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Interview d’Arthur de Soultrait, fondateur de Vicomte A

Interview d’Arthur de Soultrait, fondateur de Vicomte A

Jeune, talentueux et ambitieux. C’est ainsi que nous pouvons définir Arthur de Soultrait, fondateur de Vicomte A, marque de sportswear chic à la française.

L’aventure a débuté aux Etats-Unis, en Caroline du Nord où Arthur est parti faire un stage de 6 mois dans la cadre de ses études de commerce. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu pour le jeune aristo qui fut confronté à la faillite de l’entreprise pour laquelle il travaillait. Il lui vient alors l’idée d’aller vendre des cravates au porte-à-porte, afin de pouvoir se payer son billet de retour. Pari gagné, il épuise son stock en une semaine et rentre en France avec la volonté de créer sa propre entreprise de prêt-à-porter. Encore étudiant mais déjà très audacieux, Arthur décroche le marché des cravates de Paris, ville candidate aux J.O. de 2012. Avec les fonds obtenus, il crée sa marque en avril 2005. Le succès est rapide.

La marque Vicomte A se veut colorée, impertinente et souhaite apporter du peps aux polos, en s’inspirant des casaques de jockeys.

Interview de ce jeune entrepreneur trentenaire.

Pourquoi avez-vous décidé de créer votre entreprise ?

Quand j’ai créé Vicomte A en 2005, j’avais 22 ans, plein d’ambition et envie de vouloir gagner ma vie tout en étant indépendant ! Je ne voulais pas être salarié, j’ai toujours voulu être mon propre patron, et créer quelque chose. Même si c’est l’argent qui a été mon moteur premier, car il fallait que je gagne ma vie, l’aventure entrepreneuriale était pour moi une évidence.

Aujourd’hui mon métier est passionnant, développer la marque, créer et gérer une équipe. La mode est quelque chose de génial ! J’ai toujours aimé les vêtements élégants, de belle qualité mais rien ne me prédisposait à créer une ligne de vêtements… mes grands-parents étaient éleveurs de chevaux !

Vous dirigez Vicomte A. avec vos frères Marcy et Bertrand, votre père y est également investi, est-ce que votre vision familiale de l’entreprise est un plus pour vous ?

Oui c’est un réel plus, principalement en termes de confiance… Il m’a parfois été difficile de décrocher des stages pendant mes études et je pars de l’idée qu’il ne faut pas trop compter sur les autres pour réussir. C’est important  de savoir que nous pouvons compter les uns sur les autres et nous essayons d’insuffler cet esprit à l’ensemble de nos salariés. C’est une de nos forces ! Dans ma famille, nous sommes tous entrepreneurs, chacun a sa structure, sa société, nous nous entraidons beaucoup les uns les autres et c’est essentiel pour moi.

Aujourd’hui, Vicomte A se développe de plus en plus à l’étranger, vous ouvrirez le 15 novembre une boutique à New-York, c’est un symbole. L’avenir de la marque se joue-t-il désormais en dehors de nos frontières ?

Nous continuerons à ouvrir en France bien sûr, mais nous allons beaucoup investir à l’étranger, comme énormément de sociétés françaises actuellement ! Si nous voulons nous développer, nous sommes obligés d’aller investir ailleurs sur de nouveaux marchés qui seront autant de relais de croissance pour nous. C’est ce qui a fait de l’international une de nos priorités.

Les jeunes entrepreneurs ont peur de créer leurs entreprises en France.

Vous voyagez beaucoup pour développer votre marque, la France attire-t-elle encore des jeunes entrepreneurs dans le monde ?  

Il y a beaucoup de français entrepreneurs, le français a un caractère assez culotté et ça aide pour entreprendre ! A l’étranger je rencontre des jeunes qui ont quitté la France pour créer leur entreprise et faire leur vie. Ils sont souvent nostalgiques de cette France qui attirait talents et entrepreneurs ! Au regard de la situation actuelle, les jeunes entrepreneurs ont peur de créer leurs entreprises en France. Beaucoup risquent de partir créer des richesses loin de nos frontières ! Je pense sincèrement qu’aujourd’hui les jeunes n’ont pas  trop envie de se lancer en France quand ils voient les difficultés du parcours. Déjà en 2005 ce n’était pas facile, alors actuellement ça devient très compliqué que ce soit pour créer des entreprises ou en assurer la pérennité.

Envisagez-vous de partir à l’étranger pour payer moins d’impôts ?

Non parce que j’ai toute ma société et mes équipes en France et puis Paris reste malgré tout la capitale de la mode dans le monde ! Nous sommes très contents d’être ici !

Que conseilleriez-vous à un de nos lecteurs qui voudrait, comme vous, créer son entreprise et la développer à l’international ?

Tout est possible, ce n’est qu’une question de volonté, de conviction et de détermination ! Il faut être ambitieux, ce n’est pas impossible de créer en France aujourd’hui, même si c’est extrêmement difficile… Il faut y aller ! Nous disons tout le temps que c’est la crise, à mon avis ça le sera encore pendant plusieurs années, il faut donc s’adapter et se battre ! Retrousser ses manches et faire l’inverse de ce qu’on nous dit tous les jours, c’est-à-dire penser à ses RTT, à ses avantages acquis, à ses vacances… Tout est possible, mais il faut oser, y aller et se battre !

Aujourd’hui Vicomte A. c’est près de 16 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont plus de 15% à l’export grâce à une distribution dans plus de 44 pays.

Interview réalisée par Benoît GALLAND

www.vicomtea.com

 Vicomte A

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