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Bruno Le Maire lance sa campagne : et si c’était lui?

Bruno Le Maire lance sa campagne : et si c’était lui?

Il a choisi Vesoul. Pour lancer sa campagne pour « être le prochain Président de la République », Bruno le Maire a choisi de s’exprimer depuis une petite bourgade du Nord Est de la France, comme pour exprimer, une fois de plus, sa différence. Ses sbires ont réussi l’exploit de le hisser en top tweet de la journée de mardi avec le hashtag #tasvouluvoirVesoul. Bruno le Maire le répète à l’envi : il n’est pas comme tous les autres hommes politiques. Mais a-t-il l’étoffe d’un chef d’Etat ? Analyse de ses points forts et de ses points faibles. 

Son point fort : il incarne le renouveau

Ses supporters en ont fait un slogan de campagne : « Le renouveau, c’est Bruno ». A 46 ans, un âge précoce au milieu de tous les politicards, Bruno le Maire est convaincu que son heure est venue. Personne n’est plus persuadé de sa victoire que lui-même. Il incarne une droite forte, décomplexée et surtout propre. A l’heure où tous ses adversaires ont accumulé les casseroles et les affaires louches, lui a pour seul bémol d’avoir embauché sa femme pour travailler à ses côtés.

La semaine dernière, il faisait la une du « Point » sous le titre « l’homme qui bouscule la droite ». Car Bruno le Maire entend bien s’affranchir des codes. Depuis sa candidature à la présidence des Républicains où il a recueilli, à la surprise générale, près de 30% des suffrages, il s’impose comme une figure incontournable de la droite. Aujourd’hui, sa voix compte. 

Depuis 2012, il sillonne la France avec pour crédo le renouveau et la jeunesse. Il se dit proche des Français et veut le démontrer avec plus de 300 déplacements au coeur de l’Hexagone. Il ne se prive pas de tacler ses adversaires qui, selon lui, incarnent la vieille garde de la politique.

Son point faible : sa froideur

Bruno le Maire est trop lisse, trop froid. Pour un homme qui se dit proche du peuple, il a du mal à se laisser aller et à sortir de son carcan. En cause peut-être, son parcours : Bruno le Maire est un pur produit du sérail. Après avoir fait l’ENA et Normale Sup’, il devient professeur avant d’être nommé directeur de cabinet de Dominique de Villepin.

Ses amis le décrivent volontiers comme drôle mais difficile d’en trouver un exemple sur la scène publique. Bruno le Maire semble avoir un problème d’image et il en est conscient puisqu’il a embauché le metteur en scène et comédien, Alain Sachs, pour le conseiller.

Bruno le Maire est peut-être aussi un peu carriériste. Lorsque Jacques Chirac lui propose un poste d’ambassadeur à Rome, il le refuse, préférant s’implanter dans l’Eure pour devenir député. Sans doute songeait-il déjà à 2017…

Difficile de battre Juppé

Bruno le Maire a bien compris l’importance du virage numérique en politique : ses partisans sont très présents sur Twitter. Mais il en est de même pour ceux d’Alain Juppé. Sur la toile comme aux élections, il sera très difficile de les battre. Le slogan, pourtant bien senti, « la primaire, c’est le Maire » n’y suffira pas.

Comme tous les autres candidats, Bruno le Maire a publié un livre « Ne vous résignez pas ! ». A l’intérieur, il affirme qu’il « porte en lui toutes les droites ». Mais saura-t-il aussi rallier à sa cause les militants du centre ? Rien n’est moins sûr.

A l’heure actuelle, les sondages créditent BLM de 11% des intentions de vote pour la primaire, ce qui le place en troisième position, derrière Alain Juppé et Nicolas Sarkozy et au coude à coude avec François Fillon. Mais Le Maire entend bien faire fructifier ce score avant novembre 2016… Une chose est sûre : il est en train de s’assurer une place importante de ministre si la droite est élue en 2017.


Crédits photo:  Tardivon/SIPA

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