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Les énergies renouvelables ont le vent en poupe

Économie / International / Récents / 16 novembre 2015
« Au bout du compte, rien ne peut rivaliser avec les énergies renouvelables », a estimé lundi 9 novembre le physicien allemand Hans Joachim Schellnhuber, président du Conseil sur le réchauffement climatique pour le gouvernement Merkel, dans une interview accordée au journal britannique The Guardian. Reconnu à l’international comme l’un des experts du climat les plus influents au monde, le scientifique se montre plutôt optimiste à l’approche de la COP21, conférence internationale sur le climat qui aura lieu à Paris en décembre, et à l’occasion de laquelle il jouera un rôle important au sein de la délégation allemande. La plupart des pays ont déjà formulé des engagements volontaires pour le développement des énergies propres et la réduction des émissions de dioxyde de carbone. Selon Hans Joachim Schellnhuber, si les dirigeants respectent leurs engagements, les énergies éolienne, solaire et marémotrice pourraient connaître une montée en puissance, une perspective encourageante pour un mouvement vers une économie mondiale bas carbone. La clé pour que les dirigeants se tiennent à leurs engagements serait alors la pression morale des citoyens, à défaut d’un contrôle international du respect des engagements, souvent vu comme une ingérence dans la souveraineté des États. « Les personnes au sommet de l’État ne veulent pas être entachées par l’échec », a-t-il dit.

« Une dynamique apte à changer le déroulement du siècle »

« Si certains pays, dont la Chine, le Brésil, l’Afrique du Sud, les États-Unis et l’Europe, honorent leurs engagements, je pense que nous assisterons à une dynamique apte à changer le déroulement du siècle, a ajouté le scientifique allemand. Ce n’est pas de l’optimisme pur et simple – je me fonde sur une analyse de la façon dont le système en place implose. » Pour soutenir cette dynamique, un haut niveau d’investissement public s’impose. « Si on investit à grande échelle, on se retrouvera inévitablement avec des technologies beaucoup moins chères, plus fiables et plus sûres dans le système des énergies renouvelables, a-t-il analysé. Cela ne demande pas beaucoup d’efforts, si on se débarrasse des débris idéologiques et du lobbyisme. » Selon le physicien, le plus grand danger face à ces élans d’espoir se trouve dans la promesse faite par les pays riches aux pays plus démunis d’un fonds de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 pour lutter contre le changement climatique, promesse toujours en suspens. « On peut se permettre 100 milliards de dollars à l’échelle du monde, mais il semblerait que les pays de l’OCDE soient toujours très réticents », a-t-il déploré, ce qui pourrait « mettre les pays du Sud très en colère ».

Les énergies renouvelables dépasseraient le charbon d’ici 2040

La part de charbon dans l’approvisionnement énergétique mondial devrait diminuer au profit des énergies renouvelables non hydrauliques, qui deviendraient à partir du début des années 2030 la plus importante source de production d’électricité, a pronostiqué mardi 10 novembre l’Agence internationale de l’énergie (AIE), agence autonome de l’OCDE, à l’occasion du lancement de son étude prospective annuelle. La contribution du charbon dans la production d’électricité pourrait passer de 41 % à 30 % à l’horizon 2040, tandis que celle des énergies renouvelables non hydrauliques augmenterait dans la même proportion. Alors que l’AIE prévoit une hausse de la demande énergétique mondiale de près d’un tiers d’ici 2040, elle observe que les politiques gouvernementales devraient permettre d’encadrer une telle croissance, en favorisant les énergies renouvelables et les technologies aptes à augmenter l’efficacité énergétique dans la production d’électricité. Le lien entre croissance économique mondiale, demande énergétique et émissions de gaz à effet de serre tendrait, selon l’organisation internationale, à s’estomper. « L’an dernier, environ la moitié des nouvelles capacités électriques provenait des énergies renouvelables – énergies hydroélectrique, éolienne et solaire », atteignant un niveau record de 130 gigawatts, a indiqué Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE. La Chine, si elle restera le plus gros producteur et consommateur de charbon au monde d’ici 2040, sera aussi « le champion des énergies renouvelables », a-t-il annoncé. Fatih Birol a également déclaré s’attendre à ce que le secteur des énergies renouvelables devienne de plus en plus compétitif. « Nous nous attendons à ce que les énergies renouvelables – solaire et éolienne terrestre – soient encore de moins en moins chères », tout comme les technologies permettant d’augmenter l’efficacité énergétique, a-t-il précisé. À l’inverse, la production d’électricité à partir du pétrole et du gaz coûtera selon lui de plus en plus cher en raison de la complexification de l’exploitation des champs. « L’équilibre du marché se fera en faveur des énergies plus propres pour ce qui est des coûts et des investissements à venir », a-t-il encore ajouté.

Une révolution déjà en marche

Certains pays, mus par une volonté politique avant-gardiste, ont déjà engagé leur transition énergétique vers une économie dont la production serait basse en carbone, y compris des pays non industrialisés. L’Islande compte plus de 70 % de sa consommation d’énergie en provenance des énergies hydroélectrique et géothermique, qui tirent leur source respectivement des précipitations et des volcans. 100 % de son électricité provient de sources renouvelables, et 81 % de ses besoins énergétiques primaires sont ainsi couverts. Le pays cherche à devenir le premier au monde à atteindre l’indépendance complète par rapport aux ressources fossiles d’ici 2050, en investissant dans la recherche sur les carburants alternatifs, notamment dans les secteurs des transports et de la pêche. L’Éthiopie, leader africain des énergies renouvelables, tire plus de 90 % de son électricité des barrages hydroélectriques construits sur les eaux du Nil, et ambitionne de produire 25 gigawatts d’énergies renouvelables d’ici 2025, notamment grâce aux énergies éolienne et géothermique. Le pays a présenté l’engagement national le plus ambitieux dans la perspective de la conférence de Paris, en visant une réduction de 64 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 grâce aux énergies renouvelables. La Norvège, précurseur de la transition énergétique en Europe malgré le profit qu’elle tire de ses exploitations d’hydrocarbures, tire 60 % de sa consommation énergétique de sources renouvelables. En Amérique latine, ce sont le Costa Rica, qui devrait atteindre 100 % d’énergie verte dès l’an prochain, le Brésil et l’Uruguay qui sortent largement du lot en matière de transition énergétique. Les initiatives locales, comme celle de la Basse-Autriche qui couvre depuis la semaine dernière la totalité de sa consommation électrique avec des énergies renouvelables, se multiplient également. Sur le chemin de l’économie « bas carbone », les pays (qu’ils soient industrialisés ou non) n’ont que l’embarras du choix en matière de sources d’inspiration.


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Tim de Rauglaudre




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