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Interview : Le marathon joyeux de Sarah W Papsun

Interview : Le marathon joyeux de Sarah W Papsun

Fiers de leur album Marathon fraîchement sorti en avril dernier, Guillaume et Sylvain, respectivement batteur et chanteur du groupe electrorock Sarah W Papsun, nous ont offert une belle rencontre en marge des 24 heures de l’INSA.

Sarah W Papsun

NY : Il semblerait que votre nom de groupe vienne d’une correspondante que vous aviez étant plus jeunes… Est-ce que vous pourriez nous en dire plus ?

Guillaume : Exact, en fait c’est ce qu’on appelle un «ami-crayon», pen friend, quand on avait douze-treize ans. À l’époque, ça se faisait, maintenant évidemment avec Internet, ça n’existe plus. Mais c’était l’idée de correspondre avec des gens soit en Angleterre, soit aux États-Unis. Donc Sarah Papsun c’était notre amie crayon. On a pris ce nom là, pour lui usurper son identité et lui rendre hommage. C’est grâce à elle aujourd’hui qu’on parle anglais.

NY : Et elle est au courant de ça ?

Sylvain : Ouais!
Guillaume : On a un procès sur la gueule… On aime bien se mettre dans la merde.

NY : (rires) Vous êtes toujours en contact ?

Guillaume: Oui, toujours!

NY : Le jour, vous avez tous des métiers plus ou moins « normaux », du type prof de maths. Comment vous gérez cet écart entre la musique et une vie professionnelle plus stable?

Sylvain: C’est des plannings très compliqués. Ça demande beaucoup d’organisation. Mais après, ça nous donne une grande liberté pour choisir nos dates et faire ce qui nous plaît vraiment. Aujourd’hui, on n’est pas dépendants financièrement de la musique. Donc ça nous laisse vraiment pas mal de liberté.
Guillaume : Oui, et puis surtout chacun a des métiers et des flexibilités différentes. Certains peuvent poser des RTT, d’autres non, certains sont là le week-end, d’autres pas … Pour les répétitions et tout, c’est assez compliqué. Mais c’est vrai qu’on ne conçoit pas que la musique puisse être notre seul métier.

NY : Vous avez récemment fait un live sur la scène du Petit Journal, qui a beaucoup plu. Qu’est ce que vous pensez de la fin du Petit Journal et du départ de Yann Barthès ?

Guillaume : Apparemment, ils gardent l’émission, mais avec un autre présentateur… Il n’y a pas de raisons que ça soit moins bien, je pense qu’il vont plus ou moins garder la ligne qu’on connait. Après, Yann Barthès sur TF1, il doit avoir certains intérêts à y aller. Et je pense qu’il va continuer à produire LPJ ! Le changement c’est bien pour tout le monde, et même pour le public. Ça va ramener d’autres choses.

Sarah W Papsun - LPJ

Le groupe lors de leur passage au Petit Journal le 4 avril dernier.

NY : En parlant de changement, Sylvain tu n’as pas toujours été le chanteur de Sarah W Papsun. Pourquoi ce changement de formation, et comment est-ce que ça s’est passé?

Sylvain: Ça s’est bien passé. On s’est séparés d’un commun accord avec l’ancien chanteur Erwan, qui a plein de talents, et notamment celui d’être écrivain. Aujourd’hui, il a préféré se consacrer à ça. C’est vrai que faire un album, en ayant un boulot et en plus une autre passion comme l’écriture, c’était vraiment dur pour lui. Moi je faisais déjà des voix et je composais un petit peu, donc on n’a pas vraiment recherché quelqu’un. On a commencé à composer un nouvel album sans Erwan, avec  moi un peu au chant, et ça s’est fait assez naturellement. Et je suis très content de ça. Il vient nous voir assez régulièrement : il est venu nous voir jouer au Trabendo, à Paris. Il était là, c’était cool, on était super contents de partager ce moment avec lui.

NY : Ce soir, vous allez jouer devant un public qui est majoritairement étudiant, est-ce que pour vous c’est un ressenti différent ?

