NEWSYOUNG
Now Reading:

Louis de Gouyon Matignon revient sur les propos de Manuel Valls

Louis de Gouyon Matignon revient sur les propos de Manuel Valls

Qui sont les « ROMS » dont on parle tant dans la presse et qui semblent représenter pour la classe politique un enjeu majeur pour les élections municipales de mars 2014 ?

Comme il est communément d’usage dans les discussions et documents politiques de l’UE, le terme « Roms » fait aujourd’hui référence aux citoyens roumains et bulgares, réfugiés économiques, migrants dans l’ensemble de l’Europe et du monde depuis la chute du communisme dans les pays est-européens. L’utilisation de ce terme ne cherche en aucune manière à minimiser la grande diversité des nombreux groupes et différentes communautés Roms, pas plus qu’il ne vise à véhiculer des stéréotypes.

En Europe, la population rom totalise entre 10 à 12 millions. Nombre d’entre eux subissent des préjudices et sont quotidiennement exposés à l’intolérance, à la discrimination et à l’exclusion sociale. Marginalisés, ils vivent dans des conditions socio-économiques extrêmement défavorables.

Ces populations ne sont pas assimilables aux gens du voyage, qui sont des citoyens français itinérants.

Selon les estimations du Conseil de l’Europe presque tous les pays de l’UE ont des communautés roms. Ils forment une proportion importante de la population en Bulgarie, en Slovaquie, en Roumanie, en Hongrie, et en Grèce.

Environ un tiers d’entre eux vivent dans les pays des Balkans occidentaux, comme la Serbie, l’ancienne République yougoslave de Macédoine et la Turquie.

S’ils sont des citoyens européens, pourquoi dans cette période pré-électorale autant d’agitation autour d’eux ?

Depuis maintenant quatre ans, le constat réalisé par la direction centrale de la police judiciaire atteste que les actes de délinquance commis par les ressortissants roumains et bulgares aurait progressé de près de 70 %, qu’ils seraient concentrés en Île-de-France, dans le Rhône et les Bouches-du-Rhône. Les actes délictueux sont le plus souvent le fait de mineurs démunis de papiers et dont l’âge leur permet d’échapper aux poursuites judiciaires.

La justice et la police sont donc impuissantes devant de tels phénomènes ?

Il est facile de comprendre qu’il s’agit de populations qui sont exploitées par des organisations criminelles organisées issue de leur propres communautés. Il n’y a qu’à voir les magnifiques villas que certains « rois » du crime se sont fait construire dans la ville de  BUZESCU dans le sud de la Roumanie et l’état des villages dans lequel la majeure partie des Roms vivent.

Plus récemment, FR 3 Alpes se faisait l’écho de l’action de la police d’Annemasse à la poursuite du réseau « BARBULESTI ». La plupart des « voleurs » étaient contraints à remettre à des « chefs » quotidiennement des sommes importantes. Ils devaient en outre payer pour se loger dans des caravanes délabrées.

S’ils se livrent à des activités délictueuses, c’est donc qu’ils y seraient obligés ?

Oui. Déjà dans les années 80, la France et d’autres pays d’Europe occidentale avaient connus des « raids » du même genre. A l’époque, la France avait élaboré une législation qui permettait de poursuivre les « parents » (réels ou supposés) d’enfants se livrant aux vols en visant la « non justification de ressources ». Aujourd’hui, les « organisateurs » de ces groupes criminels restent en dehors de nos frontières. 

Maintenant les plus violents obligent leurs concitoyens sous la menace de mesures de rétorsions à l’encontre de leurs proches de se rendre dans les pays « riches » pour y commettre des délits.

On peut considérer qu’ils sont pris en otage par ces délinquants et qu’ils sont en fait des victimes de systèmes et groupes criminels.

Vous venez toutefois d’indiquer que des « bandes » sont arrêtés, la police n’en ferait donc pas assez ?

Absolument pas. Mais les services de police et de gendarmerie et la justice agissent dans des cadres de coopération internationale contraints par des accords internationaux qui obligent à jongler avec différentes configurations juridiques.

L’Europe du crime est née et a grandi alors même que l’Europe de la Justice peine encore a se déployer sur le terrain et à mener des actions transfrontalières aussi rapide.

Il n’y aurait donc rien à faire ?

Les citoyens roumains, bulgare ou autres dit « Roms » qui en France, comme dans d’autres pays européens se livrent à des actions délictueuses ou criminelles sont victimes d’une situation socio-économique désastreuse dans leur pays d’origine qui négligeraient d’après la commission européenne d’apporter à une partie de leur population, les moyens nécessaires à l’éducations des enfants, à l’accès aux soins, au logement et au travail.

Cela les rend d’autant plus fragile pour tomber entre les mains d’organisation criminelles organisées. Ils sont entre le marteau des menaces de violences contre leurs proches restés au pays s’ils ne remettent pas d’importantes sommes d’argent ou de quantités d’objets volés et l’enclume des poursuites judiciaires en France.

Qui plus est l’argent leur échappe car contraints de le remettre à des « chefs » ces derniers utilisent les officines de transferts de fonds pour envoyer cet argent dans leur pays d’origine.

Plus qu’un problème sociétal, c’est un problème d’ordre et de sécurité publique, comme le dénonçait plus haut un parti politique. Il appartient a la justice, à la police et à la gendarmerie en liaison étroite avec les autorités des pays d’origine d’agir. La présence d’officiers de liaison roumain en France, soit a titre permanent dans les services de la Direction centrale de la police judiciaire, soit durant la saison estivale auprès de la préfecture de police à Paris, est bien la preuve qu’il s’agit non pas d’un flux migratoire mais de criminalité organisée.

Et concrètement, selon vous, quelle(s) solution(s) ?

S’agiter et prôner le courtermisme ne semble pas être la solution la plus appropriée. Une pleine et entière coopération des services policiers et de la justice des pays dont sont originaires les criminels organisateurs de ce trafic d’êtres humains est nécessaire dans une perspective de travail à long terme.

En fait il faut penser différemment de ce que l’on fait actuellement.

Il aurait été opportun, avant ou en même temps que l’on réalisait le rêve européen de la liberté d’aller et de venir, qui profite largement aux délinquants et criminels de toutes origines, de disposer d’un système judiciaire et d’investigation, supra étatique européen en mesure d’assurer les enquêtes, les poursuites et les jugements.

Une solution consisterait dans un premier temps en la création d’une task force policiaro-judiciaire transnationale temporaire permettant de circonscrire ce phénomène de criminalité organisée transfrontalière qui rassemblerait dans un seul et même effort, les actions internationales déjà menées mais qui sont manifestement insuffisante a faire face a ce phénomène comme tant d’autres (traite des êtres humains a des fins d’exploitation sexuelle ou des actions de  grande délinquance financière).

Cette force « temporaire » mandatée par l’Union Européenne démontrerait très probablement la nécessité d’une Europe judiciaire aboutie.

En fait, ce dont l’Europe a besoin, c’est d’un véritable FBI (créé en 1908) qui ne soit pas qu’une plate forme d’échange comme Europol qui agit convenablement dans son cadre d’action qui est de « participer à la lutte contre la criminalité en Europe en améliorant la coopération entre les officiers de liaison Europol (OLE) détachés auprès de l’office par les États membres et par la transmission simplifiée d’informations nécessaires aux enquêtes » Europol coordonne et centralise des enquêtes à l’encontre d’organisations criminelles de dimension européenne, voire internationale mais n’agit pas « directement ».

Share This Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Input your search keywords and press Enter.