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[Bénin] : Le « mercredi rouge » et la révision de la constitution

[Bénin] : Le « mercredi rouge » et la révision de la constitution

Le mercredi rouge est un mouvement qui a débuté au Bénin le 17 Juillet 2013 et lancé par l’organisation « Alternative citoyenne ». Tous les mercredis, plusieurs béninois s’habillent en rouge pour montrer leur désaccord à l’encontre de la révision de la constitution du 11 Décembre 1990. Une chemise rouge, un T-shirt, un foulard, une casquette, tous les moyens sont bons pour suivre le mouvement.

Discuté à l’Assemblée nationale depuis le 6 juin 2013, ce projet de révision de la Constitution (1990) prévoit :

– La création et la constitutionnalisation de la Cour des comptes

– L’institutionnalisation de la Commission électorale nationale autonome (CENA)

– L’imprescriptibilité des crimes économiques

Pour les antirévisionnistes, la révision de la constitution permettrait à Boni Yayi, chef de l’Etat béninois, de se représenter en 2016… lui qui avait pourtant répété plusieurs fois devant Benoit XVI, une grande partie de la presse internationale et devant ses pairs présidents qu’il n’envisageait pas de briguer un troisième mandat.

A travers une déclaration, le Clergé catholique s’est dit contre le projet de révision de la constitution. Une position que l’Union Islamique du Bénin n’a pas tardé à critiquer dans sa déclaration sur la situation nationale du pays. Dans son communiqué, l’Union Islamique du Bénin a apporté son soutien au projet de révision de la constitution. Cependant, dans un autre communiqué, la commission de réflexion pour l’unité de la communauté islamique du Bénin s’est désolidarisée de la déclaration faite par l’Union islamique du Bénin. On pourrait se demander si la religion n’est pas instrumentalisée à des fins politiques.

Egalement contre la révision de la constitution, Nicéphore Soglo, ancien président (1991-1996) et actuel maire de la ville de Cotonou. Il a expliqué que le Bénin est à un niveau de maturité tel qu’il ne faut plus qu’il tombe aussi bas que certains pays voisins. Selon lui, le processus de révision de la constitution est un précieux sésame qui doit être ménagé avec dextérité si l’on ne veut pas vivre l’expérience de certains présidents comme Abdoulaye Wade du Sénégal ou Mamadou Tandja du Niger.

Pour les pro-révisionnistes, l’initiateur du mouvement, Me Joseph Djogbénou, est utilisé par Patrice Talon, un homme d’affaires béninois, dont il était l’avocat dans l’affaire de tentative d’empoisonnement contre le chef de l’État. « Ce n’est pas le maintien au pouvoir de Boni Yayi qui leur fait peur. C’est la révision qui leur fait peur parce qu’ils n’ont pas la conscience tranquille. Ils ont peur de l’imprescriptibilité des crimes économiques.» a expliqué le professeur Andoche Amègnissè, qui a rejoint le camp des révisionnistes après s’être retiré du mouvement Mercredi rouge. Pour le ministre des transports, Aké Natondé, les opposants au projet cherchent simplement un biais pour salir l’image du Président de la République.

Qui croire entre les antirévisionnistes qui assurent que la révision de la constitution va permettre au chef de l’Etat de se représenter en 2016 ou les pro-révisionnistes qui assurent le contraire ? Cette révision de la constitution est-elle nécessaire ?  Est ce qu’une révision est dans l’intérêt de la nation ? Pro-révisionnistes et antirévisionnistes, il est nécessaire d’être très vigilants car nul doute que personne ne veut vivre des situations similaires à ceux de nos voisins du Sénégal ou du Niger.

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Journaliste - Présentateur. Accro à Football Manager.

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