NEWSYOUNG
Now Reading:

Bradley Manning, l’homme condamné à 35 ans de prison

Bradley Manning, l’homme condamné à 35 ans de prison

Mercredi 21 Août 2013, Bradley Manning a été condamné par une cour martiale du Maryland, aux Etats Unis à 35 ans de prison. Le soldat américain a été reconnu coupable, de vol, de fraude et d’espionnage, après avoir transmis, en février 2010 au site WikiLeaks de très nombreux documents dont des câbles diplomatiques et des rapports militaires classés secrets défense. Lors de son audience la juge militaire Denise Lind a décidé de le renvoyer de l’armée pour «déshonneur».

Le soldat américain a été condamné à une peine inférieure aux réquisitions du parquet qui avait demandé une condamnation à soixante ans de prison. «Aucun soldat dans l’histoire de l’armée n’a démontré un mépris aussi extrême» des intérêts de la nation, avait plaidé le capitaine Joe Morrow. Selon lui, Manning méritait de «passer l’essentiel de ce qui lui reste à vivre en prison». Une peine plus lourde ferait de Manning un exemple, pour dissuader tout soldat envisageant de transmettre des informations ayant trait à la sécurité nationale.

Manning avait été arrêté par la police militaire et placé en détention, à l’isolement, sur une base américaine au Koweït, avec l’aide d’un certain Adrian Lamo, jeune hacker américain auprès de qui il se serait confié. Il sera transféré plus tard à la base de Quantico, en Virginie où il est maintenu à l’isolement, dans des conditions de détention dénoncées par ses soutiens et plusieurs ONG. Des conditions de détention visant officiellement à l’empêcher de se suicider.

Condamnation méritée ?

Pour les quotidiens américains comme le Los Angeles Times cette sanction prononcée par la juge Denise Lind est équitable. Cette sanction est « un équilibre raisonnable entre le tort qu’a causé Manning pour la sécurité nationale et le service qu’il a rendu en exposant certains faits à l’attention générale ».

Pour le New York Times, Manning devrait être puni. Mais le quotidien estime que trente-cinq ans de prison c’est beaucoup. « En plus de deux semaines d’audiences, les avocats du gouvernement n’ont présenté que de vagues allégations, selon lesquelles ces fuites auraient mis des vies en danger et refroidi des relations diplomatiques ».

The Guardian, le quotidien britannique lui, trouve la sanction « injuste et inéquitable » et espère que la peine pourra « encore être réduite en appel ».

Son avocat, Daniel Coombs, avait annoncé suite à cette sanction vouloir déposer un recours en grâce auprès du président Obama, estimant qu’il était « temps de mettre fin aux souffrances de Brad », et s’insurge que le soldat ait reçu une peine plus longue que des « agresseurs d’enfants ».

La clémence, c’est ce que demande Amnesty international. « Bradley Manning devrait obtenir la clémence en récompense des motifs qui l’ont animé, mais aussi en raison du traitement qu’il a subi lors de sa détention et des entorses à la procédure pendant son procès », a précisé l’organisation non gouvernementale dans un communiqué.

Grâce au système de remises de peine pour bonne conduite, Manning pourra bénéficier d’une libération conditionnelle après avoir purgé le tiers de sa peine. Il sera « éligible pour une remise de peine après dix ans » et si cela lui est refusé, il pourrait la redemander tous les ans, a expliqué son avocat.

A la fin de son procès, Bradley Manning a annoncé vouloir entamer un traitement hormonal et s’appeler désormais Chelsea Manning. Mais la prison où il est incarcéré ne fournit pas le traitement hormonal qu’il souhaite suivre.

Selon son avocat, le soldat américain a attendu la fin du procès pour faire cette annonce car il ne voulait pas que ce sujet perturbe les débats. Sa défense avait souvent invoqué ces troubles d’identité sexuelle pour expliquer son geste.

(Crédits : AP Photo/Patrick Semansky)

Share This Articles
Written by

Journaliste - Présentateur. Accro à Football Manager.

Input your search keywords and press Enter.