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Être citoyen européen : kézako ?

Être citoyen européen : kézako ?

Si l’Euroscepticisme existe depuis le début du XXème siècle, il n’a pourtant jamais été aussi présent, avec un parlement européen constitué d’une centaine de députés europhobes, l’élection d’Alexis Tsipras en Grèce, une majorité ultraconservatrice au parlement polonais et la menace anglaise d’une sortie de l’Union européenne par référendum. En ce qui concerne cette dernière, le Brexit, l’atmosphère s’est sensiblement détendue avec l’établissement de solutions engageantes aussi bien pour l’UE que pour le Royaume-Uni. Pourtant le statut de citoyen européen suscite encore des interrogations voire des rejets. Pour répondre à celles-ci, nous vous proposons un article « contre-clichés ».

« Être citoyen européen comporte des contraintes ».
La notion de citoyenneté européenne est souvent abstraite dans nos esprits. Pourtant elle est limpide : toute personne ayant la nationalité d’un État membre peut y prétendre . Considérée par certains comme contraignante, celle-ci ne comporte pourtant que des droits. Ces derniers sont multiples : le droit de circuler, de séjourner, de travailler, d’étudier mais aussi des droits civiques, politiques, de pétition, d’initiative citoyenne. Des garanties judiciaires s’y ajoutent. Un individu peut faire valoir ses droits fondamentaux auprès de plusieurs grandes instances juridiques.
Quelles sont-elles ? On en dénombre deux fondamentales : la Cour européenne des droits de l’Homme et la Cour de Justice de l’Union Européenne.
La Cour européenne des droits de l’Homme est une juridiction dont le but est de veiller à ce que la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés de 1950 soit respectée. Cette dernière succède à la célèbre Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948. On peut comme précédemment citer la CJUE , formée par la Cour de Justice, le Tribunal et les tribunaux spécialisés et dont l’objectif est similaire à la CEDH.

image« Être citoyen européen signifie ne plus avoir d’identité nationale».
Dans le cas de la Charte des droits fondamentaux, ses droits et principes ne sont applicables que s’ils répondent aux lois et pratiques déjà en vigueur dans le pays. Le Royaume-Uni, la Pologne et la République tchèque bénéficient d’un régime dérogatoire par exemple. De plus, les valeurs défendues par cette charte sont identiques ou dans la lignée de celles françaises: la liberté, l’égalité, la solidarité, la citoyenneté, la justice et la dignité. Notre devise en compte déjà deux ainsi qu’une troisième semblable. Notre identité nationale, tournant autour de ces valeurs morales, se retrouve dans l’identité européenne. Par ailleurs, certains oublient que si nous nous devons de protéger notre « patrimoine historique et culturel national », il ne s’agit pas non plus d’occulter l’existence d’une histoire européenne. Des lieux récents permettent de le rappeler, pour la plupart de deuil comme Auschwitz ou encore Verdun et des documents plus anciens retracent les différents liens familiaux des rois et reines qui se sont souvent mariés à des nobles de nationalité étrangère. Ces éléments prouvent que l’histoire européenne date d’aussi longtemps que celle propre à chaque État et est de ce fait tout aussi familière et importante.

« Être citoyen européen c’est renoncer à notre souveraineté nationale »
La citoyenneté européenne est qualifiée dans les différents traités (Maastricht, Amsterdam et Lisbonne) de citoyenneté de superposition, c’est-à-dire qu’elle n’est là qu’en supplément de celle nationale. La souveraineté nationale ne peut exister qu’en prenant la forme d’un régime représentatif, ce qui n’est pas exclu par le système de l’Union européenne. En effet, des personnes élues directement par le peuple y siège afin de le représenter. Le pays est donc présent et peut partager son avis et surtout le faire valoir. Par ailleurs, les grandes instances juridiques offrent aux États membres la possibilité de prendre des décisions indépendantes concernant leur pays, par exemple en matière de politique étrangère. Ils sont aussi libres d’adhérer ou pas à certaines clauses comme celles de la monnaie unique ou de l’espace Schengen.

Si la notion de citoyenneté européenne est vaste, il faut toutefois en retenir l’essentiel et les fondements à savoir des valeurs et une histoire communes qui nous permettent de vivre libre, sans contraintes réelles.

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