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Live Report : Melt Festival, lieu atypique pour line-up exceptionnel

Notre toute première approche du Melt Festival a eu lieu il y a de ça quelques mois, lorsque la programmation a été révélée au grand jour. Avec Tyler The Creator, Florence + The machine et The XX en têtes d’affiche, on doit avouer que l’on a rapidement été conquis par l’éclectisme du line-up, composé de plusieurs centaines d’artistes sur 7 scènes différentes. Nous étions pourtant loins de s’imaginer que nous allions prendre part à un des festivals les plus atypiques, tant dans son ambiance que dans le lieu exceptionnel qu’il occupe, façonnant des souvenirs inoubliables. Photos: Coline Beulin (cliquez pour agrandir)

Partie I : Le lieu

On doit forcément commencer par là. Le Melt Festival ne se déroule pas à l’accoutumée, dans un espace propice à accueillir énormément de monde. Bien loin de la vision traditionnelle que l’on peut avoir du festival, souvent niché sur une terre jachère, le Melt se déroule dans un lieu chargé d’histoire. Dès notre arrivée (et après les 10h de route qui nous séparent de Paris), on se retrouve dans un décor digne du dernier Mad Max. Sur une île posée au ras d’un lac artificiel, 5 immenses grues de 130m de long et 30m de hauteur donnent le ton : On se situe à Ferropolis, vestige intact du lourd passé industriel de l’Allemagne (de l’Est), où jusqu’à la réunification en 1991, le site sert essentiellement à extraire du charbon en quantité suffisante pour subvenir aux besoins énergétiques de la région. (Les éoliennes n’étaient pas encore à la mode)

La nuit, le lieu devient presque mystique. Les grues se parent de spots illuminant le ciel, et sont équipées d’immenses lance-flammes qui viennent nous réchauffer le temps d’une seconde (de repos) entre deux concerts. Les 7 scènes sont disposées de manière à ce que chacune nous plonge dans une ambiance unique. La Melt Stage se situe au milieu des grues, La Meltselektor au bord de la plage donnant sur le lac artificiel, on trouve également la Forest Stage qui, vous l’aurez deviné, se situe…dans la forêt. À noter également la présence du Sleepless Floor, la scène qui carbure à la RedBull et aux protéines : Début du premier concert le jeudi à 20h. Les artistes s’enchainent ensuite non-stop, jusqu’au lundi matin, 8h. Oui oui.

L’intégralité du site a une capacité de 20 000 personnes sur tout le weekend, on est donc très loin des grands festivals européens avec une jauge 10 fois supérieure. On circule facilement entre les différents lieux, on passe d’une ambiance à l’autre, du rap au set disco, en passant par de la techno pure. On ne se marche pas les uns sur les autres, et ça, c’est un vrai plus, surtout par 40 degrés.

Partie II : L’ambiance

Le ton est donné dès l’arrivée sur l’immense camping par lequel on passe obligatoirement avant d’arriver sur le site même du Melt : On y croise tous types de drapeaux, chacun y va de son installation et de son système de son, c’est un contre-festival qui se joue à l’entrée même de celui-ci. Une fois à l’intérieur, c’est une vraie fête permanente, de par les installations annexes mises en oeuvres par différents collectifs. Le Melt est un lieu de vie, artistique à souhait. Il est possible de visiter une exposition au sein de l’un des espaces industriels, on peut également être sensibilisés aux différents usages du chanvre sur la plage, non loin de la Sensi Stage, menée par l’institution Sensi Seeds qu’il n’est plus nécessaire de présenter.

C’est une certaine osmose qui règne le temps d’un weekend à Ferropolis, dans un contraste saisissant : On danse, chante, on se fait des potes et s’exile dans un lieu qui aurait pu rester d’une froideur absolue de par son passé, et c’est tout le contraire qui se produit. Un véritable Melt-ing pot de cultures qui se ressent jusque dans la diversité des stands de nourriture à la disposition des festivaliers : Du traditionnel (et succulent) Handbrot allemand, au pad thaï en passant par les burgers (vraiment) faits-maison, on passe un réel plaisir à déguster ce qui est de plus en plus rare à trouver dans ce genre d’événements, le tout à un prix plus que raisonnable.

