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[Chronique à temps partiel] Entre quatre murs

[Chronique à temps partiel] Entre quatre murs

Dans un studio, dans mon studio. Tout est relatif pour un locataire. Une table, un paquet de Marlboro et juste un peu de nourritures, la pauvreté du cœur et matérielle réside dans mon studio. Ici, je réfléchis et je tape mes mots. Je ne les écris plus, je les tape, je les tabasse à coup de paf paf sur mon clavier. Un écran lisse me les font apparaître comme un sens guidant mes récits. Mes récitals, sans un moindre zeste d’amour réciproque, attendent le jour des amours à califourchon. A peine seront-ils réciproques que je les rendrai irrationnels, passionnels. La passion, la douce extase des nuits et des jours : celle de la mort lente et douloureuse, arrosée à coup d’alcool en attendant… l’attente, comme un signe du destin, celui de la mort qui s’approche. Dans mon 20m2, j’attends, je me laisse mourir en attendant, en l’attendant… vainement. J’attends qui au juste ?

Ici, aujourd’hui, c’est une complainte. Un long monologue sans dialogue, seul moi et un studio guide ma destiné. Entre mes quatre murs, il fait nuit. Seul un artifice éclaire cette infinie mascarade : mon studio. On peut y voir, sous la lueur d’une chose numérique un paquet, quelque bouteilles vidées la veille par mes douces folies endiablées par des filles. Sexe, sexe et resexe. Oh ouiiii criait-elle. Un hurlement permanent sous les vas-et-vient de mon sexe frétillant. Elles sont belles, ces filles. Je crois mais il faisait nuit comme cette heure si tardive où j’écris. Il est une heure, je n’arrive pas à dormir. Je suis un insomniaque. D’insomnie en insomnie, j’écris mes mascarades que seul quelque personnes liront sous le soleil. Je suis un mauvais écrivain, même pas un écrivain pour mes détracteurs, juste un auteur, un rimeur, toutes ces choses se terminant en eur : un branleur. Je n’attends qu’une chose : mon heure. Sonnera-t-elle un jour, cette heure ? Certainement pour ne pas dire que je l’espère. L’espérance sous le foutre de l’absence. L’absence, les larmes et l’ennui me résignent. Les heures de huit heures ne sonnent plus car je ne bosse plus. Midi, heure où le soleil atteint sa lueur lubrique, je ne la vois plus. Seul 14 heures à un sens pour moi, celui de mon éveil. Mon ventre crie famine, je mange, un peu, pas beaucoup, je ne mange plus de la journée. Une soupe, un repas pré-préparé, la vaisselle grandissante pullule sa crasse de conservateurs. Cette bouffe graisseuse perfore mes couverts. Aucune moisissure. Plus tard, nous chieront nos repas encore tout frais. Le renouvelable sera de manger nos excréments, seule viande et légume protéinée encore potable.

Le portable vibre. Hey m’envoie-t’on à une heure. Je ne réponds plus. J’attends ou je tape, écrire et attendre, c’est la même chose. Les écrivains tapent, tabassent leurs mots en attendant leur heure. Proche ou lointaine, l’heure de la mort ou l’heure d’un secours ? Secours-moi ma muse ! Je t’attends ! Embrassons-nous, faisons l’Amour comme des chiens en rûtes. Jour et nuit. Belle ou pas, nous n’écrivons jamais pour nos lecteurs, bon nombre sont faux culs en prétendant cela ou attendent une partouze géante ou juste votre argent… les vrais ne s’appellent pas Marc Levy, ils s’appellent Yann Moix c’est-à-dire tous les écrivains déjà morts. On écrit égoïstement, pour nous ou pour elle mais jamais pour vous. On vous hait ! Vous êtes des moutons ! Toi la lectrice encore pucelle ou toi l’intellote dévergondée, Tu ne nous lis pas pour nous, mais pour une histoire. L’approche stylistique, quand as-tu à faire ? Et si c’était notre histoire ? Tu t’en fiches, tu pleures un personnage mais tu ne pleuras jamais son auteur. Nous, écrivain, sommes soumis à la tyrannie fictive… et si c’était vrai ? Qu’importe Allan Duminy, je ne te pleure pas… pauvre Florian Desmonde…

La combustion de ma cigarette me donne cette sensation d’évanouissement, un lâché prise avant d’atteindre mon heure. Fenêtre fermée, je cris à l’ode des cigarettes que nous avons partagé, à l’extérieur, devant un lycée. Des gens fumés, certains pour faire comme tout le monde, d’autres pour faire comme si et d’autres pour faire comme ça. Moi, je la fumais dignement, vraiment. Nous étions deux et nous fumions. Je me souviens d’une seule. Hommage.

