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« Love & Mercy » : à la découverte de l’histoire des Beach Boys

« Love & Mercy » : à la découverte de l’histoire des Beach Boys

« All the leaves are brown, and the sky is grey… ». Nous pouvons tous chanter quelques phrases d’une chanson des Beach Boys – au moins en yahourt. Mais connaissons-nous vraiment l’histoire de ces tubes ? Le biopic de Bill Pohlad Love & Mercy, la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys nous livre l’histoire incroyable de la vie du compositeur de la plupart des titres du boys band californien.

Octobre 1966. Brian Wilson termine « Good Vibrations », qui paraîtra sur l’album Smiley Smile. C’est une période très particulière pour les Beach Boys. Le groupe des frères Wilson est en proie au doute. Brian, l’ainé, travaillait depuis des mois sur son projet Smile, qui se voulait être le plus grand album de pop de tous les temps. Pourtant, son génie musical se retrouve bloqué par les échéances commerciales, et surtout par l’opposition du groupe à ses créations. Le film de Bill Pohlad explore avec brio les difficultés de Brian, dont les troubles psychiatriques se font de plus en plus visibles.

Le personnage du cousin des Wilson, Mike Love, un des chanteurs du groupe, est à ce moment crucial pour comprendre les tensions qui agitent le boys band. Il devient le symbole des contrariétés de Brian, le mettant face aux paroles de ses compositions, accusées d’être des « chansons de drogué ». Les créations artistiques du leader du boysband, de plus en plus personnelles, sont aussi le reflet de sa maladie psychologique. Avec intelligence, le réalisateur américain Bill Pohlad nous fait découvrir le développement des comportements paranoïaques de Brian Wilson, interprétés très justement par Paul Dano (Little Miss Sunshine, There will be blood, 12 years a slave). L’acteur de 31 ans propose un jeu rythmé par le regard perturbé de son personnage, sa façon de se tenir si particulière.

Formidable John Cusack

Ce sont ces mêmes inquiétudes qui expliquent en partie l’homme détruit, affaibli que devient Brian Wilson. Adulte, le chanteur n’est plus que l’ombre de lui-même. Il ne fait plus de musique avec les Beach Boys, ne voit plus sa femme, ni ses filles. Laissé aux soins de son psychiatre, le docteur Eugene Landy, le musicien n’est plus maître de sa vie.

Avec pudeur, le formidable John Cusack (Dans la peau de John Malkovich, 2012, La Ligne rouge) fait apparaître les tics stressés de Brian Wilson, sa maladresse sociale, sa solitude. Il faudra l’arrivée d’une femme, Melinda Ledbetter (Elizabeth Banks), pour bouleverser le quotidien de Brian Wilson. Leur histoire d’amour est chaotique, menacée par l’omniprésence du psychiatre et perturbée par les comportements maniaques du chanteur.

Les aller-retour du film entre l’adolescence et la vie adulte de Brian Wilson permettent de comprendre l’homme torturé que le chanteur est devenu, sans jamais tomber dans le pathos. Avec intelligence, le spectateur est amené à apercevoir la violence du père de Brian Wilson, la jeunesse du chanteur marquée par la consommation excessive de drogues, la pression qui entourait sa création musicale.

Notamment obsédé par la concurrence avec les Beatles, le jeune Brian compose avec acharnement, faisant répéter des heures entières les musiciens en studio. Si l’oeuvre de Bill Pohlad dévoile la vie intime et la maladie de Brian Wilson, tout le film est construit autour des tubes des Beach Boys. Le mythe californien, largement construit par le boys band, est entretenu par ces chansons, qui résonnent pendant les deux heures que durent la séance. Bill Pohlad nous laisse toucher du doigt les secrets des enregistrements en studio, l’agencement des nuances musicales qui ont fait le succès des Beach Boys.

En permanence à la recherche de nouveaux sons, de nouveaux instruments, l’expérimentation est le leitmotiv de la composition des titres des Beach Boys. Le spectateur saisit la fébrilité avec laquelle Brian Wilson pensait la musique, le génie qui l’habitait. Paul Dano joue un personnage à la limite de l’autisme lorsqu’il crée, lorsqu’il apprend toute la richesse de ses harmonies à ses frères. L’effort de reconstitution doit être salué, fabriquant une véritable magie autour de enregistrements en studio.

Plus connu pour son travail de producteur, (12 years a slave, The tree of life Brokeback Mountain, Into the wild…), Bill Pohlad signe avec Love & Mercy un véritable chef-d’œuvre, instructif et empli de grâce.

Bill Pohlad, Love & Mercy, la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys. 2h2min.

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