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Emmanuel Macron et « En Marche ! » courent-ils vers la présidentielle ?

Emmanuel Macron et « En Marche ! » courent-ils vers la présidentielle ?

 

Tout avait pourtant mal commencé. Un comité pour le moins hostile attendait les participants au meeting d’Emmanuel Macron à la Mutualité. Armés de banderoles « contre l’euro du fric et la loi des patrons » ou « Macron m’a tuer », un attroupement d’une centaine de personnes anti-loi travail scandait des slogans tels que « tout le monde déteste la bourgeoisie » ou « Macron-Gattaz, même combat ! » et agressait le public qui attendait pour rentrer au milieu d’une armée de policiers. Se recevoir un œuf en plein dans les jambes dans une file d’attente, rien de tel pour vous mettre dans l’ambiance d’un meeting…

Macron superstar

Une fois à l’intérieur de la salle, l’ambiance était bien plus chaleureuse. Le staff de Macron chargé de l’accueil est résolument jeune (très peu de membres de l’équipe dépassaient les 25 ans) et dynamique. La Mutualité se remplit d’un public tout de même très CSP+ pendant que, sur les écrans géants, défilent des images et des citations des volontaires d’ « En Marche ! » : un show à l’américaine se prépare.

A 20h pétantes, l’homme tant attendu apparaît. Emmanuel Macron entre dans la salle comme une rock star, sous les acclamations du public debout et suivi de près par un cortège à la tête duquel figure sa femme, Brigitte Trogneux… Oh non, tout laisse prédire que l’on va assister à un énième meeting politique d’un homme qui pense à devenir Président de la République tous les matins en se rasant…

Et là, surprise ! Emmanuel Macron s’assoit et ne prend pas la parole. C’est Axelle Tessandier, une jeune entrepreneure ayant vécu 6 ans dans la Sillicon Valley qui lance la soirée en expliquant pourquoi elle a décidé de rentrer en France et de « faire un pas de plus dans l’engagement politique ».

5 autres intervenants vont se succéder au micro : des gens acquis à la cause d’Emmanuel Macron comme Zineb Mekouar, une française d’origine marocaine de 25 ans qui a détaillé les raisons qui l’ont poussée à rejoindre « En Marche ! », Patrick Toulmet, le président de la Chambre des Métiers de Seine Saint-Denis ou Richard Ferrand, le député du Finistère, mais pas que…

L’ultimatum d’Alexandre Jardin

Le meeting prend une toute autre tournure lorsque Alexandre Jardin, écrivain à succès et leader du mouvement « Bleu, blanc, zèbre » arrive sur scène. Il annonce d’emblée son intention : il n’est pas venu pour se rallier à Emmanuel Macron, non non, mais pour « proposer une alliance de tous les citoyens en marche, pour faire ensemble ». Il dessine un horizon commun possible entre Emmanuel Macron, Nicolas Hulot, Jean-Louis Borloo, Thierry Mandon et Jean-Christophe Fromentin auquel pourrait se rallier son groupe de « faizeux’ déjà très large.

Mais pour cela, il pose un ultimatum à Emmanuel Macron qui devra respecter trois conditions : faire sa part, rejoindre les « faizeux » en lançant des actions concrètes, prendre le pouvoir non pas pour le garder mais pour l’offrir et ne plus marcher seul, ne plus parler de maillot jaune mais de peloton. Le collectif avant l’égo donc : message reçu 5 sur 5 par l’intéressé qui sourit et opine du chef. A cette intervention s’ajoute celle de Stéphanie Goujon, la fondatrice de l’agence du don en nature (une très belle initiative à découvrir), qui elle aussi avoue ne pas faire partie d’ »En Marche ! ».

Quelques provocations

Après une heure d’introduction par des tiers, Emmanuel Macron se lève et prend finalement la parole. Pas de cravate, pas de pupitre, pas de note… Une conception résolument moderne de la politique.

Tout au long de son discours, Emmanuel Macron a glissé de nombreuses allusions chargées de sous-entendus quant à son éventuelle candidature en 2017. Alors va-t-il quitter ses fonctions au gouvernement comme l’annonçait le Canard Enchaîné ? La salle se met à y croire lorsqu’il affirme « si on avance à couvert, on a du mal à convaincre […] le moment est venu de faire des choix clairs »…

Allez, allez, il va se déclarer… Mais non ! Pas d’annonce officielle finalement.

« La loi travail n’est plus le combat d’aujourd’hui », « vous n’êtes pas venu assister à un énième congrès » : le ministre a pourtant multiplié les distanciations vis-à-vis de Manuel Valls, de « la politique de boutiquiers » et du PS (que le retranscripteur a malencontreusement remplacé par « Personnes handicapées », déclenchant ainsi les rires de la salle).

Une sortie du gouvernement à la fin de l’été ?

Sans avancer aucune proposition concrète, Macron a tracé les lignes du futur d’ « En Marche ! », ce « rassemblement de progressistes ». En septembre, il accompagnera les volontaires dans une tournée du pays pour établir, non pas un programme, mais « un plan de transformation »… Ce qui laisse présager une sortie du gouvernement à la fin de l’été.

Après 80 minutes de discours éloquent, Emmanuel Macron a clôturé son meeting sur un encourageant « ce mouvement, plus rien ne l’arrêtera, nous le porterons ensemble jusqu’en 2017, jusqu’à la victoire… » Mais osera-t-il franchir la ligne suprême vis-à-vis de François Hollande et se désolidariser de celui qu’il « ne remerciera jamais assez de lui avoir fait confiance » ? L’ensemble du meeting laissait peu de doute quant à ses intentions.


Crédits image à la une : R.Meigneux/SIPA

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