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Gravity: A deux doigts des hautes sphères

Gravity: A deux doigts des hautes sphères

Ça y est on l’a vu ce « chef d’oeuvre », succès énorme au États Unis, porté au nues par les critiques du monde entier et sorti ce mercredi dans les salles françaises. Malgré tout ce qu’on avait déjà entendu nous avons essayé de porter sur l’œuvre d’ Alfonso Cuarón un regard sans a priori. C’est donc impatients mais impartials que nous avons plongé dans l’Univers de Cuaron

Grandiloquente 3D, efficace.

Gravity, est décrit partout comme la « meilleure 3D jamais réalisée » c’est probable et c’est pas movies-gravity-sandra-bullock_1trop tôt. Depuis Avatar et les îles flottantes dans le ciel de Pandora, la 3D ne s’est plus fait beaucoup remarquée (à part dans Star Trek Into the Darkness où J.J Abrahams a signé une réalisation assez énorme) et au contraire a beaucoup exaspéré. Après la surenchère dans la couleur de Peter Jackson faisant ressembler son  « Hobbit » à un long ( un très long) trip sous LSD ou la ressortie risible de Titanic, on a enfin l’impression d’avoir fait  un pas en avant: Les cameras de Emmanuel Lubezki gravitent en plans séquences de plus de 10 minutes, autour de spationautes en déroute, passant virtuosement de paysages spatiaux titanesque, au plus près des acteurs dans l’intimité même de leurs scaphandres. Ces changements d’échelle énorme mais d’une incroyable fluidité incarnent un peu l’esprit du film qui se veut à la fois impressionnant et émouvant. Pour le côté show massif le film se pose là: les acteurs s’entrechoquent sur divers débris de satellite russe, navette chinoise ou d’extincteur américain explosant dans un silence sinistre a peine rompu par les respirations affolées des acteurs et un Houston paniqué qui se fait vite oublié. Il faut l’admettre: On s’y croit. L’angoisse est palpable autour de Sandra Bullock suante et haletante derrière son scaphandre. La sensation d’inertie est extraordinaire, oubliant le velours rouge des sièges du cinéma, on se croirait en plein Space Mountain, secoués, angoissés, sursautant en phase avec les acteurs. Une immersion pure.

Plat scénaristiquement

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 Mais un film et particulièrement un chef d’œuvre (il parait) peut il se satisfaire de n’être une montagne russe  à  gros budget ? Non bien sûr, le scenario et l’approche métaphysique d’un sujet tel que celui ci est paraissent inévitables. Dans cette optique alors c’est sur ce point que le film pêche: Les personnages, enfin le personnage, car à part un collègue cosmonaute rapidement décapité et un George Clooney en mode steward de Ryan Air Space, Sandra Bullock constitue la seule figure humaine du film. Ryan Stone est ainsi sensée être une ingénieure aérospatiale peu expérimentée dans les voyages spatiaux, et dont le principal (et unique?) aspect de sa personnalité  est d’avoir perdu sa fille. S’en suit des scènes de dialogues abscons, des moments d’émotion subtilement soulignés par 400 violons venant sous prétexte de ménager le spectateur entre deux scènes éprouvantes, casser la logique spectaculaire du film sans pour autant proposer une réelle approche psychologique des personnages. L’ingénieure novice supporte étonnamment bien la mort de ses compagnons et demeure extraordinairement stable psychologiquement, tout le long du film (à part à quelques moments ou le suicide est vaguement envisagé). La fibre psychologique est donc trop peu exploitée pour être intéressante mais suffisamment martelée pour casser le rythme et lui donner une bonne grosse Happy End made in US avec la morale en plus.

Une question donc:

Si le but était de balancer du spectacle, pourquoi ne pas avoir multiplié les moments de sursauts ou accentué le coté angoissant du film? En effet dans le film on est jamais bien longtemps en danger, ni réellement dérangés ou surpris.Pourquoi ne pas remballer la guimauve inutile et nous épargner les divers clichés  du type position fœtal en apesanteur? A l’inverse si le but était un thriller psychologique, comment se fait il que Ryan Stone soit aussi lisse et moins fragile psychologiquement qu’un Rambo? Gravity s’éparpille et forcément déçoit, on ne peut pas faire un nouveau 2001 et un nouvel Appolo en un film, Hollywood devrait comprendre que le blockbuster bourrin est voué à l’échec, mais bon ce n’est pas 300 millions de dollar de recette qui vont le leur apprendre.

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1 comment

  • Gertrude

    Les faiblesses du film sont bien décrites, super article.
    PS : Soirée ?

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