Salut ! Salut !

Dernière ligne droite vers

Politique / Récents / Tribunes / 2 avril 2017

Le 23, nous votons. Selon la date à laquelle vous lirez cet éditorial, il vous restera peu ou proue vingt jours pour décider de ce que vous glisserez demain déjà dans la boîte à questions de la République. Alors que le virage d’avril est derrière nous, et que se présente une dernière ligne droite bien incertaine, vient l’heure de causer des causes et des conséquences d’une campagne dont on ne sait comment exactement la qualifier. En telle période, porter la voix que l’on nous refuse le reste du temps s’avère un défi nécessaire.

Obstacles et inconnue

En termes d’exercice démocratique, ces élections présidentielles s’annonçaient décevantes avant même d’avoir commencé. Comme nous vous l’expliquions déjà voilà un peu plus d’un an, une série de réformes a été votée, dans un hémicycle largement vide, qui complexifie les modalités de la dernière échéance à résister encore à l’abstentionnisme de masse. Quête des 500 parrainages rendue plus ardue et publique, asymétrie des temps de paroles calqués sur des sondages d’opinion dont on sait la fiabilité relative et la légitimité contestable… Les obstacles vers l’Elysée sont nombreux et nouveaux qui impactent principalement les candidatures les plus modestes, hors des partis ou des structures conventionnelles.

Mais sans même s’attarder plus longtemps sur cet acte manqué démocratique, il faut reconnaître que la cacophonie sans précédent qui enrobe ce sprint final est des plus problématiques. Les affaires des uns et les travers des autres, soient-ils niés maladroitement ou assumés éhontément, emplissent l’espace du débat au point qu’il est devenu difficile pour bien des électeurs de se faire une idée précise des mesures défendues par ceux qui lorgnent leurs voix. On caricature les idées comme on catalogue les personnages et nous voilà à quelques vingt jours du premier tour avec à peine l’once d’un débat d’idées qui point entre deux secousses judiciaires. Plateaux télé et scènes de meeting devraient marcher à plein dans les jours à venir avec le durcissement des règles du CSA ; difficile néanmoins de croire qu’un choix éclairé pour cinq ans de gestion de la France puisse se baser sur deux semaines d’éloquence, d’emballement conjoncturel et de verbiage.

Grand Débat

Le premier Grand Débat, organisé par TF1 avec 5 des 11 candidats.

Lassitude évidente

Il faut bien dire aussi que la défiance envers un “système” auto-reproduit, que l’on évoque sans cesse pour qualifier ce ras-le-bol populaire, semble parfois avoir ses raisons empiriquement justifiables. Et quand bien même certaines des idées sont neuves. Et quand bien même certains des candidats ne l’ont jamais été. Sans l’ombre d’un président sortant qui défendrait un bilan conspué, l’on était en droit de s’attendre à des propositions renouvelées, portées par des visages vraiment nouveaux. A la place on se trouve en présence d’un combat à boulets rouges où chacun joue un rôle et cherche le fameux électeur médian, avec Macron comme électron libre qui ferait oublier Le Pen en épouvantail.

Et alors comme à chaque quinquennat reviennent les questions qui ne trouveront jamais de bonne réponse définitive et universelle. Faut-il sciemment s’abstenir ? Faut-il voter blanc ? Existe-t-il vraiment un vote plus utile qu’un autre ? Faut-il choisir à contre-coeur au premier tour pour s’épargner au second le choix du pire ? Cette campagne aura il faut le croire déclenché l’indécision qu’elle méritait.

Hollande Elysée

Crédits photo : AFP

Avoir droit au chapitre

Si l’on peut légitimement être déçu d’un appareil politique parfois éprouvant d’inefficience, le plus important dans la République à laquelle on s’apprête à offrir un nouveau guide demeure de réclamer, sans oublier combien il est nécessaire, le droit que chacun a au chapitre. Le vote est peut-être le grand rendez-vous béatisé de nos démocraties de représentation ; le débat, le partage et l’analyse d’entre les citoyens en sont ses pendants quotidiens et non moins indispensables.

S’il a été malmené ces derniers mois par bien des saillies ici comme ailleurs et qu’il a sans doute bien des travers imputables, le journalisme reste l’une des pierres angulaires de toute considération politique. A ce titre il mérite à la fois respect et ouverture. Certains le rêvent aseptisés et factuels ; d’autres le pensent comme Albert Londres le concevait, incisif et juste. La polarisation des médias à l’oeuvre à l’heure actuelle, entre essor du fact-checking neutre et évocation plus systématique de ce qui dérange, floute le paysage autant qu’elle clive les récepteurs d’informations. A l’heure où les voix sont souvent multiples mais étouffées, la démarche d’écriture, la démarche de recherche, d’information et d’expression se doit d’être louée tant elle libère. Newsyoung ainsi n’aspire à rien de plus que redonner à ceux qui oseront garnir ses lignes, humblement, un peu de leur droit au chapitre.






Bastien Desclaux
Joyeux rédacteur en chef de ce beau monde libre, jeune et conscient.




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