A la cigarette que nous avons consumé

Seconde après flamme, fumé dans l’air.

Ici gare aux voisinages humant le vent par égare

Qui respiraient notre air sans comprendre le vent.

Le vent s’alimentait de nos fumés

Humée de passant en passant, voyageant de ville en ville

Ville du monde, capital en capital.

Sur sa Camel, le touareg s’aérait de l’air du désert.

Nos fumés s’envolaient dans les airs

Nuage en fumé, nuage de fumé.

Alors que le temps ne trahit pas l’automne

Voilà que pleuvent nos airs en pleure de nos anciennes ardeurs.

Aurore, toi qui rêvait d’appartenir à une histoire, c’est maintenant chose fait. Puisqu’il s’agit de la mienne, il y a toujours un peu de toi dans mes récits. Aurore… j’aime ce prénom.

Aurore Matinale

Aurore Boréale

Aurore Ringard

Trois jolis phénomènes.

Cette amie, non pas que je l’idéalise, dispose tout d’une femme fatale. Brune à la peau brune sous ses aspérités de mascara inutile. Des yeux bruns et des habits bruns, le blanc de ses yeux taché de rouges cache la sensibilité des filles subtilement profondes. Elle fait partie des filles dont je ne tomberai jamais amoureux par crainte de la perdre, c’est certainement la plus belle déclaration que je puisse lui faire. Tandis que Claire, fille des heures perdues, je crains que je l’emmerde. Bouffeuse de pénis ou de rien, seul le Nutella n’a pas trahi son tour de taille. Nous les écrivain doit-on se résigner à haïr ? Nous sommes des inventeurs d’Amour, donc de haine. Oui, nous nous résignons à haïr : la vie, l’amour et la mort. Nous haïssons la vie, nous haïssons la mort. Nous sommes tous une paire d’oxymore. Dieu, on te hait. Sale pourfendeur de guerre ! Manipulateur ! Dieu ? Oui toi là, Dieu. T’es qu’un connard ! Un connard car tu prétends exister. T’es qu’un salaud car ton paradis se mérite… en te priant ! PRÉTENTIEUX ! La dignité de la mort, ça, pour ta petite personne, c’est pour les faibles ! Il faut se tanner à la vie, survivre, pour atteindre ton leurre de paradis. Enflure ! Oser blasphémer Dieu, c’est être un satané Gauchiste, ces hors la norme se croyant hors la loi en se considérant au dessus des lois. Moralisateur, nous, gauchiste d’écrivain, sommes inventeurs de nouvelles lois : la morale. Liberté, égalité, fraternité, laïcité. Sens du symbole ou symbole du sens ? La voilà l’opposition gauche droite : l’irrationnel du meilleur ou la rationalité du pire. Pauvre de nous, rêvons. Pas étonnant que la culture soit de gauche. Nous sommes des écrivains individualistes dictant des nous en se targuant d’être lu pour nos principes moralisateurs. L’amour, c’est bon, c’est beau mangez-en ! Le mariage gay, c’est bon, c’est beau mangez-en ! L’amour, toujours l’amour. L’amour en est devenu un thème de société. Le pauvre en perd de son amour propre. Inutile à la société, la culture du prolo se meurt. Place à la littérature par des littérateurs (ce mot à une connotation péjorative venant de moi). Beigbeder n’est pas un écrivain d’histoire mais de style. Quant à Marc Lévy, il est un écrivain d’histoire sans style. Moi… je ne suis pas un écrivain. Patrick Sébastien, c’est potache. Mozart, c’est la classe. Miley Cirus, c’est fun. Vous appelez ça la culture ? J’appelle ça l’occident. La diversité de l’individualisme. Des marginaux se croyant marginal en se distinguant de l’autre. Tout le monde souhaite être différent… comme tout le monde. Tout le monde souhaite être différent mais par peur d’être seul, on intègre un groupe, on appelle ça une communauté. Pendant ce temps, les communautés s’affrontent à coup de culture occidentalisée. Punk, Rock, Pop, Pop-Rock, bobo gauchiste, droite cassoulet, pauvre martyrisé, businessman qualifié… L’occident se divise en multipliant le pacifisme absurde des divisions communautaires. Le communautarisme oriental, la voilà la vraie marge, celle qui fait peur.

