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Le FN rit, l’UMP est déçue, le PS pleure

Le FN rit, l’UMP est déçue, le PS pleure

Tout d’abord, je tiens à rappeler que je n’ai pas comme objectif d’imposer mon point de vue sur cet événement politique. Vous êtes bien sur libre de ne pas être d’accord.

Nous sommes le lundi 26 mai. Au lendemain des élections, les unes des journaux, tant français qu’étrangers, affichent le large sourire de Marine Le Pen. Elle est la grande gagnante des élections européennes. Certains la qualifient même de leader du « premier parti de France ». D’autres, comme pour se consoler, voient le verre à moitié vide, et constatent que sur la totalité des députés européens français à Bruxelles, le tiers « seulement » seront aux couleurs du FN.

Mais pourquoi le FN, qui a quadruplé son score à ces élections depuis les précédents élections européennes est-il arrivé en tête cette fois-ci ? On parle de la crise, de la désespérance des français, la mode est de remettre en cause la politique actuelle menée par le gouvernement. Le PS s’est effondré, et dans sa chute, rappelle douloureusement à ses militants Avril 2002. L’UMP se déchire toujours plus en pleine affaire Bygmalion, les cadres du parti se tirent dans les pattes : on se renvoie tour à tour la faute.

On aime ou on n’aime pas le FN, il n’y a pas de paliers. Ceux qui sont anti-FN parlent de dégoût. Les qualificatifs sont forts. Mélenchon était hier soir au bord des larmes et demandait à la France « de se ressaisir et de ne pas se laisser faire ».

Il n’y a pas de secret : si le Front National a su se démarquer, c’est tout d’abord grâce à la forte mobilisation de ses militants. Une chose que, mis à part peut-être l’UDI, les autres partis n’ont pas su enclencher. Aujourd’hui, militants PS et UMP sont perdus. Les mots qui reviennent sont « politique vieillotte » et « tous pourris ». « Tous pourris » dites-vous ? C’est ce qu’affirme constamment Marine Le Pen. Par regroupement, les déçus des « partis traditionnels » rejoignent le FN. D’autres, n’hésitent pas à s’affirmer ouvertement « racistes » et d’affirmer que le FN correspond à leurs convictions. Enfin, les électeurs sont aussi des anti-alternance. Marre de « l’UMPS » ! « C’est les mêmes depuis 30 ans, aujourd’hui, il faut changer ! ».

Ce n’est dans un sens pas faux. Depuis quelques années, le parti prend de l’ampleur. Les sièges ont parfois du mal à être distribués et il manque des représentants du FN. Afin de redorer son image, le parti des Le Pen confie des villes à des jeunes : ceci afin de montrer qu’être adhérent FN, c’est tendance. Mis à part les piliers du parti comme Collard, Aliot, Philippot et Le Pen père (85 ans tout de même !) et fille, les jeunes sont là. Marion Maréchal Le Pen, 24 ans, en est presque la « représentante ». D’après Le Monde, le FN n’a d’ailleurs jamais fait un aussi bon score chez les jeunes. On parle de 30% des moins de 35 ans qui auraient voté « bleu marine ».

Et puis… sur le fond, le FN est, disons-le, celui qui s’est le plus impliqué dans ces élections. Le PS était trop occupé à recoller les morceaux et à tenter de reconquérir ses militants, déçus par la politique du pouvoir. L’UMP est en pleine implosion. On qualifie de « survie », l’état du parti. L’UMP n’a jamais clarifié les dépenses obscures. L’UMP n’a jamais su se donner un axe de politique. L’UMP est, depuis la défaite de Sarkjozy, divisée en deux clans, qui se font la guerre. Quelle envie d’aller voter pour des partis, qui pour l’un déçoit, et qui pour l’autre a déçu et déçoit encore ?

Pendant que l’UMP et le PS se renvoyaient la balle quant à l’état de la France, le FN, lui, a discrètement mais surement commencé à conquérir les esprits. Aujourd’hui, on ne vote plus FN parce qu’on n’aime pas les juifs ou les musulmans. Maintenant, voter FN, c’est une manière de sanctionner les politiques européennes menées jusqu’à présent. Un carton rouge, en sorte. Marine Le Pen a réussi son travail de dédiabolisation qu’elle mène depuis son accession au parti. Aujourd’hui, si certains hésitent encore à parler de « premier parti de France », d’autres veulent désormais parler d’un parti « comme les autres ».

Aujourd’hui, l’UMP, le PS, le Front de Gauche ou Europe Écologie les Verts devront entamer un travail de reconquête des électeurs. Ils ont perdu la confiance des Français et doivent la regagner absolument. Il en va de leur survie et pour certains, de la survie du pays.

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