Salut ! Salut !

La tyrannie a failli frapper à notre porte

Politique / Récents / 13 mai 2017

Le 23 avril 2017 avait un infâme goût de déjà-vu. Et il était  impossible de ne pas faire le parallèle entre cette date désormais fatidique et le 21 avril 2002, jour où Jean-Marie Le Pen, l’homme politique le plus vil de notre histoire depuis Pétain, à accédé au second tour de l’élection présidentielle face à Jacques Chirac avec 17% des votes.

Cette onde de choc d’une extrême gravité avait littéralement redéfini le paradigme politique et entraîné une vague de contestation encore inédite à cette époque. Aujourd’hui encore, les événements du 21 avril hantent les esprits, sauf qu’à la différence d’il y’a 15 ans, alors que le peuple avait juré « Plus jamais ça ! », la tyrannie et l’ostracisme sont devenus une part intégrante de notre environnement politique et social.

Effectivement, à l’issue du premier tour de ce qui est considéré comme l’élection qui allait  déterminer réellement l’avenir de notre pays, de l’Europe et voire même du monde entier, deux noms sortaient qualifiés pour cette finale : le centriste Emmanuel Macron et la frontiste Marine Le Pen, avec respectivement 24.01 % et 21.30 % de votes.

21.30 %. 4.3 points de plus. Soit près de 3 millions de votants que la fille a eu de plus que le père. Le 21 avril 2002, qui aurait pu n’être qu’une sombre tâche de l’histoire, resurgissait brutalement pour cette fois, terroriser la nouvelle génération. Pour la seconde fois de son histoire, le Front National s’était frayé un chemin aux portes du pouvoir avec cette fois un record sans précédent, et la menace de détruire le modèle néo-libéral français.

Macron vs.Le Pen ou le signe de la fin des temps actuels et du début d'une nouvelle ère en politique.

Macron vs.Le Pen : le duel ayant signé le début  de la fin des temps actuels et du début d’une nouvelle ère en politique.

Depuis le Brexit, l’élection de Donald Trump aux États-Unis, la Pologne, la Hongrie et encore plus récemment l’accession aux pleins pouvoirs du président Erdogan en Turquie, l’idée d’imaginer le FN accéder au pouvoir en France n’était plus un scénario digne de sciences-fictions, mais une éventualité de plus en plus possible grâce à l’impact exponentiel que Marine Le Pen a eu sur le peuple français. Elle a su toucher les classes sociales déçues du système et réussi à assainir la rhétorique de son parti tout en fustigeant ad nauseum, sur son passage, les médias, l’immigration, le globalisme, l’Union Européenne, les magistrats, le multiculturalisme, les faits historiques et tant d’autres.

Une dédiabolisation ayant  porté ses fruits avec comme angles d’attaque, un mépris à peine voilé pour les fondamentaux démocratiques, une condescendance envers le journalisme qu’elle accuse de parti pris libéral et une banalisation du sentiment anti-immigré, justifiée par les clivages sociaux de plus en plus larges, les résultats fumeux des précédents gouvernements tant à gauche qu’à droite et la désignation d’un ennemi responsable de tous les maux du pays. Cette stratégie d’endoctrinement des masses s’est avérée payante, à un point tel qu’à l’âge de 48 ans, la fille cadette de Jean-Marie Le Pen a failli être en passe de devenir la première femme présidente de l’histoire de France et l’architecte de la destruction de la mondialisation.

Le 7 mai, résultat du second tour,  en a donc décidé autrement avec la victoire retentissante d’Emmanuel Macron à 66.01 % des voix. La frontiste, ayant cependant échoué à passer la barre des 40% avec un score de 35.9 %, à vu sa défaite accroître son nombre de votants : près de 11 millions d’électeurs ont glissé le nom de Marine Le Pen dans l’urne. Un nombre que le patriarche de Montretout n’aurait jamais pu espérer, lui n’ayant pas dépassé les 20% en 2002.

Même si la nette victoire d’Emmanuel Macron à été saluée unanimement dans le monde, voyant la France comme le dernier rempart libéral ayant résisté à la vague populiste, il demeure le fait que ce courant est encore prégnant et aujourd’hui fort d’une audience qu’on compte en millions, ne cessant de croître, élection perdue après élection perdue.

