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Julien a refusé l’ASSE : voici sa vision de la formation à la française

Julien a refusé l’ASSE : voici sa vision de la formation à la française

NewsYoung a rencontré Julien Tribehou, jeune lycéen de 19 ans à Versailles. A 14 ans, il effectue un stage de deux semaines à Saint-Etienne, avec d’autres jeunes talents. A la fin de ces deux semaines intensives, on lui propose d’entrer au centre de formation de l’ASSE, un des plus prestigieux clubs français. Julien refuse. Voici son témoignage, son explication, sa vision des jeunes footballeurs français et son avis sur l’ASSE d’aujourd’hui.

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Julien avec Gaël Danic, après Valenciennes – Saint Etienne

Bonjour Julien, je vais d’abord vous demander de vous présenter à nos lecteurs.

Bonjour, je suis Julien Tribehou, j’ai 19 ans et je suis actuellement en terminale. Le football a toujours été ma passion, au quotidien. J’en ai pratiqué onze ans si mes souvenirs sont bons, d’Eragny jusqu’à Versailles. J’ai arrêté le foot en club il y a trois ans et j’ai toujours supporté l’AS Saint-Etienne. Je jouais principalement attaquant de pointe.

Vous avez donc effectué un stage dans votre club de coeur…

Oui, effectivement, j’ai fais ce stage à Saint-Etienne il y a environ cinq ans, j’en avais alors quatorze. Il s’agissait d’un stage de deux semaines vraiment efficace et utile pour progresser dans tous les domaines.

Que s’est-il passé à la fin de ce stage pour vous ?

A la fin du stage, les entraîneurs sont venus me voir en me disant qu’ils étaient intéressés par mon profil d’attaquant. Ils voulaient savoir si je voulais passer à l’étape supérieure avec eux : rejoindre le centre de formation pour ainsi encore et encore progresser.

Votre réflexion quand à la réponse à donner fut-elle difficile à élaborer ? 

Effectivement, elle a été très difficile pour moi. A cette époque, j’avais des problèmes familiaux, je ne voulais pas abandonner mes parents. J’ai privilégié ma famille à ma passion. J’ai refusé, alors que j’aurais bien voulu progresser, me découvrir pour voir jusqu’ou j’aurais pu aller, et évidemment, allez jouer avec les pros.

 On ne sait jamais ce qui nous attend quand on rentre dans un centre de formation.

Vous vous imaginez aujourd’hui si vous aviez accepté cette offre ?

Tout d’abord, sans ces problèmes, il est évident que j’aurais accepté. Mais, on ne sait jamais ce qui nous attend quand on rentre dans un centre de formation. On ne sait pas vraiment si on a le niveau des autres ou comment vont se dérouler les choses. Donc aujourd’hui, j’ai des regrets d’avoir refusé, mais je ne suis pas non plus malheureux, bien au contraire.

L’éducation joue un rôle aussi important que le sportif.

Si cette offre vous parvenait aujourd’hui, votre refus serait-il tout aussi catégorique ?

Aujourd’hui, c’est une tout autre chose. Je ne joue plus au football en club, j’ai une copine, je me construis un peu mon avenir, à 19 ans, même si devenir footballeur était un rêve de gosse. Cela dit, si j’avais continué le foot et que, dans le contexte d’aujourd’hui, on me re-proposait d’intégrer un centre de formation, je dirais oui. Je ne suis plus dans le même contexte qu’il y a cinq ans. De plus, je trouve que les équipes de football font de plus en plus confiance à leur centre de formation. Par exemple Lyon, qui financièrement était mal l’an dernier, des salaires élevés et un recrutement mal maîtrisé ont fait qu’aujourd’hui, des jeunes tels que Nabil Fékir ou Yassine Benzia se mettent en avant, avec plus ou moins de réussite pour certains. Je dirai aussi pour finir que l’éducation joue un rôle aussi important que le côté sportif chez un jeune pour l’ambiance dans un vestiaire et avoir un bon contact avec le staff et son entraîneur.

Vous qui avez côtoyé de jeunes footballeurs très talentueux, partagez-vous la réflexion de Leonardo Jardim, entraîneur de Monaco, selon laquelle les jeunes footballeurs français sont indisciplinés ?

Personnellement déjà, je pense qu’un jeune talentueux est trop vite mis en avant par les médias, qui annoncent une future pépite. Je pense que ce jeune va vite avoir la grosse tête et être indiscipliné. A cause de ces médias, on attend de ces jeunes qu’ils se surpassent, et la moindre erreur leur est fatale, ces mêmes médias se retournant contre eux. Je pense notamment à des jeunes comme Florian Thauvin ou Paul-Georges N’Tep. En tout cas, avec tous les jeunes que j’ai rencontré, on ne peut pas faire une généralité sur tous les jeunes footballeurs français. Tout dépend aussi de l’encadrement des jeunes, de leur adaptation et de l’ambiance dans le groupe.

Une question « légère » pour finir, vu les soucis offensifs de Saint-Etienne en ce moment, avez-vous d’autant plus de regrets ?

Je pense que « Sainté » a surtout besoin d’un guerrier devant. Ils ont de bons attaquants, de bons ailiers, mais il manque une volonté cette année, ce qui est peut-être dû à la fatigue. Mais c’est vrai que j’ai toujours un petit regret d’imaginer que j’aurais pu marquer dans ce nouveau stade ! (rires) Mais bon, il ne faut pas rêver…

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Etudiant en information-communication|Rédacteur sur l'actualité sportive, sport-business

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