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Flavien Berger : « Je suis très sensible à la mystique de la musique »

Flavien Berger : « Je suis très sensible à la mystique de la musique »

En plus de l’avoir vu sur scène se déployer en une prestation des plus sensorielles du festival, l’équipe de Newsyoung a eu la chance de poser quelques questions à Flavien Berger avant son apparition remarquée. L’auteur de Léviathan (2015) nous en dit plus sur sa relation à la scène, sa perception de la musique comme objet expérimental et sur l’importance qu’il accorde ou non à ses textes. Retranscription.

NY: C’est toujours bien de savoir à qui on s’adresse lors d’une interview, est ce que Flavien Berger est ton vrai nom ?

FB: Oui, c’est mon état civil.

NY: Comment ton parcours musical a-t-il commencé ?

FB: Dans ma chambre avec des outils d’adolescent pour faire de la musique: une console de jeux vidéos. La musique c’était un moment où j’étais seul et où je pouvais me reclure pour faire des choses en dehors du monde. C’est comme ça que j’ai commencé et c’est comme ça que je continue, mine de rien.

NY: Comment tu expliques, si la musique était pour toi un moyen de t’isoler, que ça ait pris une telle ampleur?

FB: Parce qu’une fois que tu as composé, les morceaux existent. C’est le fruit de cette solitude qui peut être écouté à plusieurs. Après, le fait que ça soit écouté et que je puisse jouer dans des festivals et que les gens viennent, je sais pas vraiment à quoi ça tient.

Flavien Berger à Rock en Seine / Crédits : Olivier Hoffschir

Flavien Berger à Rock en Seine / Crédits : Olivier Hoffschir

NY: On te sait proche des Salut C’est Cool et autre Jacques, quelle forme prend votre collaboration exactement ? Ce sont des collègues ou avant tout des potes ?

FB: C’est des confrères, ça déchire, ils sont cools. On fait de la musique ensemble, on fait des films ensemble, on fait des vacances et des repas ensemble… C’est des amis et des confrères.

NY: Beaucoup de gens échouent à décrire ta musique avec de simples mots, comment la qualifierais-tu ?

FB: “Échouent”, c’est marrant comme terme, c’est un terme qu’on utilise pour les bateaux… [rires]. Tu veux que je décrive ma musique? C’est de l’exploration dans le fantastique, c’est une sorte de substrat à l’exploration dans le fantastique.

NY: Qu’est ce que t’apportent les festivals que les concerts en plus petit comité ne t’apportent pas ?

FB: C’est toujours méga différent, ça veut pas dire que c’est moins bien ou mieux. C’est souvent plein de surprises, c’est des jauges qui se remplissent petit à petit au fur et à mesure du concert, et le concert finit avec plus de monde qu’il n’a commencé et c’est toujours surprenant. Y’a plein de choses qui me plaisent dans les deux modalités, et c’est vraiment pas de la langue de bois. Dans les petites jauges, t’as l’impression d’être à un mariage et de presque pouvoir sentir les gens respirer, dans les grandes jauges, les gens ont une force de cri de dingue et c’est super énergisant, dans les très très grandes jauges, tu vois des gens au loin jouer au frisbee et c’est marrant… Il y a toujours des choses très très différentes, et moi je fais feu de tout bois.

La pochette de Léviathan (2015)

NY: En plus d’être le titre d’une de tes chansons, le Léviathan est une créatures biblique. Est-ce que tu penses que dans ta musique, ou dans la musique en général, il y a une dimension mystique? Quelque chose au-delà de l’Homme ? Pourquoi ce nom pour ton album ?

FB: J’ai choisi ce nom pour parler du changement d’échelle que la musique permet, et pas tant pour le côté religieux du terme. C’est le côté fantastique surtout. Après je suis très sensible à la mystique de la musique, à ce que la musique traditionnelle permet et nous raconte, et à ce que la musique répétitive propose… La litanie est quelque chose d’hyper important dans la musique électronique, et ça peut amener dans des états que les pratiques ancestrales permettent aussi.

