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Benoîte Groult est décédée : son combat doit nous inspirer

Benoîte Groult est décédée : son combat doit nous inspirer

Elle est partie dans la nuit du 20 juin chez elle, près de la Méditerranée, « dans son sommeil, sans souffrir », comme l’a déclaré sa fille à l’AFP. L’écrivaine avait 96 printemps derrière elle. A l’image de celui avec qui elle posait en photo dans son appartement parisien, à savoir François Mitterrand, Benoîte Groult était une force tranquille. Elle a fait du féminisme un combat littéraire.

Benoîte Groult trouvait sa richesse et son inspiration dans les mots et voulait faire vivre la femme à travers eux. En vraie littéraire, elle savait qu’une chose n’existait réellement que si elle pouvait être nommée. Elle a ainsi œuvré à la féminisation du nom de nombreuses professions. On lui doit l’existence d’ « une professeure », « une ministre », « une avocate » ou d’ « une écrivaine ». Ceci lui a valu le courroux de l’Académie Française mais la militante n’en avait que faire.

Une vie de combats

Droit de vote, avortement, lutte contre les mutilations génitales féminines, lutte contre les violences conjugales : ses nombreux combats lui ont valu de recevoir la Légion d’honneur des mains de François Hollande en mars 2016. Dans ses dernières années, elle a été très engagée auprès de l’association pour le droit à mourir dans la dignité.

Née dans une famille bourgeoise, elle s’est affranchie des conventions au fil de son existence pour devenir une femme parfaitement libre et indépendante de toute figure masculine. Des hommes, des amants, des maris, elle en a eu plusieurs. Ils ont virevolté dans sa vie jusqu’à ce qu’elle trouve l’amour parfait: Paul Guimard, lui aussi écrivain. Il lui a soufflé le titre de son essai sur le féminisme « Ainsi soit elle » : « le plus beau cadeau que l’on puisse se faire entre écrivains » selon elle. L’ouvrage s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires.

Une pluie d’hommages

La nouvelle génération de féministes sait ce qu’elle doit à Benoîte Groult. Plus qu’une figure inspirante, elle représente un véritable modèle pour toutes celles qui s’engagent au quotidien pour l’égalité hommes-femmes. Beaucoup de ministres lui ont rendu hommage sur Twitter : l’ancienne ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de la culture, Audrey Azoulay bien sûr mais aussi Marisol Touraine ou Patrick Kanner.

Comme le disait le journal « Libération » dans son portrait publié en 2006, Benoîte Groult a « appuyé sur la touche étoile », entendez par là qu’elle est partie rejoindre son cher et tendre Paul Guimard. Elle a tout de même attendu 10 ans par rapport aux prédictions du journal. Surprenante et déterminée, voilà peut-être les qualificatifs qui correspondaient le mieux à cette grande dame de la littérature française.

Ses œuvres pour enfin faire figurer les femmes au programme du baccalauréat ?

Après la polémique autour de l’absence d’auteure dans les sujets du BAC, il serait de bon ton pour l’Education Nationale et les concepteurs des sujets de l’année prochaine de songer à faire figurer une de ses œuvres dans le programme scolaire de lycée. « Le Journal à quatre mains », « Ainsi soit-elle » ou « La touche étoile », bijoux d’engagement et de réflexion, ont toute leur place dans les manuels.

Pour que l’égalité hommes-femmes ne soit pas un vain mot, il faut que l’héritage de Benoîte Groult perdure de génération en génération et s’amplifie. Tout comme Simone Weil, madame Groult aura marqué son époque de son audace et de son empreinte féministe.


Crédits photo : Baltel/SIPA
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