Guillaume : Ça veut dire qu’on est vieux ? (rires) Ça dépend, c’est vrai que sur des configurations comme ça, sur des festivals étudiants, ce qui est génial c’est que notre musique est festive, donc on a un public festif quoi. Il y a une vraie relation avec le public, et nous on adore. D’ailleurs, on fait de la musique pour ce public là. Jouer dans des salles parisiennes devant des critiques rock, ça nous emmerde un peu tu vois. On est ravis d’être là, et on est prêts à en découdre avec le public !
Sylvain: Les étudiants sont un super public, vraiment. Ils sont à l’écoute …
Guillaume : C’est les meilleurs !
Sylvain: Ouais, ils sont là pour faire la fête, pour écouter de la musique, et vraiment partager. Sans avoir ce sens critique du public parisien qui, effectivement, est un peu plus difficile parfois, et un peu plus âgé aussi. Et on est vraiment dans un esprit festif, et ça on adore.

NY : Vous avez d’ailleurs été confronté à ce public parisien un peu plus critique en 2008 pour le Fallenfest. Vous en gardez quel souvenir ?

Guillaume : Un bon souvenir forcément, parce que ça a été constructif. Je pense que sans le Fallenfest on n’en serait pas là aujourd’hui. La musique n’était pas du tout un truc professionnel pour nous à l’époque. C’était vraiment un hobby. Et il y a ce truc là, auquel on a participé, un peu par hasard. On s’est retrouvés à gagner ce tremplin. Et c’est ce qui nous a fait découvrir les grosses scènes. On a joué à la Cigale, au Trabendo etc… Et c’est là qu’on a pris conscience que finalement, c’était sympa de pouvoir faire ça devant des plus grosses scènes que dans des bars. Donc c’est là qu’on s’est mis à travailler encore plus. Évidemment, c’est un super souvenir.

Sarah W Papsun 2

NY : Est ce que vous pouvez me citer un artiste ou un album que vous avez particulièrement aimé en 2016 ?

Sylvain: Moi, le dernier album de Brodinski, qui est passé presque totalement inaperçu. Mais je crois qu’il est sorti plutôt fin 2015. Il est allé chercher des mecs du hip hop, des vieux gars, il a enregistré ça aux États-Unis, en gardant sa base électro à lui. Et j’ai trouvé que le mélange était ultra novateur et j’ai adoré cet album, qui est pas facile d’accès mais qui se laisse appréhender après trois-quatre écoutes. C’était ma dernière petite pépite découverte, c’est vrai que c’est assez compliqué, mais c’est un artiste que j’adore. En se plongeant là dedans, moi j’ai bien aimé. Après, en 2016, je sais pas Guillaume si tu en as d’un peu plus récents…
Guillaume : Bah, 2016, ouais si forcément il y en a beaucoup … J’ai bien kiffé le dernier The Shoes. Et sinon à l’international… A vrai dire on n’écoute pas trop de musique (rires). J’ai kiffé le dernier Prince, super album…

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Brava, le dernier album de Brodinski, sorti le 2 mars 2015 sur le label Parlophone France.

NY : Et du coup c’est quoi la suite pour vous ?

Sylvain: Là, on va continuer à promouvoir notre album sur scène, puisqu’on est avant tout un groupe de scène.
Guillaume : L’album vient de sortir… La tournée démarre tout juste !

marathon

Marathon, dernier album de Sarah W Papsun, sorti en avril 2016.

Sylvain : La tournée démarre, on va continuer à tourner, on va se remettre à composer assez vite un troisième album je pense. Et puis parfaire notre live : on aime bien changer des trucs en cours de tournée. Notre live, en fait, il dure à peu près une heure aujourd’hui, et on s’arrête pas entre les morceaux, il y a des transitions dans lesquelles on aime bien venir retirer des trucs, en rajouter, changer en fonction du public aussi et de notre ressenti sur scène. C’est un truc qui se travaille un peu au long cours comme ça. On va prendre du plaisir à défendre cet album sur scène.

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