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Camille Brasselet, jeune photographe engagée

Les études, cette joie, ce bonheur, cette porte vers l’avenir, cette source d’opportunités sans fin, ce concentré de rencontres improbables, inspirantes et étonnantes… cette banqueroute assurée.
Pour beaucoup, étudier rime avec galérer (pas bien difficile de faire une rime en « é » mais on soupçonne tout de même ici une âme de poète). Cette urgence financière plonge beaucoup de nécessiteux au cœur des marasmes de la vie professionnelle, mais pas n’importe laquelle : le monde du travail sans diplôme, synonyme de douleurs physiques, de tâches répétitives, d’activités harassantes mais aussi de superbes rencontres. Mais pourquoi un tel Laïus alors que le titre promettait ici le portrait d’une jeune photographe ? Pratiquerions-nous le putaclique chez NewsYoung ? Nous amuserions nous à vous piéger via quelques formules alléchantes dans un flot incessant de paroles douteuses ?

Cette longue (je le concède) tirade a en fait une raison : j’ai rencontré notre fameuse photographe durant mon job étudiant, et c’est en fabriquant des pizzas pour le compte d’une enseigne bleue que je ne citerai pas qu’elle m’a confié les sources de ses réflexions, ses inspirations artistiques, ses engagements et ce pourquoi elle souhaite militer à travers son travail.
Il fallait bien que je pose le décor sinon je vous perdais !

Engagé, épuré, coloré, de nombreux qualificatifs se prêtent au travail de Camille, décomposable en plusieurs grandes thématiques.

La première obsession esthétique qui nous transperce lorsque l’on balaye les productions de la photographe est son attachement à sublimer la femme. Portraits à foison, photographies de mode, créations engagées ; le corps, les valeurs féminines et la diversité d’incarnation du deuxième sexe jalonnent l’ensemble de l’œuvre de la jeune femme.

Mais, infiltrons-nous au cœur de l’univers iconographique de Camille. La couleur, brut, nue, totale, emplissant entièrement le cadre et plongeant le récepteur au centre d’une expérience physique mémorable, vertigineusement limpide. Cette prédominance colorimétrique unie et forte assure une dissonance entre les composants plastiques et physique des photographies : les objets d’attention de la photographe sont ainsi entièrement révélés, offerts aux regards décortiqueurs. Les portraits notamment sont d’autant plus émouvants et percutants grâce à ce procédé.

Au-delà d’une recherche technique très intrigante et appelant à de nombreuses réflexions, Camille désire se servir de son art comme d’un support de sensibilisation. Vous l’aurez deviné de par le sujet principal de ses recherches : une éducation au féminisme.

Cette militante, initiée aux grandes notions du féminisme, utilise ses photographies pour interroger l’observateur sur sa vision de la société notamment à travers une mise à terre de l’organisation sociale genrée, une mise à nue des violences perpétrées et encaissées et une mise en lumière des solutions explorées.

Camille nous invite à entrer dans son univers en empruntant les petites fenêtres photographiques qu’elle égrène. Univers rafraîchissant, acidulé, aux influences tantôt sixties, tantôt ultra contemporaines, il n’en est pas pour autant totalement boudé par des ondes plus sombres, profondes, mélancoliques et réflexives. Univers complexe, œuvrant à l’émergence de questionnements en nous, il n’a sans doute pas fini de faire parler de lui.

Pour en savoir plus : camille-brasselet.wixsite.com/photographe

Page facebook: Toxic Roses Photography

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