Entre mes quatre murs, je n’ai aucun problème avec les autres, seulement avec moi-même. Croyez-moi, il en faut du courage pour s’affronter. Encore une cigarette cloué à mon bec, je me consume à petite dose. Une taffe et un infime pourcentage de mourir plus rapidement. Voyez-vous le génie ! L’attente n’en est que moins longue. Un verre de vodka, une gorgé. L’attente apparaît plus courte. Je passe ma vie à vive allure. Pas grand chose à y voir, tout est flou. Voyez-vous le carreau d’un TGV, tout est vert, tout est obscur, tout est noir en même temps, vous vous laissez aller. C’est un peu ça la vie d’artiste, se laisser aller. Un verre puis quatre, une cigarette puis dix, l’artiste est un mort-né, à peine est-il né qu’il est déjà mort. Nous nous consolons, comme on peut, en pensant trouver l’amour. Amour des autres ? Que nenni ! Amour d’elle ! Celle là ! Cette fille ! Cette fille que l’on espère ne jamais posséder. Susciter le désir est bien plus excitant que de la posséder. Je ne la désirerai plus sinon… Une fille en soutif et petite culotte est bien plus excitante qu’une nana à poil ! Imaginer le galbe de son sein, la courbure de ses fesses, c’est bien là le seul moyen d’y voir la perfection ! Imaginez la déception lorsque vous découvrez un cul de mec et des seins aussi poires qu’un porno ? La bandaison est moins rustre.

La demie approche, une journée sans sexe. Je ne résiste pas à l’envie de repenser à toutes ses filles que j’ai baisé. Oui baisé ! Pourquoi dit-on faire l’amour ? C’est hypocrite ! On ne fait pas l’amour, on baise.

– Ma chérie, tu peux mettre mon gland dans ta bouche et je t’éjaculerai au visage pour te signifier à quel point je t’aime !

– Ô mon Amour, comme tu es mignon ! Je peux boire ton sperme pour te montrer à quel point je tiens à toi…

– Tu es trop charmante ma douce.

Ça c’est faire l’amour ! Faire l’amour, juste une façon poétique de cacher le mot enfanter. Tout est métaphore, même dans le plaisir. Faire l’amour avec une capote, c’est baiser ! Enfanter, c’est faire l’amour. Moi, je baise, comme beaucoup de célibataire. Le jour ou je ferai l’Amour, je serai heureux.

Hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhgn Oups, je me suis endormi. J’aimerai séduire la fille. Cette fille. Quand elle viendra à moi, je ne saurai quoi lui dire. Je ne saurai ni même l’embrasser. Je flipperai. C’est de la lâcheté mais qui ne l’est pas ? Même au plus haut sommet de l’Etat, nous avons affaire à un lâche. Lâchant ses valeurs au profit d’une pensée unique. Petit patron, viens ici que je te drague. Draguer l’unique pensée, qui ne le fait pas ? Je drague l’unique fille. Nous draguons tous l’unique. Tout apparaît unique. Le jour où l’exception sera unique sera le jour où les moutons auront des poils à perdre. Les moutons à poil, dénudé de leur factieux confort, ne s’allongeront plus dans la chaleur de leur douce laine. Le poil est dur, rêche, il picote. Le mouton aura peur, cette peur de se rendre compte d’être comme tout le monde dans son artificiel unicité. Caractère individualiste, sale libéralisme économique, sale pourfendeur de frics qui guident sa réussite par le prisme de l’argent, tu n’es qu’artifice.

