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Droit à l’IVG: risque de fausse couche en Europe

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question.
Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »

Simone de Beauvoir nous avait mises en garde, certaines de ses craintes voient les prémices de leur réalisation s’entériner, en Italie notamment.

Légalisée par le gouvernement italien en 1978, la pratique médicale de l’IVG perd du terrain et se vide de son caractère inaliénable et facilité. L’une des raisons du glissement des droits des femmes italiennes vers un cadre moralisateur et chrétien est la prégnance de l’influence du Vatican sur la politique étatique. La loi compte en effet en son sein une spécificité transalpine: les médecins peuvent se constituer comme « objecteurs de conscience ». Cette formule précise l’autorisation des gynécologues et autres praticiens affiliés de près ou de loin aux sciences de l’obstétrique à refuser de répondre aux femmes désirant avorter.

Outre, l’aspect éthique discutable de cette particularité italienne – l’imbrication entre convictions personnelles et religieuses et devoir professionnel et médical est-elle juste et bienvenue ? Permettre au corps médical de se constituer en une masse moralisatrice et accusatrice ne favoriserait-il pas les fractures sociales ? – de nombreux enjeux sociaux et sanitaires découlent de cette juridiction.

En octobre 2016, une femme, Valentina Milluzzo, est décédée des suites d’une grossesse douloureuse et néfaste pour sa santé à laquelle elle n’a pu mettre un terme en raison du statut consciencieux (étonnant lorsque l’on connait l’issu de l’affaire) des gynécologues de l’hôpital auprès duquel elle a demandé de l’aide. L’ironie de l’histoire est que ces médecins, au nom d’une sacralisation divine de la vie, en ont ôté trois, au lieu de deux encore au stade embryonnaire (Valentina attendait en effet des jumeaux). Victimes du respect de la loi divine, certaines femmes meurent donc.

Autre problématique générée par ce recul du droit éclairé et inatteignable de l’avortement: le regain des « faiseuses d’ange »; des personnes qui, afin « d’aider » ces femmes en détresse proposent des avortements clandestins. Les hôpitaux italiens, faute de répondre à la demande d’avortements, voient leurs lits se remplir de femmes à l’utérus hémorragique et en même temps qu’ils pansent les plaies, minimisent leur culpabilité.

L’Italie, malheureusement pas un cas isolé

Mais le retour de la culpabilisation des femmes souhaitant avorter n’est pas endémique dans l’Italie seule. On repère en effet ce même type de comportement dans les pays de l’est, en Espagne, au Portugal… En Hongrie, le gouvernement à la politique nataliste de Viktor Orban a plongé dès 2012 la pilule abortive dans l’illégalité; l’objectif caressé ici est de conférer à l’avortement un univers contraignant et invasif (la chirurgie) afin de forcer les femmes à prendre la pleine mesure de leur acte. De nombreux mouvements prolife émergent et pullulent ainsi aux quatre coins du continent – sait-on jamais, le risque d’avorter comme on va acheter le pain plane sur toute l’Europe, mieux vaut vite l’enrayer.

Et en France ?

Malgré son statut ultra libertaire sur la question, la France ne réchappe pas à la montée des groupes pro-vie, qui grâce à leur affiliation à des réseaux mondialisés aux financements importants, voient leur influence s’accroître sur la place publique. Ne souhaitant pas leur offrir de visibilité, nous ne les citerons pas. Il est bon de connaître leur existence pour défendre ce droit en sachant qu’il appelle des détracteurs, mais elle doit rester anecdotique.

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