NEWSYOUNG.FR
Now Reading:

Black Panther : le Marvel qui innove

Cela faisait des semaines que les affiches placardées dans le métro nous vendaient le dernier film Marvel ô combien attendu. Après le succès rencontré par Thor: Ragnarok, c’est avec un score au box-office défiant la concurrence que Black Panther a fait une entrée fracassante sur le sol américain.

Dans ce dernier film basé sur les comics Marvel, le personnage de T’Challa, incarné par Chadwick Boseman se voit hériter du titre de roi de Wakanda suite à la mort de son père, tué lors d’une attaque terroriste dans Captain America: Civil War. T’Challa devient la Black Panther, un être indestructible et doté de pouvoirs hors du commun pour protéger son peuple. Wakanda est une nation africaine qui apparaît au reste de la planète comme un pays du tiers-monde mais s’est en réalité développée à l’écart des guerres et du colonialisme en gardant le secret de sa richesse ainsi que de ses avancées technologiques. Construite sur une montagne immense du métal le plus puissant qu’il existe, ses réserves de vibranium, sont source de miracles et de convoitises.

Epaulé par sa sœur, Shuri (Letitia Wright) qui est responsable des avancées technologiques de Wakanda, Okoye (Danai Gurira) générale responsable des forces de Wakanda et Nakia (Lupita Nyong’o) engagée dans des missions humanitaires hors de Wakanda, T’Challa va devoir lutter contre des démons ressurgissant du passé s’il veut maintenir la paix dans son royaume et conserver son statut de Black Panther.

Crédit Photo: Marvel Studios

Ryan Coogler, réalisateur et co-scénariste parvient à trouver un très bon équilibre entre humour, action et émotion. L’esthétisme de certains plans sont à couper le souffle, les scènes de combats nous tiennent en haleine, et le tout s’accorde parfaitement à la bande originale du film qui mélange aisément musiques traditionnelles, sons hip-hop taillés sur mesure par Kendrick Lamar ainsi et thèmes« épiques » très caractéristiques de la franchise Marvel.

Cependant c’est surtout pour les messages forts que le film réussit à transmettre en l’espace de deux heures qu’il franchit un grand pas non seulement dans l’univers Marvel mais aussi celui du cinéma en général. Black Panther est le premier grand film de super-héros dont le casting est composé d’une majorité d’acteurs noirs, et probablement celui qui suscite les avis les plus partagés et extrêmes. C’est un film qui dénonce, dérange et se démarque.

Blockbuster puissant et inspirant, sont mis en scène des personnages dont le charisme est omniprésent à l’écran et qui ne se contente pas uniquement de raconter une histoire de super-héros mais qui s’attaque tout simplement à l’Histoire en elle-même de manière profonde en posant la question de la violence, de la responsabilité et du pouvoir.

Les problèmes qui menacent Wakanda mettent en lumière le paradoxe que représente un tel lieu: l’utopie d’une communauté africaine qui n’a pas souffert de la colonisation surpassant largement les autres nations du point de vue technologique, contrasté par son manque d’engagement vis-à-vis de l’oppression subie par les descendants africains dans le monde entier.

Crédit Photo: Marvel Studios

La représentation des figures féminines dans le film se démarque clairement de ceux qui l’ont précédé et dans lesquels les rôles incarnés par les femmes étaient loin d’être au centre de l’attention (mis à part peut être la Veuve Noire de Scarlett Johansson). Dans une interview donnée par Letitia Wright (Shuri), celle-ci explique que son personnage est important pour la source d’inspiration qu’il représente quant au public jeune. Shuri, petite soeur de T’Challa et dont le génie n’a d’égal que son humour, casse les clichés du milieu de la tech majoritairement masculin dans la réalité. Elle s’impose comme étant même à l’origine des inventions les plus élaborées de tout l’univers Marvel (surpassant de loin Tony Stark). De son côté la générale Okoye brille par ses qualités et sa force en tant que stratège et guerrière tandis que Nakia se distingue par sa détermination et sa puissance.

On peut trouver dans les dialogues entre certains personnages non seulement de l’humour mais aussi des critiques plus ou moins implicites qui vont au-delà du film. Par exemple quand Okoye (jouée par Danai Gurira) s’exclame « Guns, so primitive » lors d’une course-poursuite spectaculaire, son sarcasme presque aussi tranchant que sa lance de guerre trouvent un écho particulier si l’on extrapole sa remarque pour l’appliquer à l’actualité.

En un weekend, le film a fait le cinquième meilleur démarrage de tous les temps (derrière les deux derniers films de la saga Star Wars notamment), et second meilleur démarrage pour un film de super-héros, ne détrônant toutefois pas encore Avengers. Pour son premier jour d’exploitation en France, plus de 178 000 spectateurs ont délaissé le pauvre couple Grey pour la St-Valentin et ont opté à raison pour un rendez-vous avec le cast de Black Panther qui continue de séduire le public.

Pour conclure, et sans spoiler, les conflits internes qui bouleversent les personnages et les questionnements auxquels ils donnent lieu tendent finalement à donner de la valeur a des individus et des identités complexes. Black Panther, en agrandissant l’univers Marvel l’enrichit considérablement à travers sa représentation de la communauté afro-américaine, l’image qu’il donne des figures féminines, les nuances qui existent dans l’histoire des personnages et de manière générale des modèles vers lequel tout spectateur peut se tourner.

Share This Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Input your search keywords and press Enter.