Je sommeil, la fatigue s’installe à grand pas. Une autre cigarette pour rétablir mon esprit de ses folies. Il est grand temps de se masturber. Suinte suinte suinte, c’est la seule manière de rêvasser des ces filles que j’ai baisé. Rappelle-toi, Margot. Nous n’étions que des enfants. A peine avions-nous neuf ans que tu m’envoyais déjà en l’air. J’ignorai tout ça. Ça te dit qu’on joue au papa et à la maman me disait-elle. Naïvement, ne sachant qu’elle aventure où elle m’aventurait, je disais oui. Tu te déshabillais. Tu n’avais pas de seins. Ton corps était celui d’un homme. J’avais une légère turgescence. Tu pissais devant moi, enfant nous étions des détraqués sexuels. Tu m’ordonnais de boire cette pisse, je refusais catégoriquement. Faisons l’amour me criait-elle. Tu me déshabillais. Tu me suçais. Je n’étais pas à l’aise, jamais mon pénis n’était aussi gros. Je me croyais malade. Je voulais qu’il rétrécisse ! Ne pouvant le bouger dans tous les sens. Tu me suçais… je ne savais où le pénétrer, j’ignorais tout cela. Tu m’ordonnais de bouffer ta chatte, je le faisais. J’avais un arrière goût de pisse… Quand j’y repense, on m’a violé étant enfant. Mais c’était si bon… Jamais une fille ne m’a roulait une pelle si exquise !

– Allan ? Pourquoi tu spermes pas ?

– C’est quoi ce truc ?

Neuf ans… j’ignorai tout du sexe. Le sperme, qu’est ce donc ? Il m’a fallu atteindre le collège pour comprendre ce que c’était. Une nuit sous l’air d’une classe de cinquième. J’admirai des photos pornographiques via le site verravideo. Ce site a parfait mon éducation sexuelle. Qu’est ce dont ce truc blanc ? Mais c’est dégueulasse ! C’est donc ça le sperme, un truc gluant dégoulinant de blancs grumeaux visqueux ? Songeant à une infertilité, l’age de la puberté aidant, je me masturbe pour la première fois. Une heure, je m’astique, rien. Deux heures, je m’astique de plus vive allure, rien. Trois heures, je m’acharne, je sens quelque chose monter, mon pénis grossi de plus bel. Encore, encore et encore. Je commence à ressentir un malin plaisir. Schlack ! Ayé ! J’ai éjaculé pour la première fois ! Je suis un homme ! Quoi ! Mais c’est transparent ! Pas un grumeau blanc ! Rien ! Une petit marre liquide gluante s’assèche sur mon bide. C’est juste ça ! Mais je suis pas normal, c’est impossible ! De masturbation en masturbation, mon liquide devint de plus en plus blanc. De masturbation en masturbation, mon liquide devint de plus en plus volumineux. De masturbation en masturbation, mon plaisir devint de plus en plus intense. De masturbation en masturbation, je devins de plus en plus précoce. Margot sera la première et la seule à l’avoir bu, les autres le jugeant trop salé.

Se masturber est aussi un malin plaisir solitaire, une manière de se faire l’amour. Seul le consentement de la main est requis. Les pensées vacillent d’amour en amour. De baise en baise. Chloé, Coralie, Sarah, Gaëlle, Mélanie, Estelle, Cindy, Marie, Margot… Une grosse marre blanche dégouline mes abdos.

Et vous, lectrices qui lisaient ces péripéties fortuites, vous vous dites : « Allan, t’es vraiment un gros dégueulasse ! », d’une part, oui car je viens de plagier un titre de Bukowski et d’autre part, peut-être bien mais si je vous demandais de décrire vos relations sexuelles, pourrait-on vous qualifier de fille pure ? Et troisième part, qui vous dit que je me masturbe encore ? Ceci n’est qu’un récit… jonché de mes propres expériences. Je suis génocidaire de mon foutre, je plaide coupable. Bon nombre ont terminé leur aventure emprisonnés dans du latex. Imaginez-vous ce pauvre petit spermatozoïde, en tête de la course, l’ovule pour objectif, se claquer le tête contre une lucarne ? Quelle frustration ! Est-ce que je mérite pour autant d’être condamné pour crime contre l’humanité ? Bien au contraire ! Je devrai être médaillé de la légion d’honneur ! Un Duminy de plus sur cette planète et l’humanité crie à sa perte. On est jamais à l’abri d’un petit dictateur, la preuve par moi-même. Sale dictateur socialiste me scande-t-on. Vous avez totalement raison Messieurs les Hitlériens, je suis un dictateur de la paix et de la liberté. La démocratie devrait-être une dictature !

