Salut ! Salut !

[Live report] Albertville Jazz 2015

Culture / Récents / 1 août 2015

Le week-end dernier, la première édition de l’Albertville Jazz Festival a fait swinguer Savoyards et touristes au pied des montagnes. NewsYoung était de la party.

Dimanche 26 Juillet

La place de l'Europe au pied des montagnes à Albertville

La place de l’Europe au pied des montagnes à Albertville

19h. Les montagnes autour d’Albertville se détachent parfaitement du ciel gris qui recouvre la Savoie et la photo en noir et blanc d’un skieur violoncelle sur le dos, œuvre de Doisneau me vient à l’esprit. La deuxième journée du festival a commencée plus tôt aujourd’hui avec un concert à midi au cœur de la cité médiévale de Conflans. Un cadre unique pour les touristes venus se mettre au frais près des sommets environnants. Sur l’esplanade en face de l’hôtel de ville, une petite scène est foulée par les pieds nus de Ciara Thompson, la chanteuse débarquée de Saint-Louis aux Etats-Unis pour rejoindre le groupe lyonnais des Buttshakers. Juste avant leur performance sur scène, j’ai pu échanger quelques mots avec Sylvain le guitariste et Vincent le bassiste du groupe. Bien qu’ils n’aiment pas trop les étiquettes, ils sont d’accord pour être décrits comme un groupe de soul…quand même funk, et oui que je sois avertie il n’y aura pas que du jazz dans cette première édition de l’Albertville Jazz Festival. Sur scène, alors que quelques gouttes de pluie tombent, les Buttshakers font se lever toutes les générations présentes pour danser. Les « remueurs de fesses » sont là pour passer un bon moment avec leur public. Et quand je leur demande s’ils auraient un conseil à donner à leurs petits frères lecteurs de NewsYoung, leur réponse est justement de prendre plaisir à faire des choses avec les gens.

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The Buttshakers, tout sourires

21h. Sous la toile du grand chapiteau monté pour l’occasion, le public se fait impatient. Ils vont découvrir dans quelques minutes Agathe Iracema, chanteuse franco-brésilienne et son Jazz Quartet. Je l’ai rencontrée plus tôt et j’ai hâte de la voir sur scène moi aussi. Elle fait partie des plus jeunes artistes choisis par la SPEDIDAM, société de perception et de distribution des droits des artistes-interprètes qui soutient des musiciens tout au long de leur carrière et la création de festivals. Faire partie de la Génération SPEDIDAM est la marque d’un talent reconnu. Pour Agathe c’est aussi une manière d’élargir son réseau et de rencontrer d’autres musiciens, un vrai soutien tant au niveau artistique que relationnel. Cette jeune femme emplie de la grâce des chanteuses de jazz glamour qu’elle admire, Sarah Vaughan, Billie Holiday et Ella Fitzgerald, voulait faire un métier vivant, actrice ou chanteuse. L’histoire de son déclic, elle la raconte souvent et toujours avec la même malice. A 14 ans, adolescente pleine de rêves, élevée par un père musicien et une mère mélomane, elle se rend à une masterclass pour chanteuses professionnelles où elle pense « s’asseoir dans un coin pour observer ». Mais lorsque Sheila Jordan la femme pianiste Duke Jordan, 78 ans, « une patate monstrueuse , des chaussures en léopard », la fait chanter…elle découvre chez la jeune fille un talent qu’elle n’aura de cesse d’encourager. C’est après le lycée qu’Agathe se lancera avec Sébastien Jimenez dans l’élaboration d’un répertoire et dans la tournée des petites salles de concerts. Avec des inspirations allant au-delà du jazz, comme le hip-hop ou les Beatles, Agathe interprète ses chansons sur la vie avec beaucoup d’émotion. Le message qu’elle porte, universel, elle n’ose pas encore l’écrire entièrement elle-même bien qu’elle m’ait avoué avoir des tas de poèmes et de slams en attente dans ses placards.

23h. La célèbre, très attendue Dee Dee Bridgewater, marraine du festival, est enfin là. Accompagnée par Irvin Mayfield et son groupe, elle aborde un registre « made in New Orleans » sans cesser de plaisanter avec ses partenaires sur scène et son public. Quelques solos improvisés, et une complicité s’installe entre les Etats-Unis et la France. Sa voix indescriptible a envouté son public qui l’a retenu jusqu’à une heure du matin avant de rentrer passer les dernières heures du week-end à dormir, des sourires pleins la tête et le cœur rempli de bonheur. Très touchée par l’accueil chaleureux qu’elle a reçu en retour, Dee Dee reviendra sûrement elle aussi dans les éditions à venir, en tant que marraine.

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Lundi 27 Juillet

19h. L’heure de l’apéro post-boulot. Les organisateurs du festival font un premier bilan des trois journées passées. Nicolas Folmer, trompettiste originaire de la ville olympique (JO d’hiver de 1992) et artiste de la Génération SPEDIDAM est à l’origine de ce rendez-vous du jazz. Pour lui, le pari artistique est gagné : il a réussi à faire venir des musiciens de tous horizons musicaux, locaux et internationaux en ayant très peu de temps pour organiser cette première édition. Le maire d’Albertville a hâte d’accueillir le festival l’an prochain, vraisemblablement d’une durée de quatre jours cette fois. Elle a observé un enthousiasme grandissant au fil des jours tant de la part du public que des artistes qui ont apprécié le cadre fabuleux de la région. Enfin, le festival n’aurait pu avoir lieu sans une grande dynamique bénévole présente tant au sein du pays d’Albertville que dans le Réseau SPEDIDAM. François Nowak, son président, déplore toutefois le faible nombre de jeunes parmi les 80 bénévoles. Pour Agathe Iracema, il est clair que le manque de médiatisation du jazz aujourd’hui ne contribue pas à le faire connaître à la jeunesse. Elle nous rappelle qu’à l’origine c’est une musique très libre et que ce qui lui plaît dans le jazz c’est justement son côté populaire et dansant. Enfin, son message pour la jeune génération lectrice de NewsYoung est de prendre le temps de s’isoler pour s’interroger sur ce qui nous préoccupe vraiment et sur ce que l’on veut faire nous, sans chercher à plaire aux autres. Elle nous rappelle que nous sommes des esprits libres, jeunes et conscients. Elle, a trouvé sa voie, un métier qu’elle considère d’utilité publique.

20h30. J’arrive trop tard pour le sandwich au diot qui m’avait attiré l’œil la veille, preuve du succès de cette saucisse représentative de la gastronomie savoyarde. Cette déception me fait toutefois rencontrer quelques bénévoles autour de la buvette, des retraités qui font la tournée des festivals de jazz. Je suis obligée de mettre fin à notre conversation pour aller voir les deux concerts de la soirée, Xavier Desandre Navarre et Yael Naim. Avant de partir, ils me lancent un dernier « tu nous mettras dans ton article hein ? ».

Merci encore à eux et aux organisateurs, à Sébastien et Marine pour leur accueil, aux musiciens pour leur temps.


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Mathilde Thibault




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