NEWSYOUNG.FR
Now Reading:

« Antifa »?… Euh… C’est quoi ça?

Le 5 juin 2013, Clément Méric perdait la vie lors d’une rixe entre des partisans de la JNR et des antifascistes. Antifasciste lui même, Clément Méric est décédé au cours d’une action reflétant  ses propres convictions. Mais au fond, l’antifascisme, c’est quoi?

Petit rappel historique (Oui j’aime beaucoup l’histoire) : L’antifascisme trouve ses origines chez les Skinheads, pur produit de la classe ouvrière anglaise, dans les années 1960. Ces skinheads détestent les hippies et les rockers de l’époques. Leurs multiples bagarres se partagent souvent les rubriques « faits divers » des journaux britanniques. Ces skinheads finissent doucement par disparaître vers la fin des années 1960, avant que la nouvelle vague Punk réanime le mouvement. En 1978, le mouvement s’étend à la France.

Bla bla bla… Mais cessons de nous égarer. Je voudrais clarifier la position des antifas dans la société française. Nous sommes en 1980, et une grande radicalisation s’abat sur les groupes punks. Certains préfèrent l’intolérance, le racisme, attisés par l’immigration très active à l’époque et la peur de l’étranger. Ces jeunes vénèrent Hitler, aime pratiquer le salut nazis dans les tribunes des stades de football, reprennent les symboles fascistes de la première moitié du XXème siècle, et se rasent le crâne. Alors que ces jeunes prennent leurs quartiers à Paris (plus précisément à Luxembourg par exemple) et pratiquent le lynchage et le harcèlement sur bon nombre de personnes, un autre type de skinheads évolue dans l’ombre. L’un des groupes issus de cette nouvelle vague se nomme les « Red Warriors » et souhaite éradiquer la terreur mise en place par la présence des fascistes. Ils développent leur propre code vestimentaire : Foulard rouge, Batte de baseball dans le dos, Bombers, bottes militaires, coiffures en brosse inspirées de celles des « Black Panthers », couleurs de l’équipe de football de Washington, les « Peaux Rouges », et portent l’étoile rouge communiste. Ils sont punks, skinheads se revendiquant des origines, ou s’intéressent au mouvement hip hop naissant. Ils s’inspirent notamment du groupe de punk anglais « The Redskins », proches des mouvements socialistes. Leur look, leur façon de vivre, et même de marcher leurs sont propres. Ils s’appellent les Redskins, les Red Warriors, ou encore les Ducky Boys, et ils sont « chasseurs de fafs ».

C’est ici que naît une véritable guérilla urbaine. Les antifas prennent pour cible tous les fascistes portant leurs couleurs, notamment ceux appartenant aux « Batskins », mouvement fondateurs des JNR. A leurs tours, les antifas deviennent des cibles pour les fascistes. C’est l’engrenage. C’est à celui qui frappera le plus fort. Le mouvement antifa se développe, les chasseurs parviennent à gagner du terrain et à provoquer la dissolution de  certains groupes fascistes par la violence. Ils agissent dorénavant de façon organisée, et contrôlent les rues, à la recherche de fascistes. Alors que le Front National est en pleine ascension, Harlem Désir et Julien Dray (actuel député socialiste de la Xe circonscription de l’Essonne) fondent « SOS racisme », et demande aux jeunes antifas de couvrir certaines manifestations et concerts.

Pendant ce temps, Serge Ayoub, tente de fédérer les jeunes skins au sein des JNR. Cette organisation provoque un radicalisme antifa non encadré. Les tensions ne font que s’accroître, et les antifas se retrouvent dans l’obligation d’adopter les techniques de combats des fascistes pour pouvoir rester debout lors des affrontements. Car oui, c’est une guerre, personne ne s’en est aperçu, mais c’était une véritable guerre urbaine. Les forces aux pouvoirs ne font rien pour arrêter ces conflits, provoquant une grande déception politique chez les antifas, bien qu’ils ne présentent pas d’engagement politique. Néanmoins, les jeunes fascistes vieillissent, adhèrent au Front National et doivent s’assagir au niveau de leurs tenues vestimentaires à cause de leur profession. Les antifas en profitent pour adopter le look « skin », afin de montrer aux fascistes qu’ils ont même perdus leurs costumes de guerre. Les fascistes disparaissant, les antifas n’ont donc plus de raison de continuer à se battre. En effet, les antifa existaient parce que les « fas » existaient.

Aujourd’hui, le Front National connait un succès croissant, donnant naissance à un nouveau genre d’antifas, dont faisait parti Clément. Ces antifas luttent toujours contre le racisme, la xénophobie, et l’homophobie qu’ils refusent de voir triompher par la voies des urnes, et même par n’importe quelles autres voies envisageables. Le décès de Clément Méric n’est autre que le reflet de la renaissance de ce conflit. En effet, aujourd’hui les gens se radicalisent, bien que les clivages politiques s’estompent. Le Front National connait une augmentation fulgurante d’adhérents, ce qui a pour dont d’énerver sérieusement les nouveaux antifas. Mais franchement, ne soyons pas aveugles : j’ai encore aperçu un groupe de fascistes près de chez moi, arborant avec fierté la croix gammée (signe symbolisant le IIIème Reich, Hitler et la tentative d’extermination des juifs et autres minorités par la déportation, je le rappelle) et leur paires de Rangers. Je peux vous dire que je ne serais pas allée les embêter avec mes questions.

Share This Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Input your search keywords and press Enter.