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Manque à gagner de 400 millions d’Euro à la SNCF et à la RATP

Manque à gagner de 400 millions d’Euro à la SNCF et à la RATP

Frédéric Cuvillier, ministre des transports, annonce la couleur. 300 millions d’euros, c’est ce que les différentes fraudes font perdre a peu près chaque année à la SNCF. Il informe également que les pertes de la RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens) quant à elles approchent les 100 millions d’euros. Le ministre ajoute par ailleurs que ces chiffres sont relativement stables d’une année à l’autre : la crise ne serait donc pas vecteur de ces fraudes. Mais alors, comment expliquer ces chiffres ? Newsyong tente d’apporter une explication.

POURQUOI PAYER UN BILLET ?

Tout d’abord, une question pouvant paraître futile : pourquoi acheter un billet ? Pour plusieurs raisons : même si bien souvent, la vente de tickets ne suffit pas à amortir le coût annuel d’un réseau urbain de transports en commun, elle y participe. En payant un ticket, vous participez donc à l’entretien et l’achat de véhicules, l’entretien du mobilier urbain… Mais, et peut-être le plus important à savoir : être en possession d’un ticket en cours de validité permet également d’être couvert par l’assurance en cas d’accident. A défaut d’avoir un billet valable, vous risquez d’avoir à votre charge les éventuels frais d’hospitalisation.

POURQUOI LES FRAUDEURS FRAUDENT ?

Même si au fond, il n’est pas possible de mettre une étiquette sur chaque fraudeur, il semble que la raison la plus fréquemment invoquée est qu’il n’y a pas de petites économies, et que c’est toujours cela de gagné, tout en n’ayant aucun rapport avec la crise. Pourquoi ? Depuis quelques années, des tarifs adaptés au quotient familial sont apparus dans la plupart des villes, faisant passer parfois un abonnement annuel de 300€ à 30€. Des solutions sont donc trouvées pour aider les plus pauvres à accéder à un service public.

Il y aurait aussi les fraudeurs militants. En effet, refuser de payer son billet en masse serait une manière de montrer son mécontentement face aux retards récurrents de certaines lignes et serait donc comparable à une mutinerie des voyageurs.

Enfin dernière catégorie, les fraudeurs récurrents, soit ceux qui ne payeront jamais un ticket de train, de bus, car c’est contraire à leurs principes.

La part de fraudeurs parmi les voyageurs de la RATP en 2012 serait de 5%. Néanmoins, ce chiffre varie selon le mode de transport. Il serait presque deux fois plus important dans les transports de surface (tramway, bus).

COMMENT LES FRAUDEURS FRAUDENT ?

Un nouveau fléau fait son apparition sur les différents grands réseaux de transport collectif français, et les réseaux sociaux en sont les acteurs principaux. Le phénomène est appelé dans le milieu “Fraude 2.0”. Le principe est assez simple et se construit autour de la solidarité des fraudeurs. Une page facebook est créée. Sur cette même page facebook, chacun peut avertir les fans de la page de la présence de contrôleurs à un arrêt. Souvent, le message peut ressembler à cela : “Faites attention, équipe de contrôleur sur la ligne 2 à l’arrêt Traverse”. Un message simple est… efficace. Contactée il y a quelques mois, les TAG (Transports de l’Agglomération Grenobloise) ne semblaient pas inquiétés par ce phénomène, présent à Grenoble : “La Sémitag, dés qu’elle a été informée de la création de ce site, a donné comme consignes aux contrôleurs d’être beaucoup plus mobiles sur le réseau afin de rendre inopérantes les informations transmises à travers ce site. D’autres réseaux en France ont déjà été confrontés à ce type de comportement, et notre service juridique va étudier toutes les possibilités légales permettant de restreindre ou d’interdire ce site.” (la Sémitag est plus tard revenue sur ses déclarations et affirme ne rien pouvoir faire juridiquement, NDLR)

A savoir que depuis cette réponse en février dernier, la page existe toujours, a vu doubler son nombre de fans, passant de 3000 à 6000 fans, n’hésitant pas à jouer sur les mots, et précisant être une page pour situer les contrôleurs “au cas où nous aurions besoin d’eux pour nous informer”…

COMMENT CONTRER CES FRAUDES ?

Les utilisateurs réguliers de la SNCF auront pu entendre Simone annoncer des opérations de contrôle renforcées dans la région. L’une de ces opérations se fait à l’entrée du quai. Pour pouvoir y accéder, il faut avoir un titre de transport valable, le tout effectué par une équipe de CRS.

Sinon, la SNCF use de techniques traditionnelles : la présence de contrôleurs à bord des trains, des campagnes publicitaires contre la fraude… le tout pour une bagatelle de… 95 millions d’euros.

EN CONCLUSION

La vraie question est : qui paye ? Un certain nombre de fraudeurs estime “faire payer” la SNCF. Sauf que bien souvent, le manque à gagner causé par ces fraudeurs est en partie épongé par l’augmentation des prix des billets des honnêtes citoyens. A qui donc cette stratégie fait-elle le plus de mal ? Je pose aujourd’hui la question.

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