NY: Dans le titre éponyme, on retrouve des instruments plus traditionnels (des cordes) qui contrastent avec les synthés analogiques que tu utilises beaucoup. Est-ce que ça te tient à cœur de faire revivre des instruments plus traditionnels dans tes musiques ?

FB: Ils n’ont pas vraiment besoin de moi pour vivre [rires]. Le violoncelle, c’est quand même un instrument hyper important dans le paysage musical mondial. Après c’est autant pour l’instrument que pour le mec qui en joue, Gaspar Claus, et je pense que oui, en fonction de l’histoire à raconter, on trouvera les sons nécessaires. On n’est pas à l’abri que je fasse jouer de la cornemuse à un mec, parce que c’est des sons particuliers.

NY: Quelque chose qui intrigue souvent à l’écoute de tes titres, ce sont les paroles. Où trouves-tu ton inspiration ?

FB: Il y a différentes propositions dans les disques. Dans Léviathan, les textes sont travaillés, il y a plusieurs jets, c’est découpé, recoupé, recollé.. Le disque gratuit que j’ai sorti à Noël et qui s’appelle Contrebande 01, il n’y a que des paroles improvisées. C’est pas du tout pareil.

NY: Pourquoi cette approche différente?

FB: Parce que le disque de Noël, c’est un disque où je voulais proposer des choses beaucoup plus jetées, beaucoup moins travaillées, pour voir comme ça allait être reçu.

Crédits : Olivier Hoffschir

Flavien Berger à Rock à Seine / Crédits : Olivier Hoffschir

NY: Pour continuer sur le travail au niveau des paroles, est-ce que tu te sens proche de groupes comme Feu! Chatterton ou Julia Jean-Baptiste, qui proposent des paroles en français assez recherchées et poétiques, et qui contrastent un peu avec le flot de groupes français qui chantent en anglais?

FB: Je ne les connais pas vraiment, mais il y a plein de groupes français que je connais et dont j’apprécie le travail. Les deux groupes que tu as cité, je ne les connais pas vraiment, enfin pas personnellement quoi. C’est difficile de se sentir proche d’un artiste de sa génération sans connaître ses intentions. Feu ! Chatterton, je crois qu’il y a une volonté de s’imprégner du passé. Dans les paroles, il y a quelque chose de volontairement suranné, volontairement rétro. Moi, je crois que même si je parle de rêverie, je parle de choses d’aujourd’hui.

NY: Je pense que mon titre préféré dans ton album, c’est La Fête Noire, est ce que tu peux me parler de l’histoire de ce titre ?

FB: C’est ton titre préféré? Alors son histoire… Il y a deux ans, je faisais mon premier concert en février 2014, et j’avais plein d’instrus prêtes, et il y avait l’instru de la Fête Noire. En décembre juste avant, j’avais pris de la drogue à Berlin, et j’étais allé en club puis dans une fête foraine. Et là, j’avais vraiment l’impression d’être dans un jeu vidéo.

NY: C’est un petit peu ce qui se passe dans le clip…

FB: C’est un petit peu ce qui se passe dans le clip, même s’il parle d’un enfant. Et après j’ai fait le concert, et j’ai improvisé sur le thème là. Et deux ans après, quand il a fallu enregistrer l’album, il restait toujours ce morceau. A l’époque, on l’appelait le “morceau de la fête foraine”. J’ai repris l’instru et j’ai composé dessus.

NY: Donc c’est vraiment du vécu cette musique?

FB: Ah oui, c’est vraiment du vécu. Pour de vrai, j’ai vraiment trippé.

NY: Tu partages l’affiche avec plein de beau monde à Rock en Seine, avec qui tu aimerais un featuring ?

FB: C’est déjà le cas, j’ai fait un remix pour Adrien Soleyman. Et puis il y a O avec qui j’ai joué dans différents festivals, et qui d’ailleurs était là aussi au concert dont je te parlais plus tôt, en février 2014. Mais sinon… Je vois pas vraiment.

NY: Merci beaucoup, on te souhaite un super concert et on a hâte de te voir ce soir !

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