Salut ! Salut !

Les transgenres transforment l’écran

Culture / Médias / Récents / Société / 25 mars 2016

Ces récentes dernières années, on a pu le remarquer, la représentation des individus transgenres dans la culture populaire s’est accrue. Il est possible d’y faire un parallèle avec la loi d’ouverture au mariage pour les couples homosexuels, promulguée en mai 2013 en France.

Parenthèse : Le terme, largement employé par les médias et citoyens « mariage pour tous » me dérange. Je le juge trop vaste. Non , le mariage n’est pas autorisé pour tous ! Seulement pour les individus ayant une relation éthique.

Outre Atlantique, la reconnaissance juridique du mariage homosexuel aura lieu, plus tard, en juin 2015. Forte de symbole, cette extension du mariage aux couples de même sexe dans le pays le plus puissant au monde, mais aussi profondément conservateur dans certains de ses états, témoigne d’une estime vis à vis de la communauté LGBT.

A cette reconnaissance politique s’ajoute une importante représentation de la communauté LGBT, plus précoce encore : elle a lieu sur les écrans, et aussi dans les médias. Voyons ensemble comment depuis quelques années petit et grand écrans participent à la démarginalisation du transgendérisme.

Bruce Jenner au cours de son changement de sexe , en compagnie de sa fille.

Difficile ces dernières années d’ignorer qui est la famille Kardashian Jenner.

Cette famille est devenue extrêmement influente et visible ces dernières années de par son émission et son hyper exposition sur les réseaux sociaux.

Ce que l’on retient récemment demeure le changement de sexe opéré par un membre du clan, courant 2015 : Bruce Jenner, ancien champion olympique américain, est plus connu du grand public comme étant le beau-père de Kim Kardashian, dans l’émission de télé réalité Keeping Up with the Kardashians diffusée sur E!.

Bruce Jenner devient donc Caitlyn Jenner. La démarche fut unanimement soutenue par la famille Kardashian Jenner, ses filles et belles filles postant fièrement des photos d’elles en compagnie de Caitlyn Jenner sur leur compte Instagram. Celle-ci annonce officiellement sa nouvelle identité en posant pour la couverture de Vanity Fair le 1er juin 2015.
Il s’agit d’un symbole fort, celui de la reconnaissance, de l’estime d’un individu transgenre de la part d’un magazine de mode prestigieux.
On est sur cette couverture bien loin de l’image péjorative et dégradante qui peut être attribuée aux personnes transgenres, tantôt affublées de maquillage vulgaire et de vêtements de mauvais goût, tantôt réduites à leur apparence trop masculine pour être considérée comme jolie.

Sur cette couverture qui constitue la première apparition publique de Caitlyn Jenner, elle se trouve à son avantage, sublimée par un maquillage sophistiqué, une chevelure bouclée et un corset crème.
Hypocrisie ou réelle empathie, quoi qu’il en soit, de nombreuses célébrités reprennent la photographie de cette fameuse couverture et la partagent sur leur compte Instagram, accompagnée d’un message de soutien.
Encore une fois c’est un geste fort, symbolique. Des personnalités influentes et appréciées du public soutiennent l’identité transgenre. Leur attachement et leur épaulement vis à vis de la démarche de Caitlyn Jenner participent significativement à démarginaliser le transgendérisme.

Caitlyn Jenner posant pour Time

Cette tolérance vis à vis des personnes transgenres se renforce peu à peu via des initiatives tel que celle de la marque de cosmétique de luxe M.A.C.
La compagnie bénéficie d’une image haut de gamme, avec des produits onéreux et reconnus comme d’excellente qualité. M.A.C. compte, par ailleurs, des égéries très appréciés du public telles que Lady Gaga, Ariana Grande, Lorde ou encore Rihanna.
Caitlyn Jenner a prêté son image à MAC, et imaginé un produit en collaboration avec elle. Il s’agit d’un rouge à lèvre appelé Finally free, disponible le 7 avril prochain.
Le produit, au nom plus qu’évocateur, verra ses bénéfices reversés à l’association M.A.C Aids Fund Transgender Initiative, luttant contre le VIH et soutenant la communauté transgenre.
Bien que cette collaboration soit a tempérer compte tenu de la popularité et de la médiatisation de la famille Kardashian Jenner, elle demeure un formidable accomplissement dans le processus de normalisation des individus transgenres.


Ce processus a aussi lieu dans le milieu du cinéma. Eddie Redmayne se glisse ainsi dans la peau de Lili Elbe pour le film Danish Girl, première femme transgenre de l’histoire à avoir obtenu des opérations de réassignation sexuelle.

