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Le milieu hospitalier, un secteur malade

Le milieu hospitalier, un secteur malade

Le 25 août 2013, Jean-Marc Ayrault s’exprimait sur France 2 au sujet de la réforme des retraites qui anime tant les débats. Entre stagnation de l’âge légal de départ à la retraite et mécontentement du Medef, je vous propose de nous intéresser à la pénibilité du travail, notamment dans le milieu hospitalier. En effet, quand on évoque le terme de « pénibilité du travail », on pense d’abord à l’ouvrier dans son usine ou sur un chantier plutôt qu’aux aides-soignantes et infirmières du service public. Et pourtant, ces emplois sont des emplois pénibles, au sens physique, mais aussi psychologique.  « Le fait de se retrouver face à la détresse humaine de personnes de tous les âges et de toutes les classes sociales est très déstabilisant. Il faut toujours tenter de rassurer le patient tout en le soignant, et en s’occupant en même temps d’autres patients, situation causée par le manque cruel de personnel », m’explique une aide-soignante désirant conserver l’anonymat.

Il est vrai que cette situation ne date pas d’hier. En effet, quelques voix tentent de s’élever, parmi elles quelques infirmières et aides-soignantes syndiquées, ou par exemple Patrick Pelloux, médecin urgentiste président de l’Association des Médecins Urgentistes Hospitaliers de France, qui dénonce au travers de ses différentes apparitions médiatiques le mal-être du personnel et des patients des centres hospitaliers publics. En effet, selon lui Roseline Bachelot était une « très mauvaise ministre » et aurait mérité « d’être virée 5 fois pour son incompétence ». Il affirme cependant que le changement de gouvernement ne tend à inverser la donne. Le personnel non plus ne voit pas d’amélioration : « Aujourd’hui, les Directeurs de centres-hospitaliers ont des missions financières, et non humaines. L’hôpital est devenu un système complètement libéral, laissant de côté les qualités des soins à apporter aux patients », continue l’aide-soignante. On déplore aussi des erreurs médicales, parfois très grave, causées souvent par « un manque cruel de personnel qui nous oblige à jongler entre les postes parfois plusieurs jours d’affilés. Il est également difficile de poser ses 5 semaines de congés payés, comme le stipule le code du travail ». Un rythme de travail éprouvant, auquel s’ajoutent des efforts physiques et psychologiques intenses : « Il faut soulever les patients pour leur administrer des soins », ajoute-t-elle. En effet, la plupart des patients sont incapables de se prendre en charge de par leur état, c’est donc au personnel de l’établissement de s’occuper de ces gestes du quotidien. « Il n’y a aucune reconnaissance pour le travail physique et mental fourni. Que ce soit envers les patients ou le personnel, l’Hôpital a déjà perdu et continue à perdre de son humanité. Pour eux, nous sommes des machines. » Et quand on lui parle de sa retraite, l’aide-soignante nous répond : « Ma retraite sera un soulagement mental et physique, bien que mon métier m’ait déjà diminuée physiquement, et que celle-ci arrive souvent trop tard ».  En attendant l’annonce des nouvelles réformes, la situation en milieu hospitalier s’aggrave, le personnel s’amoindrit cruellement, et les conditions de vie du patient se détériorent, entre acharnement thérapeutique et hospitalisations parfois abusives. Alors, à quand la guérison?

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