L’aigreur de la haine, aspérité d’un passé. Un passé de débauche, une vie de débauche, mon présent est toujours débauche est mon futur sans surprise. Je ne suis rationnel qu’en imaginant le futur… celui de la mort qui nous rattrape. Jamais nous ne sommes aussi proche de la mort, elle nous attend. Elle semble partout. Petit à petit, seconde après seconde et un pas de plus vers le fossé. J’aimerai y courir mais je m’épuise trop vite. Je n’ai pas assez fait de sport pour être aussi endurant alors je triche. Je prends des chemins alternatifs -l’alcool-, du dopage -les ecstasys-. J’espère atteindre mon but très prochainement. J’ai maintenant 18 ans, certains ont déjà battu le record du monde… les morts-nés se rient de moi. Je ne suis qu’une limace, une fiente, une crotte, un crottin, une bouse, une chiasse. Imaginez la chance des morts-nés. Mort dans l’innocence sans connaître le taciturne bruit d’une Renault. Sans même apercevoir la gueule toute extasiée de leurs parents ! Le mort-né c’est la mort dans l’innocence et l’innocence de la mort. Que pensera Dieu ? C’est une abomination ! Sous prétexte que le mort-né n’a rien vécu, il pourra atteindre le paradis. Belle preuve de justice très cher ! Sic. Pour pallier à ce problème, des philosophes existent. Petit hommage à tous les grands penseurs… ces athées, il n’y a que ces personnes capables de prôner la résistance. Résister… voilà à quoi se résume une vie, à un simple verbe. Laconique me direz-vous ? Comme la vie après tout. Il faut résister à la mort, résister à une perte, résister à l’Amour. Ces maudits philosophes prônent la résistance. Résistez à vos envies ! À vos désirs ! À vos passions ! À vos souffrances ! Maudits philosophes, résister n’est pas maître vertu, résister c’est faire de nos vies confortables une bataille et des marginaux des collabos. Résister doit reprendre son sens noble. Résister non pas pour préserver notre petit confort, ça c’est de la lâcheté mais résister par le courage de vaincre pour la liberté. Notre société se perd par simple ignorance de la valeur des maux. Voici pourquoi nous nous haïssons autant. Nous ne sommes pas capables de résister, la pub nous a lobotomisé. Quant à la vie, elle déraille parfois mais elle fonce toujours, comme une locomotive à vapeur. Un tchou tchou et vous vous écartez du chemin, un peu de charbons pour notre emprunte carbone mais nous fonçons tout le long de notre vie dans le même sens. Direction gare d’Amsterdam ou Gare Lille Flandre, à chacun sa destiné. Pour survivre, il faut toujours foncer dans le mur. Au mieux, vous l’exploserez, au pire, vous resterez planté au pied du mur. Mais dans tous les cas, vous terminerez aux urgences.

Ami rempli mon verre chantait Brel. Quelle chance ! Moi, pauvre, suis dans l’obligation de le remplir seul. Mes verres, tout éparpillés au sol, brillent de mille éclats. Le goulot dans ma bouche, vodka au gosier, grimace écœurante, je dégueule le tout. Raté. Une gorgé de moins. Je m’adonne à la suivante. Sans dégueuler, je les enchaîne. Une à une, comme l’extase du queutard sentant l’odeur frétillante de la douce prune malodorante mais si juteuse, je presse mon goulot. Je déguste le fruit de ses entrailles et la vision du mec s’aspergeant d’une semence pourtant si transparente me fait prendre conscience de la gay attitude de la scène. Je hais les gay ! Plus par envie que par dégoût. Être gay, c’est l’assurance de n’être entouré que de filles sans en détenir les inconvénients tout en baisant comme un chien sous l’aval de son propre mec, qui ne peut qu’accepter étant un mec. Si seulement j’aimais la fellation et la sodomie… Je ne suis qu’un écrivain et comme tout écrivain, je me complique la vie… Les écrivains gay sont peu nombreux. A la rigueur bi ou détraqué mais très peu sont gay. Nous n’idolâtrons que les filles ! Il est vrai que toutes les femmes sont belles, il faut juste à l’homme un peu d’imagination. Mes propos sont fallacieux car que penser des écrivaines ? Et bien… Elles sont lesbiennes… Je n’ajoute que du sel dans la marmite. Allan, t’es misogyne ! Me hurlent à l’oreille les ligues féministes. Du tout leur répondis-je, juste un petit taquin. Je vous aime ! Je t’aime… oui, j’aime une fille. Une seule et unique fille. Certains disent « j’aime beaucoup trop les femmes pour en aimer qu’une ». Moi, je n’aime qu’une fille. Elle incarne toute la beauté des filles en une seule. Comment cela est possible ? Très simple, elle est ma réponse. J’Utiliserai Sa Terreur Impassible Nacrée Electriser Les Effluents Personnages Effroyables Récalcitrants Sophistes. (cette phrase n’a presque aucun sens mais s’y cache une énigme). Les ecstas prennent sûrement effets.

