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Émeutes à Ferguson : les conséquences d’un fait divers controversé

Émeutes à Ferguson : les conséquences d’un fait divers controversé

Le 9 août, Michael Brown, un jeune adolescent afro-américain fut tué par balles par la police, dans la ville de Ferguson aux Etats-Unis (Missouri). Mais les raisons pour lesquelles ce jeune garçon a été abattu demeurent très floues, voire incompréhensibles, et ce fait divers, qui a embrasé la ville de Ferguson toute la semaine a suscité plusieurs polémiques, mais surtout, cache plusieurs problèmes de fond aux États-Unis.

Il y a six jours, un adolescent marchait en compagnie d’un ami dans les rues de Ferguson. Peu après, il est abattu par un policier. Selon la police, l’agent a arrêté son véhicule auprès des deux jeunes personnes. Une fois le policier sorti de son véhicule, les deux hommes l’ont repoussé violemment et auraient tenté de s’emparer de son arme. C’est ainsi que le policier aurait tiré sur la victime. Mais selon plusieurs témoins, Michael Brown était inoffensif et avait les mains en l’air lorsque le policier lui a tiré dessus à plusieurs reprises.
On peut y voir dès lors plusieurs similitudes avec l’affaire Trayvon Martin, un adolescent Noir qui avait été tué en 2012 par un vigile de magasin alors qu’il n’était pas armé. Le vigile, lui avait été acquitté. Ces deux affaires plus que similaires sont l’une des conséquences de la « tolérance zéro » appliquée aux États-Unis, doctrine qui consiste à punir sévèrement la petite délinquance à la moindre infraction à la loi. Mais étant donné que les préjugés sont tenaces, surtout dans un État comme le Missouri, les minorités en souffrent durement, comme l’indique cet article de Slate.

La manière avec laquelle les médias américains ont traité l’affaire en a indigné plus d’un. Alors que la première photo de la victime diffusée le montrait coiffé d’une toque de diplômé, plusieurs autres médias ont décidé de diffuser un autre cliché de Michael Brown, où il y apparaît le visage fermé, vêtu d’un large tee-shirt et faisant un geste ressemblant à un signe de gang. Cette photo donc, pouvait très bien faire passer Michael Brown pour un voyou, alors qu’il était décrit par tous comme sans histoire.
C’est alors que sur Twitter la campagne #IfTheyGunnedMeDown (« Quelle photo de moi serait utilisée si j’étais abattu ? ») est née. En se demandant quelle photo d’eux serait utilisée par les médias si ils étaient tués, des internautes afro-américains ont diffusé des photos d‘eux les représentant de façon opposée. Cette action a pour volonté de soulever un problème majeur aux États Unis : il dénonce le sensationnalisme de plusieurs médias dans leur représentation de la communauté noire américaine. On peut encore ici y faire un parallèle avec l’affaire Trayvon Martin, où lorsque les médias ont traité ce fait divers, la victime était exposée également le visage fermé, avec des dents en or, alors que lui aussi était supposé être un individu sans histoire.

Le 10 août, à l’issue d’une veillée en l’honneur de la victime, des émeutes assez musclées ont éclaté dans la ville de Ferguson, et ceci pendant plusieurs jours. Quelques pillages et incendies se sont déroulés, et par la suite, de violents affrontements ont eu lieu suite à cela avec les forces de l’ordre. Mais, nouvelle polémique, on a pu constater que la police était surarmée de pistolets, fusils à pompe, ou bien gaz lacrymogènes. Sur plusieurs photos, on peut même y voir des véhicules blindés, comme si la police s’était militarisée pour se défendre contre toute une armée et non pas contre des manifestants. Deux journalistes ont également été arrêtés. Ces méthodes controversées ont fait réagir le président Barack Obama qui lui, a interpellé la police sur ses méthodes. Interpellation un peu tardive, comme l’indique avec ironie ce tweet.

« Obama a publié une déclaration sur Robin Williams quelques heures après sa mort, mais a mis trois jours pour faire sa première déclaration sur Ferguson. Totalement sur le coup. »

A l’heure actuelle, les tensions se sont apaisées. Des centaines de personnes ont défilé dans le calme, un nouveau chef de police, chargé de garder le calme dans la ville s’est mêlé aux manifestants. Mais cette affaire cache plusieurs mal-êtres profonds aux États-Unis. Tout d’abord, bien sûr, le climat de ségrégation raciale persistant, d’autant plus que dans cette région faisant partie de l’une des plus pauvres du pays, seuls 3 des 53 policiers sont afro-américains alors que la population est composée à 70% de Noirs. Mais cette affaire met également en avant ce climat de ségrégation sociale qui prospère dans une société de plus en plus inégalitaire.

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