Salut ! Salut !

L’Acouphène #5 | Bastille – Wild World

Culture / Récents / 23 septembre 2016

D’un monde à l’autre

 (l’écoute de l’album est vivement conseillée pendant la lecture)

C’est le 9 septembre que Bastille publia Wild World ; le deuxième album studio du célèbre groupe britannique d’Indie Pop (« pop indé » pour les puristes). Cet album regroupe un ensemble de 14 titres, 19 dans sa version complète. En conservant son style électro-pop le groupe sort un album rongé par l’angoisse et la peur, noyé dans un monde déchaîné.

Il est difficile de ne jamais avoir entendu parler de Bastille, notamment après le succès planétaire du single de leur premier album : « Pompeii ». Le groupe est formé à Londres en 2010, d’abord le projet solo de Dan Smith, avant de devenir celui que l’on connaît maintenant. Anecdote du jour pour briller en soirée mondaine : le nom de Bastille est dérivé de la fête nationale du 14 juillet, aussi l’anniversaire du leader du groupe. Leur premier album Bad Blood, paraît en mars 2013 et atteint le top des charts du Royaume Uni. C’est après la diffusion de plusieurs singles au cours de l’année 2016 (« Good Grief » ou « The Currents ») qu’est finalement publié l’album Wild World, trois ans après Bad Blood.

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Musicalement parlant, Bastille réussi à évoluer tout en conservant le style électro-pop qui a fait la recette de succès et le plaisir des oreilles de leurs fans. La voix emblématique de Dan Smith, des percussions très marquées, les chœurs, prises de sons divers et parties parlées ; en bref, tous les éléments du Bastille des grands jours. La nouveauté de cet album est l’omniprésence de la  guitare électrique, acoustique ou un subtil alliage des deux. Alors que ce virage stylistique les rapproche de groupes à la mode tels que Coldplay ; Bastille garde son indépendance musicale, dans son approche musicale dite « émotionaliste » caractérisée par des refrains entraînants dans lequel la mélodie et les percussions imitent et subliment les émotions exprimées dans les paroles.

Bastille au travers de ce nouvel album, transpose son lyrisme apocalyptique de la mythologie dans Bad Blood au monde d’aujourd’hui. Alors que des chansons de leur premier album telles que « Pompeii » ou « Icarus » puisent leur puissance dans des drames historiques et mythologiques, les thèmes abordés dans cet album sont bien plus actuels. Loin des vérités universelles des récits de l’antiquité, on retrouve dans cet album le désir d’échapper aux remous de la bêtise humaine (« The Currents ») au doute (« An Act of Kindness »), en passant par le manque d’un être cher (« Good Grief ») ou même le conflit existentiel (« Two Evils »). Seul l’amour, non exempt de souffrances, apparaît comme une échappatoire, une sorte de paradis artificiel (« Warmth »). Face à des auditeurs toujours plus sensibles à la mélodie et au sensationnel, Bastille essaie dans cet album de guider ses fans vers le message plus profond de ses textes à l’aide de courts extraits parlés (« Warmth »).

En résumé, Bastille réussit à conserver son univers musical sans stagner pour autant. La perspective bien plus actuelle de leurs thèmes et de leurs paroles rend l’album bien plus riche que le précédent. Que vous soyez un fan de la première heure affamé par une attente interminable ou un auditeur curieux, cet album n’a pas fini de vous surprendre.






Eliott Kalfon
Etudiant à Sciences Po




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