Un tel résultat trouve ses réponses évidemment dans les nombreux actes manqués déplorés sous Sarkozy et Hollande, dont les mandats peuvent malheureusement parler d’eux-mêmes : le 49-3 pour faire passer l’impopulaire Loi Travail, Hadopi, 600 milliards de dettes supplémentaires, la défiscalisation des heures supplémentaires, le secteur de l’agriculture au bord de la ruine, la tentative de déchéance de nationalité, et également dans les nombreux actes de terrorisme dont le pays a été victime depuis janvier 2015 et encore le 21 avril dernier avec la mort d’un policier lors d’une fusillade revendiquée par DAESH sur les Champs Élysées.

L’austérité et le chômage toujours prédominants avec 3,8 millions de demandeurs d’emploi, en dépit d’améliorations conjoncturelles notables comme l’augmentation des bourses étudiantes et une croissance de notre économie repartie à la hausse (selon le cabinet Markit qui indique 57.4, face à l’Allemagne qui réalise 56.3), ont corroboré une frustration grandissante dans l’électorat français, rejetant les partis traditionnels pour donner leurs voies à une nouvelle vision.

Le dynamique ex-ministre de l’économie, inquiète aujourd’hui président élu qu’il est, à cause du flou autour de ses capacités à gouverner et à constituer une majorité. La population demeure méfiante envers les facultés de l’ancien employé de Rotschild de 39 ans, il était  important de réaliser ici les enjeux de cette élection.

Marine Le Pen prônait une sortie de l’UE. En sortir afin de rétablir le Franc est, selon un rapport publié par Contrepoints qui fait état d’une dette publique de 1 300 milliards d’euros, un risque qui dévaluerait de 30 % notre nouvelle monnaie et exposerait l’insolvabilité de nos finances. Une insolvabilité qui précipiterait la France dans un marasme sans précédent et entraînerait de facto l’annihilation de l’union avec dans sa chute, celle des pays demeurant dont les économies pourraient s’effondrer.

Ajoutons à cela le fait que la France ne dispose pas de la souveraineté monétaire. Sa dette est en partie due à l’étranger. Se soustraire de l’euro contraindrait à allonger les temps de remboursement, ce qui, aussi, nous aurait fait plonger.

La candidate, en termes d’immigration, proposait une limitation des entrées sur le territoire à 10 000 par an, une abrogation du regroupement familial, une suppression du droit du sol et de régularisation des clandestins. Une succession d’idées riches et totalement inadaptées en considération du fait que la crise migratoire au Moyen-Orient est actuellement la plus grave du siècle et que limiter les entrées et l’accès reviendrait à non seulement fermer les yeux sur une situation créée en partie par la communauté internationale, les chefs d’état meurtriers de leurs propres concitoyens et l’interventionnisme américain, mais à revenir sur le fait que la France observe une arrivée de 200 000 immigrés par an, dont un quota de 60 000 étudiants. Un fractionnement de ce style serait impossible à réaliser sachant que cette proposition aurait violé la Convention de Genève sur les réfugiés et immigrés, qui est un traité international de protection humaine.

Et pour réellement réaliser pourquoi la défaite de Mme Le Pen a sauvé nos intérêts, et en même temps ceux du monde entier, faut-il réellement que j’ajoute le fait que le parti qu’elle représentait a été créé par un des pires démagogues de la politique ? Faut-il également que je parle du fait qu’elle a actuellement minimisé le rôle du régime de Vichy dans la Rafle du Vél D’Hiv ?

Dois-je également ajouter le fait que parmi ses nombreux collaborateurs se cachent d’anciens membres de groupuscules néo-nazis et antisémites comme par exemple Frédéric Chatillon, ex-membre du GUD, conglomérat anti-sioniste d’extrême droite ?

Dois-je également rappeler que son nom est également cité dans six affaires judiciaires, dont trois concernant ses finances douteuses, a savoir respectivement la sous-évaluation de son patrimoine, un remboursement de près de 300 000 euros au Parlement Européen (dont elle est soupçonnée du détournement), une escroquerie via son micro-parti ayant permis le financement frauduleux de ses campagnes de 2011 et 2012 ?

Dois-je également évoquer le fait que son parti a bénéficié de financements par des établissements russes ? Selon un exposé issu par Mediapart, la First Czech Russian Bank a octroyé un prêt de 9 millions d’euros. Ce n’est rien, me direz-vous, les États-Unis font affaire avec l’Arabie Saoudite, un des régimes les répressifs sur Terre,  mais un détail : une pseudo-nationaliste voulant se détacher des affaires internationales et qui accepte de l’argent d’un pays étranger, qui plus est un pays où faire enfermer ses opposants politiques et faire disparaître des journalistes est une norme, s’avère être le comble de l’hypocrisie. Mener par l’exemple, ça n’est pas son fort du tout.