Le site est préparé pour passer des moments de détente en dehors de l’atmosphère bouillante des concerts, on y trouve 2 plages aménagées, une aire de jeux, des bars, mais aussi… des auto-tamponneuses, où sont programmés certains artistes pour des sets exclusifs, c’était par exemple le cas du groupe Superorganism. Ah oui, parce qu’on n’a pas encore parlé de musique, c’est vrai.

Partie III : Le son

On l’a dit dès le début, la véritable force du Melt, c’est sa programmation qui contrebalance parfaitement entre artistes underground, émergents, et superstars rodées aux tournées internationales. En moins de 20 ans d’existence, le Melt a réussi à réunir entre autres Fatboy Slim, Tame Impala, Oasis, Björk ou Lana Del Rey. On vous fait un petit tour d’horizon du cru 2018. Cette année, on pouvait notamment retrouver les représentantes de la nouvelle scène techno, en la personne de Nina Kraviz, Amelie Lens, Ben Klock ou encore Adriatique. La pop émergente n’en était pas en reste, avec le jeune britannique de 20 ans Alex O’Connor, plus connu sous Rex Orange County. Quand celle-ci se mélange avec le le R’n’B, ça donne Kali Uchis, révélée au grand jour à la suite de son second album «Isolation» aux featuring impressionnants avec Damon Albarn, Thundercat mais aussi, Tyler The Creator.

L’occasion est toute donnée pour parler de la performance que nous a livré Tyler, au soleil couchant sur le lac de Gräfenhainichen. Le rappeur californien est toujours en pleine tournée mondiale à la suite de son dernier album «Flower Boy», sorti à l’été 2017, qui a su mettre d’accord critiques et public. Le chemin parcouru depuis l’album «Goblin» est immense, Tyler ne déverse plus une haine viscérale, c’est davantage une expression de ce qu’est le bonheur au XXIème siècle qu’on explore dans les 14 titres, et c’est dans une certaine communion autour de ces valeurs que le concert était porté. On saute, danse et chante au rythme des sons produits par Frank Ocean, et partagés avec des featurings all-star (Estelle, Jaden Smith, Lil Wayne ou A$AP Rocky).

Les photos ci-dessous en témoigneront sans doute !

À noter également le show du duo Odesza, mélange de musique électronique, chillwave et percussions pour un genre épique, dans un show parfaitement maitrisé à coups d’écrans LED, projecteurs et effets pyrotechniques. Pour vivre ça en live (parce que ça vaut le coup), il est encore temps de vous rattraper, ils seront au Zénith de Paris en janvier prochain. On vous en donne un aperçu.

Enfin, l’un des moments forts du weekend aura été la présence de Florence And The Machine pour une des seules dates en Europe cet été, avant de partir en tournée mondiale pour son nouvel album High As Hope, sorti en juin dernier. L’énergie débordante de Florence sur scène (ce qui a valu de se casser le pied à Coachella en 2015), avec la dizaine de musiciens l’accompagnant est rapidement communicative, venant échanger et danser avec le public venu en grand nombre ce soir là, rendant la tâche difficile aux agents de sécurité. On est transportés par un album constitué de poèmes mis en musiques, bercés par le son puissant des percussions. Elle sera également en concert en mars prochain , à l’Accorhotel Arena, à Paris. (Ne manquez pas ça)

En bref, le Melt est un festival comme on en voit rarement, à laquelle subsiste une ambiance qui nous poursuit même plusieurs jours après avoir quitté cet endroit qui arrive à mettre en parenthèses toutes les normes et frontières, et où chacun vient s’oublier, échanger, se charger d’ondes positives. La prochaine édition se déroulera du 19 au 21 juillet 2019, et on ne peut que vous recommander d’aller y faire un tour.

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Étudiant en Communication et Journalisme × founder Newsyoung.fr Sur Twitter : @florentderue

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