Je t’écouterai, je te maudirai parfois mais je t’aimerai souvent, aussi souvent que longtemps. Les heures défileront à deux, les nuits seront courtes à deux. Les étoiles nous sublimerons et nous les éclaireront de notre éclat céleste qu’est notre nouvel Amour. Peut-être irons-nous les rejoindre le jour où nous sentirons vivre les chrysanthèmes à nos pieds, ils nous titilleront les pieds, nos pieds aux pieds de ce cercueil. Tu seras mon piédestal, la décoration de ma transcendance, la sublimation de ma plume et l’iris de ma vue. Je te verrai partout. Panthère tu seras, voiture tu seras, cigarette tu seras, vodka tu seras, livre tu seras, ma vie tu sembles être. Peut-être. Ou pas. Mais je l’attends. Je l’aime à ne désirer qu’elle. Seule la Justice Perce les mystères quand bien même la vie est une succession d’injustice.

– Allan je t’aime bien. T’es différent des autres. Toi, tu es gentil.

– On baise ?

– Ah non non, t’es comme tout le monde en fait.

Si j’étais comme tout le monde, je l’aurai baisé. La gentillesse… un mot galvaudé. Qui est gentil ? Le timide, le pauvre, le nordiste, le couard, le loser, le traître… bref, le raté. Personne n’est gentil. La gentillesse c’est la peur de dire non. La gentillesse cache un profond manque de courage. La gentillesse est une soumission. Les gentils sont celles et ceux qui ne s’assument pas… Ces personnes finissent par devenir possessives, très jalouses car la gentillesse n’est pas réelle, elle cache un profond manque de courage. Le jour où le gentil dira non, il rougira. Par peur, il fuira au plus pressé. Les gentils sont introvertis donc égoïstes, il ne pensent qu’à leur peau, à survivre en société. Pendant ce temps, l’ordure profitera de cet animal craintif. La fifille utilisera sa marionnette, satisfera ses besoins sans satisfaire les besoins du Monsieur tout gentil. Par chance, je suis une ordure gentille. Je te jette dans le fossé, si tu es capable de remonter vers moi, je serai gentil avec toi. C’est aussi simple que ça. Comment cela se traduit-il ?

– Salut toi ! Dit une jolie fille.

– Au revoir ! Répondis-je.

– Qu’est ce qui ne va pas ?

Voilà, cette fille à gagner le ticket de ma gentillesse. Ce qui ne m’empêche guère de préférer 100 fois plus que l’on me dise « t’es quelqu’un de bien » que « t’es beau ». Pourquoi ? 1) T’es beau est hypocrite. 2) T’es beau ne veut rien dire. 3) Personne n’est beau. Bref, trois points pour trois pléonasmes. Qui sont les gens beaux ? Les moches. On ne les remercie jamais assez. C’est grâce aux moches s’il y a des gens beaux. Merci les moches, vous êtes beaux et bon, vous avez sacrifié votre physique pour nous rendre d’autant plus con que votre cœur en sort grandi. Bande de malins. Et puis, si vous êtes moches, vous n’avez qu’une seule chose en tête : apprendre, apprendre et apprendre. Le sur-diplôme vous attend, le fric également. L’argent vous aura rendu beau, vous serez intelligent et vous rirez au nez des autres. Les moches sont intelligents mais l’intelligence est le fer de lance de toutes les manipulations. Qui est donc gentil ? Je ne sais pas. Le beau le sera par séduction, le moche par obligation. Personne n’est gentil, il n’y a que du paraître. Pour autant, j’aime les gens mais je hais l’humanité. Je préfère le paraître à l’Histoire. Une façon de se tirer de la réalité. Bien que je hais l’humanité, je hais les gens qui haïssent. Pauvre de moi, je me hais doublement et ainsi de suite. Je suis une suite mathématique haïr au carré. Pourquoi haïr autant ? Parce que je suis gentil.

