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Matthias et Maxime, déclaration d’amour à l’amitié

Matthias et Maxime, déclaration d’amour à l’amitié

Après l’accueil en demi-teinte de Ma vie avec John F. Donovan, Xavier Dolan retourne au bercail et endosse toutes les casquettes (réalisateur, scénariste et acteur) avec une oeuvre pour le moins à son image.

Un week-end entre amis, le départ imminent de Maxime en Australie, un lac, une petite soeur agaçante et son film amateur, un baiser entre les deux personnages éponymes pour les besoins du scénario, beaucoup de bières, du désordre toujours joyeux, l’installation du trouble, le retour à la réalité. Voilà, très brièvement, pour le début de Matthias et Maxime.

Par plaisir coupable peut-être, Xavier Dolan décide de réutiliser les ingrédients qui jusque-là ont fait son succès : le Québec, qui lui va si bien, la relation conflictuelle mère-fils, portée par Anne Dorval, toujours, les questionnements identitaires, surtout. Car la scène du fameux baiser signe la fin de l’insouciance pour Matt (Gabriel D’Almeida Freitas). Le souvenir l’empoisonne et l’interroge sur sa sexualité, sa virilité, ses liens amicaux – une remise en question violente puisqu’il s’en défend. Si le sujet semble parfois tourner en rond, force est de constater que le traitement reste talentueux.

Aux impressions de déjà-vu succèdent des moments de grâce, notamment à l’aide d’une nouvelle dynamique dans la réalisation. Le plan route qui défile/musique en fond lasserait presque mais l’image d’une fenêtre isolée, filmée de l’extérieur, émerveille. De plus, outre la caméra à l’épaule, le jeune québécois use, abuse et tant mieux! du snapzoom, cette technique qui consiste à zoomer et dézoomer très rapidement sur un point précis – ici les acteurs. Le procédé, souvent décrié au cinéma, sert parfaitement le caractère brouillon des dialogues, drôles ou dramatiques.

Justement, on rit beaucoup dans le dernier Dolan. On se sent à l’aise dans ce cadre intimiste, comme si on faisait partie de cette bande de potes où les bons mots s’enchaînent. Au-delà des relations binaires ou tertiaires habituelles (Les Amour imaginaires, Laurence Anyways), le film chante une amitié de groupe forte, durable, bienveillante et avec une authenticité rare – probablement car le jeune québécois a pioché dans son entourage proche pour le casting. Il le dit lui-même : « l’amitié survit aux classes sociales et même à l’âge ».

Matthias et Maxime est plus léger que ses prédécesseurs – une concession à double-tranchant mais qui a le mérite de le rendre plus accessible. C’est ce qu’on retient finalement : le bonheur qui émane d’un noyau dur, disséminé partout et malgré tout, avant, entre, et après les angoisses personnelles, les blessures familiales, les querelles éphémères.

En salles le 16 octobre.

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Étudiante en histoire à Bordeaux. Adore être en pyjama. Newsyoung & cinéma.

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