Salut ! Salut !

Dépréciation du rouble, risque de récession : l’économie russe sur la sellette

Économie / International / 29 décembre 2014

Anton Silouanov, le Ministre des  Finances russe, a annoncé ce jeudi 25 décembre que selon lui « la crise du rouble était finie ». En effet, si l’on regarde les récentes évolutions de la devise russe par rapport au dollar ou à l’euro, on remarque que le rouble est tombé à des plus bas historiques pas plus tard que la semaine dernière, à la suite d’une longue tendance baissière. Cette dépréciation de la devise russe serait dûe principalement aux sanctions économiques imposées à la Russie en retour de la situation géopolitique en Ukraine, ainsi qu’à la baisse des cours du pétrole. Ces sanctions ont provoqué entre autres une fuite de capitaux, et la forte dépréciation du rouble observée actuellement. Par ailleurs, l’agence de notation Standard & Poors a mis sous surveillance la dette souveraine russe ce mercredi, ce qui a vraisemblablement contribué à accentuer le trend baissier de la devise russe par rapport aux autres monnaies, tel l’euro ou le dollar.

Une réaction in extremis de la Banque Centrale Russe afin de sauver le rouble

Face à ce trend baissier du rouble, la Banque centrale russe a tenté la semaine dernière de limiter la casse, en relevant ses taux directeurs de 650 points de base, ce qui les a amenés à 17%. Mais pourquoi une telle hausse ? Tout d’abord, force est de constater que l’inflation russe annuelle a dépassé le cap des 10%, une inflation trop forte qui doit être contrée. Or, la stabilité des prix est le rôle d’une banque centrale, et elle a pour cela un outil précieux à sa disposition : le « taux de soumission minimal des opérations de refinancement ». En clair, le taux directeur. Ce taux est le taux minimal auquel une banque centrale prête des liquidités aux banques commerciales qui lui font des appels d’offres. Cette hausse des taux d’intérêts se transmet principalement par deux canaux. Premièrement, elle va rendre le crédit moins accessible, et donc provoquer une baisse des investissements des entreprises et de la consommation des ménages. De plus, une hausse des taux d’intérêts rend les placements en rouble plus attractifs aux yeux du reste du monde, et favorise les importations et donc une appréciation du rouble, et c’est là tout l’intérêt de cette politique ! Par ailleurs, ces deux canaux aboutissent à une tendance déflationniste, ce qui est l’effet voulu par la banque centrale russe. Mais pour autant, ce n’est pas une simple politique d’augmentation des taux directeurs qui va sauver l’économie russe, loin de là, car les perspectives économiques de la zone sont pour le moins moroses…

L’importance du prix du baril de pétrole

On sait tous que l’économie russe est très dépendante de ses exportations en terme de gaz et de pétrole. Or, les cours du brut qui sont autour de 60$ le baril, ont subi une diminution depuis quelques temps. Si la situation fait le bonheur des compagnies aériennes, qui voient leur chiffre d’affaire exploser, elle est en train d’étrangler l’économie russe, en induisant une baisse des revenus de leurs exportations en pétrole brut. Ainsi, le Ministre russe des Finances Anton Silouanov a déclaré que si le cours du brut restait à de tels niveaux, la variation du PIB russe pourrait se contracter de 4%, ce qui pourrait plonger la Russie dans une situation de récession, la première depuis la crise financière de 2007-2009.

Des perspectives peu attrayantes

Ainsi, tout porte à croire que si « la crise du rouble est finie » (et cela reste encore à être démontré), les perspectives économiques de la Russie sont pour le moins sombres, une baisse des cours du brut et une dépréciation du rouble qui, si elles se poursuivaient entraîneraient une forte inflation et une situation de récession. Ainsi, la Russie pourrait se voir très prochainement dans une situation de stagflation, si ce n’est pire. La santé de l’économie russe dépendrait donc de facteurs que le gouvernement ne maîtrise pas pleinement, une situation qui n’enchante guère au sein des sphères gouvernantes de Moscou.


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Louis Malbète
Etudiant à Sciences Po Paris, et en Droit à Paris II - Panthéon Assas. J'aime la politique, l'économie, le droit, la philosophie, et tout ce qui peut me permettre de comprendre un peu mieux ce qui se passe dans notre monde qui tourne de moins en moins rond.




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