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[Bénin] : « African Records », Voyage dans l’histoire de la musique africaine

[Bénin] : « African Records », Voyage dans l’histoire de la musique africaine

Pour célébrer ses dix ans d’existence, la Fondation Zinsou présente depuis le 31 Janvier 2015 « African Records », sa nouvelle exposition consacrée essentiellement aux musiques africaines.

Fruit d’une longue réflexion de la Fondation Zinsou et de la collaboration avec Florent Mazzoleni, « African Records » propose une histoire subjective des disques africains, une exposition qui retrace l’histoire de la musique africaine entre les années 50 et 80.

Cette exposition est une véritable immersion dans le monde des disques vinyles pour découvrir les racines et les influences à l’origine des musiques modernes du continent noir, leur développement au moment des indépendances et leur apogée dans les années 1970.

« Cette musique devait être classée au patrimoine immatériel de l’Unesco »

Ecrivain, mélomane et passionné, Florent Mazzoleni a sillonné l’Afrique pour concevoir « African Records »…

« African Records, c’est le fruit de recherches menées depuis une quinzaine d’années à travers le continent africain, beaucoup de disques consultés, achetés, trouvés, donnés et échangés, explique Florent Mazzoleni. Pour moi, cette musique devait être classée au patrimoine immatériel de l’Unesco. Ce sont des moments d’histoire qu’ont été et que sont encore les disques vinyles en Afrique. »

Exposition African Records © Fondation Zinsou


Déjà à partir du milieu des années 1960, puis tout au long des années 1970, des pays comme la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Bénin, le Nigéria, le Congo mais aussi le Kenya ou l’Ethiopie produisaient une quantité extraordinaire de vinyles, principalement au format 45 tours. Rien qu’à Kinshasa, on estime qu’il y avait plusieurs dizaines d’orchestres professionnels qui enregistraient des disques et donnaient des concerts réguliers à la fin des années 1960.

Cette exposition qui raconte l’histoire des musiques africaines pose donc un problème : celui de la conservation de ce patrimoine. Grâce en partie aux vinyl diggersces disques perdurent encore. Collectionner et s’intéresser à l’univers des disques vinyles, n’est pas l’apanage de tous et il faut rendre hommage à ceux qui permettent la conservation de cet héritage. L’orchestre Poly-Rhytmo de Cotonou, combo d’afro-funk béninois, avait été oublié durant plus de vingt ans. C’est grâce à Samy Ben Redjeb d’Analog Africa – un autre digger -, que leur carrière a été relancée en Europe…Ce dernier a grandement contribué à faire découvrir le stock d’albums que ces derniers avaient enregistré durant les années Kérékou.

Et comme le dit Mazzoleni, « un boléro de Franco (musicien congolais) de 1962 a autant de valeur qu’un Picasso ». En effet, ces disques rares se vendent parfois à prix d’or. Il milite d’ailleurs, pour que cette « révolution culturelle » méconnue qui a pourtant duré plus de vingt-cinq ans soit réhabilitée…

Rumba congolaise, high-life ghanéen, afro beat nigérian, jazz éthiopien, sans oublier les musiques mandingues, sont à l’honneur de cette exposition. En effet, le visiteur peut toucher et écouter les disques, qui restituent les sonorités de l’époque. Des musiques qui ont écrit l’histoire de la musique africaine…

Exposition African Records © Fondation Zinsou

A une époque où l’on stocke sa discothèque sur des supports tels que les disques durs, le vinyle peut assurer une sécurité dans la conservation et l’héritage des goûts musicaux. L’exposition « African Records » se tiendra jusqu’au mois de mai, à la Fondation Zinsou, à Cotonou (Bénin).

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Journaliste - Présentateur. Accro à Football Manager.

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