le groupe professionnel, malgré de nombreuses blessures, et des joueurs (Steed Malbranque ou Arnold Mvuemba par exemple) loin d’être à leur meilleur niveau. Pourtant, le talent est toujours présent dans les équipes de jeunes lyonnaises, à l’image de Romain Del Castillo (19 ans) ou Christophe Martins Peireira (18 ans).

Une politique tarifaire absurde

Derniers matches à Gerland, premiers dans le tout nouveau Parc OL, retour de la Ligue des Champions… Les nombreux évènements promettaient de très jolies affluences pour les affiches de Lyon en cette saison. Pourtant, le club rhodanien n’a toujours pas joué une rencontre à guichet fermé au cours de cet exercice. Pas même lors du dernier derby disputé à Gerland. La faute à une hausse des prix conséquente, notamment sur les gros matches, ce qui a obligé l’OL à brader les places du match contre Saint-Etienne le jour-même du derby pour atteindre les 38 000 personnes. Les places pour le match d’ouverture du nouveau stade, ainsi que pour l’affiche face à Marseille ce dimanche (21h, 22e journée de Ligue 1) vont jusqu’à 300 euros. Une somme astronomique pour un simple match de football. Pour une place en latéral, comptez facilement la centaine d’euros. Les virages n’échappent pas à la hausse : 35€ pour les matchs de Ligue des Champions cet automne, 20€ pour un simple match de championnat face à Caen. Et ce ne sont pas les prestations actuelles de l’OL qui vont attirer la foule au stade.

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Plus d’une des 59186 places du Parc OL sont restées inoccupées le soir de l’inauguration.

Le chantier de la défense centrale

Ce fut l’un des principaux points chauds de l’été : point faible de son effectif depuis de nombreuses saisons, la défense centrale fait toujours débat six mois plus tard. Derrière l’indiscutable Samuel Umtiti, aucun joueur ne s’est montré indispensable. Le recrutement de Mapou Yanga Mbiwa cet été, pour plus de 10 millions d’euros, est un échec total. L’ancien joueur de la Roma enchaîne les prestations catastrophiques depuis son arrivée entre Rhône-et-Saône, si bien qu’Hubert Fournier a tenté d’autres alternatives : le retrait de Maxime Gonalons en défense centrale, et même le retour du pestiféré Bakary Koné.

Finalement, la seule solution qui tenait la route menait à Milan Bisevac. Loin d’être éblouissant depuis son arrivée à l’OL, le Serbe était cependant plutôt rassurant aux côtés de Samuel Umtiti, et formait avec le Franco-Camerounais une charnière solide. Mais rien n’a été épargné à l’ancien Parisien, et après une prestation ratée face à Montpellier (2-4), à l’image de l’ensemble de l’équipe ce soir-là, et malgré le fait qu’il revenait de blessure, Bisevac a été écarté du groupe, puis libéré de son contrat cet hiver. Dernier défenseur central de l’effectif, Lindsay Rose devrait également quitter l’OL : le club rhodanien se retrouverait alors avec seulement trois spécialistes du poste, dont un seul seulement apporte des certitudes.

Un staff pas au niveau

Evincé de la tête de l’équipe première le 24 décembre dernier, Hubert Fournier a été remplacé par son adjoint, Bruno Génésio. La nomination de ce pur gone, dans le staff du club rhodanien depuis près de 10 ans, n’a guère enthousiasmé une partie des supporters lyonnais, qui ont d’ailleurs fait connaître leur mécontentement par le biais d’une pétition. Il faut dire que ces derniers espéraient plutôt l’arrivée d’un coach étranger renommé, les noms de Lucien Favre, Leonardo ou Marcelo Gallardo étant évoqué. De plus, début décembre le président de l’OL, Jean-Michel Aulas, avait indiqué qu’il ne remplacerait Fournier que par un « entraîneur en réussite constante depuis quelques temps ». Génésio, dont les seules expériences sur un banc avait été des échecs à Villefranche et Besançon, n’entre clairement pas dans cette catégorie.

Plus globalement, c’est l’ensemble du staff qui n’est guère apprécié par cette frange des supporters. Pour eux, les entraînements sont mal gérés, et les choix tactiques incohérents. C’est notamment le cas de la gestion de Sergi Darder qui interpelle. Recruté pour 12 millions d’euros cet été, le milieu de terrain espagnol n’est toujours pas un titulaire indiscutable dans l’entre-jeu lyonnais, malgré des prestations de qualité croissante et le faible niveau affiché depuis le début de la saison par Jordan Ferri et surtout Corentin Tolisso.

Ces problèmes ne datent pas d’hier, mais les bons résultats de l’an passé ont caché les faiblesses d’un club pas aussi bien géré qu’il n’y paraît. Le mercato complètement raté de l’OL a révélé au grand jour ses failles. La cellule de recrutement, qui enchaîne les fiascos ces dernières saisons (Bakary Koné, Mouhamaou Dabo, Arnold Mvuemba, Gaël Danic, Fabian Monzon, Claudio Beauvue…) n’est plus au niveau. Et seul le centre de formation permet à Lyon de rester compétitif. L’autre gros problème relevé par les supporters est l’influence de Bernard Lacombe, dont les choix sont de plus en plus constestés. Le conseiller du président Aulas ne devrait plus faire long feu chez les Gones, puisque « JMA » a annoncé récemment qu’un manager général devrait débarquer dans l’été.

La gestion des blessés

Depuis quelques saisons, c’est LE grand problème à l’OL. Chaque année, les blessés se succèdent dans le club File:Nabil Fekir 2015.jpgrhodanien sans que jamais la direction ne trouve la solution pour endiguer le phénomène. Cette saison, Lyon a dû se passer pour plusieurs mois de Nabil Fekir, Clément Grenier et Guëida Fofana, trois joueurs sans doute titulaires dans 18 des 19 autres clubs de Ligue 1. De plus, de nombreuses blessures de joueurs clés ont parasité la première partie de saison de Lyon : on peut citer Christophe Jallet, Rafael ou encore Milan Bisevac. En fin d’année, Hubert Fournier a dû se passer, notamment lors du match face au PSG, de 9 joueurs potentiellement titulaires ! Et pas des moindres : Alexandre Lacazette, Nabil Fekir, Samuel Umtiti, Christophe Jallet, Rafael, Gueïda Fofana, Matthieu Valbuena. Soit déjà les 4 meilleurs joueurs de champs lors de la phase aller…

Si l’OL a connu de grosses réussites ces dernières saisons, la plus récente ayant été l’inauguration d’un stade dont il est 100% propriétaire ; il a aussi connu quelques désagréments, dont une partie est imputable aux mauvais choix de la direction. Résultat : le club rhodanien est au pied du mur, et une victoire est primordiale, dimanche soir face à Marseille pour rêver d’un avenir étoilé en septembre prochain.

Crédits photos : olweb.fr ; leparisien.fr


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Dylan Carrencotte




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