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[ART] Biennale d’Art Contemporain – Episode 2 La Sucrière

[ART] Biennale d’Art Contemporain – Episode 2 La Sucrière

Simple visiteuse, curieuse et amatrice d’art sous toutes ses formes, me voici à nouveau à Lyon pour la Biennale d’Art Contemporain. Situé dans le quartier de la Confluence au sud de la ville, La Sucrière est un ancien entrepôt réhabilité de 7000 m². On y pénètre par les anciens silos qui offrent une entrée spacieuse dans laquelle on a envie de se recueillir. C’est un lieu habité, sans aucun doute.

Permuta entre Dois Estados Temporais

La Biennale d’Art Contemporain y expose des artistes sur les 3 niveaux, mais pas que. La façade de La Sucrière propose déjà une partie de l’exposition avec l’œuvre de Paulo NIMER PJOTA. Un conseil, prenez du recul sur le bâtiment et sur l’œuvre pour apprécier. Une fois entré dans l’enceinte, laissez votre « par-dessus la tête » au vestiaire et tant que vous y êtes, laissez-y votre ras-le-bol d’une vision simpliste du monde, une vision imposée parfois par un quotidien ennuyeux. Et en avant pour la visite. Voici comment j’ai vécu la mienne et surtout ce qui a retenu mon attention :

DAN COLEN – Silhouette Wall Cuts

A peine entrée et me voilà face à face avec l’œuvre de Dan Colen.

Livin and Dyin

« Vil Coyote tente de capturer Bip Bip. Il échoue à chaque fois, mais rien n’y personne ne pourra l’empêcher d’essayer à nouveau… »

Laisser une empreinte, une trace de notre passage. Et si cette œuvre n’était que la version pop des peintures rupestres ? Les siècles passent, et l’artiste traduit dans son propre contexte une même peur universelle et intemporelle. Il utilise les codes du monde enfantin et néanmoins violents de dessins animés. Qui a dit que l’enfance n’était pas cruelle ? L’artiste est là, au centre de tout, généreusement sculpté, comme figé dans une jeunesse qu’il veut éternelle. Est-ce que chaque visiteur y verra sa propre histoire ? Est-ce que chaque nouvel angle de vue apportera un nouveau regard ?

PETRA CORTRIGHT – Vicky Deep in Spring Valley

J’avance. Des écrans plats sur les murs blanc.

« C’est l’histoire d’une infirmière obèse qui fait trop chauffer sa carte bleue… »

Vicky Deep in Spring Valley

Il y avait une belle mise en bouche. Qu’ajouter ? Je passe mon tour.

PAUL CHAN – Ensemble d’oeuvres

« Je voulais que le langage ne fonctionne que pour moi et pour personne d’autre… »

Je n’ai malheureusement pas de photo à vous fournir pour cet artiste et son ensemble d’œuvres.

Paul Chan offre ici son propre langage. Et comme un langage sert à communiquer, à établir un lien afin d’échanger, il nous offre un lien avec lui-même. Apprendre un langage est-ce s’ouvrir à l’autre ?

FABRICE HYBER – Prototype de paradis

« Je voudrais montrer comment, en redistribuant les différents ingrédients de mes rêves et de mes désirs, je fabrique mon monde autant dans la matière que dans son fonctionnement… »

Prototype de paradis

Une oeuvre ludique, un sentiment d’être une partie de l’oeuvre car on la pénètre. Pour ceux qui fantasment sur le Jardin d’Eden et/ou sur l’éventualité d’une forme de vie sur mars.

THE BRUCE HIGH QUALITY FOUNDATION – Psyche Revived (Pshyché ranimée)

« Quand tu étais petit et que je te disais quelque chose, il fallait toujours que tu discutes… »

Psyche Revived

Il s’agit d’un collectif d’artistes. L’œuvre est un pur moment de poésie où la sculpture prend vie. Un moment où l’on écoute la sculpture, où on entend cette petite voix qui raconte et où chaque enfant que l’on fût ou que l’on est encore peut se reconnaître.

YOKO ONO – Cut Piece

« Cette fois, je le fais par amour pour vous, pour moi et pour le monde… »

Cut Piece

Il s’agit d’une performance filmée en 1964 à New York. Je m’y arrête pour l’emblématique artiste. Je m’assoies face à la projection et je perçois l’intimité de la scène. La violence du rapport entre l’artiste et les intervenants, cela me gêne, mais je continue à regarder pour voir jusqu’où peut aller la performance. Yoko Ono est-elle l’œuvre ou bien joue-t-elle l’œuvre ? Dans quelle mesure offrir la possibilité de faire quelque chose d’interdit d’habitude peut obliger à franchir le pas ? Est-ce que permettre c’est se soumettre ?

LAURE PROUVOST – After After (Après Après)

«  En passant cette porte, les visiteurs déclencheront une nouvelle histoire… »

Before before

Mon niveau d’anglais n’est pas suffisant pour interpréter l’œuvre. Son installation est néanmoins intéressante. Une pièce dont on ne perçoit pas la taille, on vient s’y asseoir dans le noir et SUBIR l’œuvre. Il faut être attentif. L’histoire est narrée par une voix féminine et les lumières éclairent tour à tour des objets qui parfois prennent vie. C’est une œuvre ludique qui me fait penser naïvement à une maison hantée de fête foraine. Je n’ai pas les clés de cette maison pour mieux comprendre cette œuvre mais y avait-il seulement une serrure ?

Voilà, fin de la visite. Toutes les œuvres ne m’ont pas interpellée. Chaque visite est unique, ici ou ailleurs. Puisque nous venons tous avec notre passé et notre sensibilité. Si j’y retourne, nul doute que ma visite sera différente. Je vous invite à aller voir et à découvrir les œuvres qui vous surprendront.

Car une fois encore, l’art soulève les questions avec la manière.

Prochain épisode : La biennale d’Art Contemporain : le MAC

La sucrière est un des cinq lieux qui accueillent la Bienne d’Art Contemporain de Lyon. Retrouvez toutes les informations sur le site : http://www.biennaledelyon.com/

Les photos sont issues de la Photothèque de la Biennale de Lyon.

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