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Des journalistes debout aux Assises du journalisme 2014 de Metz !

Des journalistes debout aux Assises du journalisme 2014 de Metz !

« J’ai cessé de croire que les mots pouvaient accomplir des miracles. Le journalisme a dissipé mes illusions », affirmait Vassilis Alexakis en 1997. Cette affirmation est-elle encore d’actualité ? Qu’est devenu le métier de journaliste ? Début de réponse aux Assises du journalisme , qui se sont déroulées du 16 au 18 octobre à Metz . Durant ces 3 jours, de nombreuses conférences en rapport avec le thème du journalisme sont notamment revenues sur les évolutions contemporaines de la profession. A la tribune, les rédactrices en chef d’Envoyé spécial (France 2) Guilaine Chenu et Françoise Joly, mais aussi de nombreux journalistes, étudiants et universitaires. Petite recension de ce qui s’y est dit. 

Au coeur des débats, l’inévitable question de la démocratisation du journalisme. « N’importe qui peut être journaliste aujourd’hui. » affirme l’un des étudiants en journalisme présents. En effet, l’essor des réseaux sociaux et en particulier Facebook et Twitter permet à tout le monde de s’exprimer librement. Il ne s’agit pas uniquement de journalisme, chacun peut par exemple commenter et exprimer son point de vue. Le web est aussi le lieu des rumeurs incontrôlées. Le journalisme se heurte aussi à la communication. Un vrai journaliste trie l’information, la vérifie, la travaille. La communication, elle, ne consiste qu’à relayer une information sans même la recouper. Le principal problème des réseaux sociaux réside ainsi dans la fiabilité des sources. Un étudiant évoque deux questions que chaque journaliste doit se poser : Qui parle ? Quelle légitimité a-t-il de parler de cela ? Le lecteur a également un devoir de réflexion et d’esprit critique. Pour cela, il faut penser à varier les points de vue.

Etudiants en journalisme

Des étudiants en journalisme

Les réseaux sociaux, un atout non négligeable

 Ils permettent aux journalistes d’entrer plus facilement en contact avec des personnes étrangères, vivant loin, ou alors des personnalités célèbres, personnages politiques par exemple. De plus, un journaliste régulier sur Facebook ou Twitter est une stratégie marketing. La nouvelle génération y est très présente et par conséquent, pour renouveler son lectorat, il y a tout intérêt à mobiliser les jeunes. Les réseaux sont-ils pour autant en passe de faire disparaître le journal papier ? C’est un non catégorique. Les sources ne se tuent pas entre elles. Elles sont complémentaires, leur méthodes d’écriture ne sont pas les mêmes, leurs usages sont différents. Mais il est vrai que la presse écrite est un peu abandonnée et ses ventes risquent de baisser. Cette dernière doit traitée les informations différemment et servir d’approfondissement à l’actualité numérique. Les journaux numériques privilégient l’immédiateté. Il n’y pas de rendez-vous précis avec le lecteur, la publication peut se faire n’importe quand. « Le numérique c’est le lieu de la réactivité ! » rappelle Pascal Lainé. Le presse écrite peut toutefois y trouver des avantages : c’est un canal de communication très important.

Pascal Lainé, journaliste

Pascal Lainé, journaliste

De nouveaux supports

 Il n’y a pas qu’avec les réseaux sociaux que le métier de journaliste évolue. Avec internet, de nouveaux supports sont utilisés. Parmi les plus connus on reconnaît la photographie et la vidéo mais il existe aussi le webdocumentaire, ou webdoc, un document interactif, agencé pour rendre le visionneur actif, l’infographie animée, informations représentées à travers un schéma qui évolue au gré des clics, et la data visualisation, traitement des informations brutes pour les rendre accessibles.

Un journaliste d’aujourd’hui                                                                                                   

Au vu de toutes ces transformations, une interrogation émerge : Qu’est-ce qu’un bon journaliste en 2014 ? C’est avant tout un journaliste polyvalent. Il doit également être curieux, bon à l’écrit, déterminé, réactif, créatif, enthousiaste et surtout, il se doit d’avoir l’esprit critique tout en utilisant les réseaux sociaux et Internet. « Un bon journaliste est un journaliste capable de s’informer, de se cultiver, de se reposer et d’ avoir une vie de famille équilibrée », affirme Christian Bach, chef du service multimédia depuis 2008 des DNA (les Dernières Nouvelles d’Alsace).
L’information de proximité à l’honneur

 Lors de cette journée, l’information de proximité a été mise à l’honneur spécialement avec l’intervention de membres de journaux locaux, Républicain lorrain et Est- Républicain notamment. Même si les gens ne l’admettent pas et râlent souvent contre ce type d’information « sans intérêt », ils en sont en réalité friands car ils aiment savoir ce qui se passe près de chez eux. Les faits divers arrivent en tête de liste des sujets les plus appréciés et vendeurs. Ces derniers sont très encadrés et les détails dits « sordides » sont éclipsés, non pas dans le but de filtrer l’information mais d’éviter que certains partis politiques ne jouent sur cela. L’information locale est pourtant loin d’être une sous-information, au regard du travail effectué au sein d’une journée-type dans un journal local

La journée commence tôt,vers 7-8h pour choisir les informations à traiter. S’ensuit une réunion entre les différents membres du journal pour mettre en commun les sujets sélectionnés. Ce n’est qu’après cela que chaque journaliste commence à écrire son article ou ses articles. Tard dans la soirée, vers 22h environ, on détermine la une et la mise en page pour le lendemain.
Actu et éclaircissement

Guilaine Chenu et Françoise Joly, rédactrices en chef d'Envoyé Spécial

Guilaine Chenu et Françoise Joly, rédactrices en chef d’Envoyé Spécial

D’autres sujets en rapport avec l’actualité ont été abordés, sur une possible censure du gouvernement français dans le cas de l’Ukraine pour ne pas gêner sa diplomatie. La réponse est un non sec. Les médias français n’ont subi aucunes pressions. « Ce n’est pas parce que les médias sont financés en partie par des fonds publics qu’il y a une influence de l’Etat » assène une des rédactrices en chef d’Envoyé spécial.

On retient pour terminer la question suivante, qui alimente les discussions : Faire de l’information, c’est faire du sensationnel ? Et bien c’est encore une fois un non qui retentit. Faire du sensationnel, c’est construire une mise en scène autour d’une information en réalité banale dans le but de la rendre intéressante. Un étudiant résume, un journaliste, c’est  « quelqu’un qui vit avec les autres et avance avec eux ».

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