Pour noyer cette gentillesse débordante, j’arpente les boites de nuit. En boite de nuit, vous avez le timide ivre dansant comme un cotillon, le Sam dansant comme un balai et le queutard dansant comme on baise. Un coup de cul en avant, un coup de cul en arrière. Une main au cul d’une prétendante, des lèvres proches de la victime et une idiote se laissant envahir. Où est la séduction ? Nul part. Tout ça n’est que pur plaisir. Le lendemain se traduit par un plaisir du regret des filles et un plaisir du plaisir pour les hommes. Le lendemain de soirée, c’est comme finir sur un lit d’hôpital. Vous êtes fatigué, diminué, mal au bide, des envies de vomir, une soif incommensurable et vous regrettez amèrement d’avoir picolé. Un peu comme un cancéreux qui regrette d’avoir fumé… Mais la semaine prochaine, tout recommencera… et vous pensez trouver votre prince charmant là-dedans ? Dans cette masse nocturne noyée de bibine ? Le prince charmant est un criard, un bagnard, un banni de la vie, pas un trouillard alcoolisé t’embrassant comme il embrasserait une poutre de bois : avec indifférence. Tu veux une main au cul ? Tu veux te laisser embrasser ? Tu veux baiser pour t’amuser ? Loin de moi la désobligeance de traiter ces filles de putes, juste d’idiotes. Ou pas. Mais c’est bien là le seul moyen de se croire la moitié d’un tout et en définitive n’être que la moitié d’un rien.

Vous l’aurez compris, je hais la vie à juste titre car tant de vies se meurent sous l’indifférence. L’égoïsme vous a poussé à choisir l’inhumanité. Cela n’est pas votre faute ! A ça non… c’est la faute à tout ce petit groupe qui peuple la terre. Toi, homme, femme, jeunes et vieux, vous attendez que l’heure sonne. L’heure sonnera ! L’heure du trop tard. Vous mourrez, vous attendrez ou vous collaborez. Qu’importe votre choix, il est déjà trop tard. Moi, j’ai choisi mon camp. Je me meurs d’un monde soporifique où les glaneuses attendent que l’heure sonne. Sur ces mots, ma dose de vodka vous aura prévenu !

– Allan, tu boxes la vie, on aime ça.

– Faux ! Je caresse la vie avec mes ongles. C’est elle qui me boxe. Quant-à-moi, je me débat comme je le peux.

Je crains qu’il me reste les rêves, une façon de rester libre. Comment justifier cette injustice juste-à-temps de manière juste ? Suis-je un justiciable ? L’anarchiste couard que je suis percera le percale pour y percevoir Justine Lepers. Une manière de percer l’injustice et d’atteindre la Perse Justice. Seul, je suis fou à lier. Ensemble, nous serons des fous alliés.

Le rêve comme unique évasion de la solitude. Le rêve comme le suicide inhérent de nos vies si peu justifiables. Quand je rêve, c’est un cours d’eau qui m’emporte, il me suffit de cligner des yeux pour regagner le rivage. Quand je rêve, tu m’emportes. Quand je me lève, tu m’emportes encore. Un doux brassage dans l’air, comme une envolée d’oiseau sans aile, juste un sol pour me maintenir à terre, un sol où je suis allongé en solitaire. Le froid atteint mes viscères, il m’a suffi d’ouvrir les yeux pour comprendre que l’on m’a foutu à terre. Catapulté par mes quatre murs, je suis dans l’incapacité de payer ma vie future et de racheter ma vie passée. Comment faire ? Je t’aime Justine. Je t’aime comme j’aime la vie, une façon de te dire à quel point je te hais car tu es possédée. Tu es donc prise aux flancs par les pinces de ta future prison mais n’oublie jamais que je serai ta clé.

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