Eddie Redmayne dans le rôle de Lili Elbe L’histoire raconte un événement qui a réellement eu lieu au Danemark dans les années 1930. Ses traits androgynes collent merveilleusement bien au personnage qu’il interprète tout en finesse, et sans tomber dans le pathos.
Le film est une réussite tant sur le genre de récit encore trop peu traité au cinéma qu’il aborde, tant sur son ton et sa photographie sublime.
Il fut nommé pour le plus convoité des Oscar : celui du Meilleur Film.
En outre, son excellent interprète Eddie Redmayne réitéra l’exploit d’être nommé deux ans consécutifs pour l’Oscar du Meilleur Acteur, après s’être vu décerné la statuette l’année précédente pour Une merveilleuse histoire du temps.
S’il ne gagne pas l’Oscar cette année là , il est cependant récompensé et nommé pour de nombreux prix , dont le Queer Lion à la Mostra de Venise 2015.

Pour finir, abordons le cas du petit écran. Les séries télévisés sont en plein boom ses dernières années avec des productions parfois aussi sophistiquées qu’au cinéma, des interprètes prestigieux et une influence croissante notamment via les réseaux sociaux.

Photo promotionnelle de la série à succès de Netflix
La série Orange is the new black, produite par Netflix, gagne de plus en plus de spectateurs et en est à sa troisième saison. Elle a par ailleurs, forte de son succès, de beaux jours devant elle puisque quatre saisons supplémentaires sont prévues.
La série suit la vie carcérale d’une jeune femme, autour de laquelle gravitent des personnalités toutes extravagantes et attachantes.
La force de cette série est de représenter de nombreuses minorités ethniques et sociales.
On retrouve ainsi des femmes latinos, noires, asiatiques. Le personnage auquel on s’intéressera sera celui de Sophia, interprété par Laverne Cox. Sophia est une détenue noire transgenre qui tient un salon de coiffure dans la prison.
Ici aussi, on est loin de la représentation grotesque qui a pu être faite des femmes transgenres. Sophia est une femme au physique soigné, douce et forte. Bien que les personnages de la série soit loin d’être manichéens, si l’on devait ranger Sophia dans une catégorie, ce serait définitivement dans celle des personnages positifs et appréciés du public.
Orange is the new black a le mérite d’être pourvue de réalisme. Si Sophia est plutôt appréciée de ses codétenues, tout n’est pas tout rose pour autant. Dans un épisode, elle est passée à tabac par d’autres prisonnières, victime de leur intolérance.
L’interprète de Sophia, Laverne Cox, est devenue en 2014 la première personne ouvertement transgenre à être nommée aux Emmy Award dans une catégorie artistique. En outre, elle a reçu en avril 2014 le Stephen F. Kolzak Award par le Gay & Lesbian Alliance Against Defamation (GLAAD). Laverne Cox a également eu l’honneur de faire la couverture du prestigieux Times Magazine , en 2014. Elle est la première personne transgenre a avoir accompli cela.

Pour finir, évoquons le cas du changement de sexe des frères Wachowski, devenus récemment les soeurs Wachowski, après l’annonce de Andy devenue Lilly le 8 mars 2016. Les Wachowski sont connues notamment pour la saga culte Matrix et d’autres films novateurs comme Speed Racer. Peu habituée à l’exposition médiatique, la femme a préféré anticiper sur la presse, notamment celle à scandale, pour communiquer cette annonce.

On assiste ces dernières années à des actes qui participent à « démarginaliser » l’identité transgenre. Ces actions auxquelles l’opinion publique assiste via les médias, réseaux sociaux et supports audiovisuels tels que la télévision ou le cinéma, permettent de présenter les individus transgenres sous un jour positif. Et tout simplement d’en parler, pour davantage les normaliser.






Fériel Lasledj




Previous Post

Batman v Superman : La (très) bonne surprise de ce début d'année

Next Post

(Re)découvre : Les Wachowski, enfants terribles d'Hollywood





0 Comment


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


More Story

Batman v Superman : La (très) bonne surprise de ce début d'année

Je n'attendais pas Batman v Superman : L'Aube de la Justice. Mais alors pas du tout. Seul son réalisateur, l'esthète Zack...

24 March 2016
UA-37872174-1
Tu aimes cet article ?
Tu aimes cet article ?
N'hésite pas à nous rejoindre sur les réseaux sociaux !
Faceboook
Twitter