Salut ! Salut !

Avenir radieux malgré quelques averses passagères

Récents / Sport / 4 août 2017

A quelques jours de la reprise de la Ligue 1, et malgré une année écoulée délicate, pourquoi le foot n’est PAS en état de mort cérébrale ? Malgré cette grisaille permanente dans le ciel du football, pourquoi faut-il continuer à espérer, soutenir et adorer ce sport ?

Rapide retour sur sept jours qui auront perturbé la planète football.

Ce match devait lancer les quarts de finale de Ligue des Champions en trombe. Deux des équipes les plus en forme offensivement, l’AS Monaco et le BVB Dortmund s’affrontent ce soir. Mais… peu de temps avant le coup d’envoi, une bombe explose près du bus des joueurs allemands. Le défenseur espagnol, Marc Bartra est blessé tout comme un policier. Le joueur manquera plusieurs semaines de compétition à cause d’une blessure au poignet. C’est un moindre mal. Mais les joueurs sont surtout touchés d’un point de vue psychologique.

Malgré la demande de report de la part des joueurs (« Personne ne pense au football en ce moment »), la rencontre se déroulera le lendemain à 19h, moins de 24h après ce terrible incident au grand étonnement de tous.

tribunedortmund

Les joueurs ne veulent pas rejouer aussi rapidement. Ils s’inclinent logiquement, la tête ailleurs.

Cette décision semblait répondre à une logique sportive (le calendrier étant surchargé) et être prise en accord avec les dirigeants des deux clubs. Mais la réalité semble plus complexe.

Jouer ce match semble avoir été avant tout un message politique, au détriment de la santé des joueurs. Le ministre de l’Intérieur, Thomas de Maiziere déclarait : « Nous ne devons pas commettre l’erreur de nous laisser intimider, sinon les terroristes auraient déjà gagné », au lendemain du match. Et l’entraîneur allemand, Thomas Tuchel, de rebondir : « Nous nous sommes sentis ignorés. On ne nous a pas demandé notre avis. Quelques minutes après l’attaque, on nous a dit qu’on devrait jouer, comme si on nous avait juste envoyé une canette de bière contre le bus. ».

Mais c’est une ancienne vedette du foot allemand, Lothar Matthäus qui résume le mieux la situation : « L’UEFA a fait pression et le politique a demandé au Borussia de défier la terreur. » On apprendra quelques temps plus tard que cette attaque répondait à un but bien singulier : l’appât du gain. L’auteur de celle-ci spéculait à l’époque sur une baisse du cours de la Bourse pour s’enrichir.

Le lendemain de cette rencontre, c’est un autre quart de finale, de Ligue Europa cette fois, qui a été perturbé.

lyonbesiktas

L’avant-match entre l’Olympique Lyonnais et le club turc du Beşiktaş a été émaillé de nombreux heurts entre supporters. Les milliers de supporters turcs, mélangés avec les supporters lyonnais formant un cocktail explosif. Peu de temps après, c’est une boutique du club qui est saccagée par des supporters venus d’Allemagne, mécontents de ne pouvoir obtenir de places pour le match (qui se jouera à guichets fermés…).

Difficile voire impossible pour les forces de l’ordre d’intervenir dans ce contexte.

On soulignera le manque d’organisation totale allant de l’encadrement des supporters jusqu’à la gestion de la billetterie qui aura permis cette forte présence turque.

En effet, les autorités françaises ne sont plus habituées à gérer une foule aussi conséquente, à force d’interdire les déplacements de supporter pour la moindre rencontre du championnat de France. Cette ambiance délétère se poursuivra à l’intérieur du stade. Entre bagarres et jets de projectiles, la rencontre sera repoussée d’une heure, après l’envahissement de la pelouse par les supporters des étages en contrebas, recevant les jets de pétards depuis les tribunes les surplombant.

Encore une fois, l’image renvoyée est catastrophique, confirmant tous les clichés sur les supporters.

Mais le point d’orgue aura été atteint en ce dimanche pascal. Lors du match opposant le SC Bastia à l’Olympique Lyonnais, encore une fois malheureusement, l’irruption de supporters bastiais sur la pelouse pour s’en prendre physiquement aux joueurs lyonnais a, encore une fois, jeté le discrédit sur ce sport.

Une fois de plus, le match sera repoussé d’une heure, avant d’être définitivement arrêté à la mi-temps, où de nouvelles tensions éclateront, notamment entre le gardien lyonnais, un membre de l’encadrement bastiais et un… stadier (censé protéger les joueurs donc…).

Après avoir vidé le stade, les joueurs lyonnais ont pu quitter l’enceinte sportive pour se retrouver… face aux supporters les plus véhéments qui venaient de quitter l’enceinte pour un résultat attendu : caillassage en règle du bus lyonnais.

