Salut ! Salut !

Année des possibles ou année des passables ?

Politique / Récents / Société / 8 janvier 2017

Un éditorial de début d’année a cela de difficile à écrire qu’il se doit de définir un cap vers une destination dont personne ne sait grand chose. Alors que l’on enterre la si mal aimée 2016, on a à vrai dire même du mal à dire d’où l’on vient. Secousse du Brexit puis triomphe de Drumpf, populisme et post-vérité, inertie diplomatique et défaites humanitaires, grandes fractures et grands concepts : autant de maux béants aux vains remèdes. Pour nous Français les mois à venir s’annoncent année houleuse, année usante à surmonter les scléroses. Si l’époque ne se prête pas trop à verser dans l’optimisme, quelques raisons demeurent qui autorisent l’espoir. 2017, année cathartique ?

Nul prédicateur improvisé ne peut s’y soustraire en ce début janvier : l’échéance première de l’année qui s’ouvre arrivera à cheval entre avril et mai. Les deux tours de l’élection présidentielle dont on attend le meilleur tout en en craignant le pire viendront du moins clôturer un quinquennat bousculé comme rarement, par une majorité fallacieuse autant que par une opposition émiettée. Des cinq ans de la présidence Hollande on retiendra les tergiversations inutiles, parfois, et les passages en force surréalistes, trop souvent. Le deuxième président socialiste de la Ve République aura en somme fini d’éclairer les limites d’une Constitution toujours aussi centrée sur le duo chef de l’Etat / chef du gouvernement et autorisant par la même bien des collusions. De la tutelle opérée sur la Cour de Cassation par le décret passé inaperçu d’un Manuel Valls démissionnaire, à la grâce présidentielle accordée à Jacqueline Sauvage, l’unilatéralisme français a au cours des derniers mois trouvé tribune dans les plus hautes sphères de l’Etat, pour des résultats tantôt scandaleux, tantôt salutaires, toujours problématiques.

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Qui pour serrer la main de François Hollande, en mai ?

Le siège le plus haut de l’Etat, s’il ressemble donc assez à un trône, doit tout de même être confortable à en juger par le nombre des hommes et femmes qui se disputent pour y monter. 2017 verra la fin d’une course commencée pour certains bien des mois en arrière, qui compte aujourd’hui encore une bonne cinquantaine d’engagés. Si l’on doit s’interroger sur les conséquences qu’ont les primaires sur l’exercice démocratique, force est de constater qu’elles semblent polariser davantage qu’elles ne fédèrent, mobilisant derrière des candidats idéologues des communautés militantes marquées et moins enclines à l’écoute d’un candidat tiers. La lutte sera donc fratricide avant d’être présidentielle au gré des primaires qui fleurissent, soient-elles de la droite, citoyennes, ou de la Belle Alliance Populaire (un bien joli nom, notons le en passant, pour désigner frondeurs et obéissants). Des loups solitaires se distinguent aussi qui soulèvent les foules, par leurs envolées vocales ou leurs idées auto-proclamées nouvelles. Espérons du moins que tout ce petit monde bien vocal à l’approche des échéances législatives et présidentielles saura offrir à ce pays des débats dignes et construits sur des thématiques en prise avec des quotidiens exaspérés. C’est bien tout ce que l’on peut souhaiter à notre bon vieil hexagone.

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Il faut dire que le reste du monde n’a pas tout à fait donné l’exemple. De chamailleries en grossièretés, les élections américaines ont abouti sur l’avènement très hollywoodien du villain ultime, agresseur revendiqué et agressif inquiétant. Drumpf a certes eu dès lors quelques propos apaisants qui surent aider certains à avaler la pilule réactionnaire, mais rien n’y fait. A l’époque où un tweet peut devenir une faute diplomatique, dire c’est déjà faire. L’accession au bureau ovale d’un tel gouvernement et d’un tel cabinet, après une campagne menée en termes si violents, n’autorise rien que l’inquiétude face à ce que certains aiment à désigner comme une renaissance des populismes. Si le danger est réel il faudrait pourtant s’interroger quant à la défaite de l’habitude Clinton face au spectaculaire reality show offert par Drumpf : la haine n’a pu naître que sur les nécroses d’un système défait. Le nouveau président prendra office le 20 janvier prochain. Bien du courage à ceux qui outre-Atlantique comme ailleurs devront subir les actes débridés qui suivent les élections de leaders irresponsables.

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La claque Drumpf aura aussi à priori pour caractéristique de changer l’attitude américaine vis-à-vis du reste de la mappemonde. Alors que les derniers mois nous avaient ramenés, autour de l’épineuse question Aleppine, à l’aube de ce qui s’annonçait comme une guerre froide nouvelle, l’entente affichée entre les administrations russe et américaine pourrait bien redistribuer les cartes de la présence occidentale au Moyen-Orient. Difficile de savoir ce qui est à souhaiter désormais, alors que la prétendue efficacité onusienne a une nouvelle fois été mise à rude épreuve. Si les Etats-Unis se sont enfin décidés à lever leur veto sur la problématique des colonisations de l’allié Israël, l’inertie russe face au problème syrien a, une nouvelle fois, forcé à l’inaction. Se rendre compte des faiblesses de la gouvernance supra-nationale, à l’ONU comme en ce qui concerne les politiques environnementale toujours disparates ; voilà qui serait une bonne résolution.

2017 sera une année passionnante. Épuisante sans doute pour les citoyens que nous sommes mais décisive, pour la France comme pour ceux qui la menacent et l’entourent. Un bref éditorial ne résoudra jamais bien plus que ce que des mots à peine lus autorisent mais il peut, peut-être, être le coup d’envoi de quelques mois aussi intense que stimulants. On vous souhaite bien du bonheur et des réussites, de la culture, du rire et des perspectives propres à faire oublier la déception 2016. Reste à savoir quoi faire de l’année des possibles. En attendant, vous reprendrez bien un peu d’espoir ?






Bastien Desclaux
Joyeux rédacteur en chef de ce beau monde libre, jeune et conscient.




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