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[BENIN] : ADIEU CAMELEON DE KOUARFA

[BENIN] : ADIEU CAMELEON DE KOUARFA

Mercredi 14 octobre 2015, le chef de l’Etat béninois Thomas Boni Yayi a annoncé dans un message adressé à la nation toute entière, le décès de l’ancien président, le général Mathieu Kérékou.

« J’ai le regret et la profonde douleur de vous annoncer la disparition ce Mercredi 14 Octobre 2015 du Général Président Mathieu Kérékou (…) Je vous convie tous à la prière et au recueillement pour honorer la mémoire du Baobab, du Grand homme, le Président Mathieu KEREKOU. Que la terre lui soit légère ! », a écrit sur Facebook, le président béninois Thomas Boni Yayi. Ce dernier a par ailleurs décrété 7 jours de deuil national

Homme mystérieux aux propos souvent énigmatiques,il est surnommé  »caméléon » à cause de sa capacité à s’adapter à toutes les situations…c’est de dire combien de fois l’homme était difficile à cerner. D’ailleurs aucun béninois ne peut affirmer l’avoir réellement connu.

Atteint par la limite d’âge constitutionnelle l’ancien chef d’Etat avait quitté le pouvoir en 2006 à l’âge de 72 ans. Celui-ci a gouverné le pays pendant près de 30 ans.

Né le 02 septembre 1933 à Kouarfa dans le nord du Bénin, le général Mathieu Kérékou est sans conteste l’homme politique qui a le plus marqué le Bénin. Aide de camp du premier président du Dahomey (ex Bénin) jusqu’à l’indépendance Hubert Maga (1960-1963), il prendra le pouvoir en 1972 par un putsch renversant Justin Ahomadégbé. Il dirigera le Bénin en tant qu’autocrate militaro-marxiste.

EXTRAIT DU DISCOURS PROGRAMME PRONONCÉ LE 30 NOVEMBRE 1975 PAR LE GENERAL MATHIEU KÉRÉKOU

Grand Camarade de lutte, Président de la République Populaire du Bénin

«…Le Bénin symbole d’une brillante civilisation authentiquement africaine, dans un cadre géographique précis, et dans des conditions historiques déterminées ne peut plus disparaître dans la mémoire des dignes peuples d’Afrique. C’est pourquoi, à compter de ce jour, dimanche 30 novembre 1975, le peuple militant de notre pays prend l’engagement solennel de perpétuer, dans les conditions historiques nouvelles, et sous l’éclairage des principes invincibles du Marxisme-léninisme, cette civilisation pour l’honneur et la dignité de l’Afrique. Désormais donc, notre chère patrie s’appellera la République Populaire du Bénin. Il nous plaît de vous annoncer, avec une foi et une conviction authentiquement révolutionnaires, la création, en ces premières heures de ce jour, dimanche 30 novembre 1975, du parti de la Révolution Populaire du Bénin. Le Parti de la Révolution Populaire du Bénin (PRPB) est un parti révolutionnaire de type nouveau. Le parti d’avant-garde de la Révolution Populaire du Bénin. Le Parti de la Révolution Populaire du Bénin est ainsi le parti des masses laborieuses conscientes et combattantes.

Gloire immortelle à la République Populaire du Bénin !

Gloire immortelle au Parti de la Révolution Populaire du Bénin !

Gloire immortelle au Socialisme Scientifique !

Gloire immortelle au Marxisme-léninisme !

Prêts pour la révolution ! Et la lutte continue ! … »

En décembre 1989 confronté à une grave crise économique et une contestation générale il renonce à l’idéologie marxiste. Il convoque en février suivant ‘’La Conférence Nationale’’ rassemblant les Forces Vives de la Nation. La toute première qui servira d’élément déclencheur dans toute l’Afrique.

Il y reconnait ses erreurs ainsi que les insuffisances de son régime. Il fait amende honorable, adopte un profil bas, se soumet aux décisions de l’assemblée et va jusqu’à accepter l’installation d’un gouvernement de transition dirigé par Nicéphore Soglo, ancien haut fonctionnaire de la Banque Mondiale. Ce dernier remporte la présidentielle de 1991 battant le Général qui se retire de la vie politique. Quelques mois plus tard, lors de son discours de La Baule, François Mitterrand prendra l’exemple du Bénin pour encourager le Continent africain à entamer les évolutions politiques souhaitables. En 1996, il revient au-devant de la scène en remportant la présidentielle avec le soutien de la quasi-totalité des opposants au président Soglo qui se rallient à sa candidature.

Réélu en 2001 pour un deuxième et dernier mandat démocratique il sera succéder par le président Boni Yayi en 2006. Mais cela ne l’empêchera pas de continuer à peser de tout son poids sur la vie politique béninoise. Son décès serait donc comme qui dirait ‘’mal tombé’’ sachant que le jeu de l’alternance duquel sortira le prochain président est dans moins de 5 mois.

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Jeune Africain rêvant d'émancipation.

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