Au Parlement Européen, ou elle possède encore  un siège d’eurodéputée, elle est visée dans une enquête de fraude concernant 17 députés FN à hauteur de 5 millions d’euros et qu’elle n’a voté AUCUNE motion concernant le terrorisme prônée par ce même conseil qui la paie 101 800 euros et lui alloue un staff annuel payé 340 000 euros, selon le New York Times.

Marine Le Pen proposait a la manière d’un Trump et son « Buy American, Hire American » d’acheter français et consommer français afin de redynamiser le commerce, surtout alimentaire, et relancer l’agriculture. En venir à cette logique sachant que nous sommes le 4ème exportateur de nourriture au monde, que nos chocolateries dépendent de la Côte D’Ivoire, premier fournisseur mondial de cacao et que notre PIB est corrélé avec l’import/export, aurait été un acte d’inconscience.

Limiter ces apports aurait incité à faire chuter la France dans le classement des puissances mondiales et engendré une véritable crise pour les exportations et sociétés d’import, qui pourraient nous restreindre.

D’ailleurs, ce que Mme Le Pen oubliait  de mentionner est que la robotisation et l’automatisation des professions sont, à en croire une étude publiée par The Economist, davantage responsables des crises dans les secteurs agricoles et agro-alimentaires et que concernant les achats à l’étranger, la France doit en dépendre pour subsister.

N’oublions pas évidemment que jouer sur le biais des médias afin de justifier sa présence et surtout remettre la légitimité des organes d’information revient également à piétiner la liberté de la presse et d’expression dans un monde désormais nourri aux théories conspirationnistes, au négationnisme et au rejet des faits. Mme Le Pen n’avait jamais caché son dédain pour les médias jugés corporatistes, complotistes et contrôlés, selon de nombreux supporters adeptes de la consultation de sites alternatifs pourtant répertoriés comme non factuels par une enquête réalisée par Le Monde en 2017 via la société de fact-checking Les Décodeurs. 600 sites sur le Web français abondent les pages Facebook de nombreux supporters FN tels que Nordpresse (un site parodique), Dernières Nouvelles Du Dragon, Breitbart et Nouvel Ordre Mondial.

Cette haine envers les médias traditionnels à été tristement rendue publique par l’arrestation le jour des résultats du premier tour du photojournaliste Jacob Khrist, alors qu’il reportait les affrontements entre pro et anti FN à Hénin Beaumont, pierre angulaire du FN en France. Une mise en garde à vue de 24h pour « actes de rébellion » au pays fondateur des Droits de l’homme. Le jour des résultats du second tour, de nombreux grandes rédactions furent blacklistées de la soirée du FN. Franchement ?

Une haine des médias dont le camp Fillon a également joué à outrance lors du minable Penelope Gate. La campagne présidentielle française à montré les ravages de la répudiation médiatique avec des journalistes pris à parti et invectivés autant par les supporters que certains candidats. Ce genre de dérive autoritaire est intolérable pour des personnes cherchant à représenter 66 millions de personnes.

Cependant, la matérialisation d’une présidence Le Pen qui, derrière son discours taillé au millimètre près pour ne pas laisser transparaître le poison vicieux de l’isolationnisme, la démagogie, et l’autoritarisme ainsi que  la volonté de mettre fin a nos institutions, aurait signé  l’avènement d’une ère dystopique pour le pays de Marianne et ses enfants.

Dans une France que l’on se plaisait à appeler Terre D’Asile, l’intolérance devient notre amie, l’ennemi est désormais la différence. Une intolérance qui pollue encore l’atmosphère mais qui a échappé à l’Elysée. On a repoussé la créature et sa cour du désastre. On a empêché la France de sombrer dans la dérive. Pour le moment mais pour encore combien de temps ?







Moïse Mensah




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1 Comment

on 31 May 2017

Bof je trouve cet article un peut trop virulent et clairement diabolsateur. De plus vous véhiculez sans grande originalité une pensée largement répandue avec tout au plus une agressivité et une exagération propre à notre jeunesse. Ne cherchons pas à nous distinguer par des paroles plus crues qui ne font que décrédibiliser l’expression des jeunes dont je fais partie.



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