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– EXPOSITION BRAQUE AU GRAND PALAIS : L’ART MODERNE N’EST DECIDEMENT PAS UNE FILLE FACILE. –

– EXPOSITION BRAQUE AU GRAND PALAIS : L’ART MODERNE N’EST DECIDEMENT PAS UNE FILLE FACILE. –

L’art moderne n’est décidément pas une fille facile, voilà qui se perçoit dès la première et interminable heure d’attente dans une file emplie de  touristes curieux et passionnés d’art empressés. Heureusement, le Grand Palais a eu  la bonne idée d’atténuer notre impatience en  plaçant parmi nous un musicien, méritant par ailleurs à lui seul le déplacement. Mais tout ça pour quoi ? Pour la plus grande rétrospective de Georges Braque donnée à Paris depuis quarante ans. Un bijou chronologique insistant sur les différentes phases de son évolution atypique : fauvisme, cubisme d’abord analytique, réalisation de papiers-collés, d’oiseaux superbes invitant au rêve.

Un vaste programme

Braque

Qu’en est il alors réellement ? En entrant dans la première salle faiblement éclairée, nous découvrons un fauvisme comme amoureux de la vie, né d’une inspiration puisée chez les grands Matisse et Derain. Ce qui frappe ici, c’est la lumière, les jeux de couleurs entre rouge sang et pastel ; la sérénité d’un peintre qui semble fait pour être heureux. Braque donne vie aux paysages aimés de l’Estaque dans des toiles où se discerne déjà un certain recours aux formes géométriques pour «rechercher l’espace». Un travail qui s’appuie ainsi sur des figurés architecturaux, comme les toits de ces maisons provençales aux couleurs chaudes.  La période fauve de Braque marque son talent pour la construction de l’art, avant de pouvoir procéder à la déconstruction cubiste .

BRAQUE FAUVE      braque 2

Pour comprendre cette démarche, il nous faut oublier tous nos préjugés , parfois légitimes, quant à  l’absurdité d’un paysage ou d’un objet réduit à quelques simples formes. «Un travail enfantin» entendons-nous dire parfois.

BRAQUE CUBISTE

Car en réalité, Braque, en proie à une profonde interrogation concernant les valeurs traditionnelles  morales ne fait que traduire dans ses recherches picturales sa vision instantanée du monde. Par exemple, la notion de perspective célébrée depuis la Renaissance doit être prise avec davantage de recul. Dans ses tableaux cubistes, Braque refuse de faire disparaître l’objet , il reste figuratif et fait des liens constants avec la musique : ces tableaux sont une véritable passerelle entre les Arts.

Autre lien mis à nu dans cette rétrospective : son amitié fusionnelle avec Picasso, qui donna lieu à une véritable impulsion créatrice à l’origine du mouvement «cubiste» en tant que tel. Les papiers-collés, qu’il invente en 1912, témoignent de sa volonté de jouer sur les matériaux, de dissocier couleurs et formes.   Cet ensemble de toiles enthousiasmant est coupé net par la guerre, où le peintre sera blessé, traumatisé, laissé pour mort sur le champ de bataille. Lorsqu’il reprend le pinceau en 1917, il semble assombri, cherchant moins à transformer des détails (comme un nez  ..) en indice, qu’à donner davantage de sens à ses œuvres.  Ses fonds de toiles se font ainsi de plus en plus noirs, pour doter les tableaux d’une plus grande profondeur. L’art se mérite, il nous faut du temps, de la patience pour pénétrer le sens de l’œuvre de Braque, qui s’achève en apothéose  dans la représentation d’oiseaux libres aux ombres inquiétantes de crainte vers l’avenir.   Des paysages, des objets, mais aussi des nus , des femmes, des formes toutes bien vivantes; une exposition bluffante qui ne laisse pas indemne. Nous regretterons simplement la grande absence de la Sculpture, très peu représentée dans ce parcours pourtant beau et cohérent.

BE THERE.

-Georges Braque – 18 Septembre 2013 – 06 Janvier 2014 Grand Palais, Galeries nationales –

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