Les leçons à en tirer sont les mêmes que pour les deux événements de cette semaine de triste mémoire. Manque de considération de la part des instances dirigeantes qui, en ne prenant pas les sanctions adéquates, permettent la reproduction ad nauseam de ce genre de comportements, et manque d’organisation criant de la part des autorités, qui auront fait jouer le match malgré le refus catégorique des joueurs de l’OL et de l’entraîneur.

Mais ce qui restera principalement lors des débats à la machine à café, c’est l’image désastreuse qu’ont donné une soixantaine de pseudos supporters.

Malgré cette année footballistique écoulée assez noire, l’espoir est encore permis sur les terrains du monde entier. La stupidité de quelques ahuris ne doit pas faire oublier que le foot, c’est bien plus que cela. Bien plus que la mauvaise image renvoyée par des gens qui ne sont en aucun cas des supporters. Ceux qui ne pensent qu’à défendre leur « honneur », leur « club », à coups de poing et qui ne réalisent pas le mal qu’ils font à ce sport, et à l’image qu’ils renvoient à des enfants, des jeunes licenciés.

De nombreux gestes de convivialité, de fraternité, d’entraide ou du refus d’être associés à de pareils individus ont naturellement surgi de toutes parts.

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Nombre de supporters monégasques ont été hébergés par des supporters de Dortmund, partageant ainsi un moment convivial et rassurant, en plus d’un endroit où dormir. Le lendemain, lors du match, de nombreux chants en hommage de Dortmund ont surgi des tribunes. Chants accueillis très chaleureusement par les supporters et par les joueurs.

Puis lors du match opposant Lyon à Beşiktaş, l’expulsion d’une cinquantaine d’individus a permis à la rencontre de se dérouler normalement, dans un bon état d’esprit, avec le suspense que l’on connait au football et en apothéose, la joie qui ne peut être contenue d’un joueur qui marque une fois « tous les cinq ans » (d’après ses dires !).

A cela, on peut ajouter les déclarations d’un président qui tente de calmer le jeu. Fikret Orman, président du club de Beşiktaş avait tenu à calmer le jeu avant le match retour du jeudi suivant. « Nous accueillerons nos adversaires français et leurs supporters aussi bien que nous pourrons. Nous éviterons toutes sortes de provocations qui pourraient avoir lieu à Istanbul. Je demande à nos supporters de rester calme pendant la rencontre et de représenter Beşiktaş de manière digne. Puisqu’il ne s’agit que d’un match de football, maintenons la tension au plus bas, mais élevons notre degré d’enthousiasme ».

Enfin, que ce soit le gardien bastiais, Jean-Louis Leca tentant de s’interposer entre les supporters et les joueurs lyonnais, ou encore l’immense majorité des supporters présents dans les tribunes sifflant les agissements de la tribune Est de Furiani, montrant ainsi que tous ne cautionnent pas les agissements des plus stupides d’entre nous, supporters de football.

Mais ça ne s’arrête pas là et ces gestes bienfaisants ne répondent pas toujours à des mauvais gestes, comme pour équilibrer une balance du bien et du mal.

Oui, les footballeurs, supporters et amoureux du ballon rond sont capables du meilleur.

Le monde du foot sait se parer des plus nobles vertus. Que ce soit le multiculturalisme symbolisé par la diversité des joueurs composant une équipe de foot, la fraternité (voir les actions « Refugees Welcome » dans de nombreux stades allemands par exemple) ou encore la générosité, la joie, le partage et tant d’autres qualificatifs.

Certaines initiatives viennent souligner et encourager cela. Pantxi Sirieix, néo-retraité toulousain venant ainsi d’être couronné « Ballon d’Eau Fraîche » par le site des Cahiers du Football pour son exceptionnelle longévité à Toulouse, pour son (bon) esprit qui lui vaut l’affection des supporters, pour sa conscience de ses limites de footballeur… et sa capacité à en faire une force.

Cette initiative vise à mettre en avant des footballeurs qu’on entend trop rarement car trop peu médiatiques. Pourtant, ils constituent là une grande majorité des footballeurs professionnels qu’on s’empresse bien souvent de mettre dans un grand sac, étiqueté « racailles » (merci Daniel Riolo).

Encore aujourd’hui, le bourgmestre de la ville d’Ostende a envoyé un message plein de bienveillance aux supporters marseillais, en déplacement en Belgique à l’occasion d’un match de Coupe d’Europe. Preuve, s’il en était, que les fans de foot n’ont pas le même maillot, mais clairement la même passion !

Tant de vertus qui expliquent pourquoi le foot continue à déchaîner les passions et fait rêver des millions de personnes.

Et ce ne sont pas les agissements d’une ultra minorité qui viendront changer cela.


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Célian Sisti




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