NEWSYOUNG
Now Reading:

[MODE ] J’ai testé pour vous : la Fashion Week en province

[MODE ] J’ai testé pour vous : la Fashion Week en province

C’est-à-dire que comme n’habitant plus Paris, je n’avais pas vraiment le choix. Les bienveillants attachés de presse (RP) des maisons qui défilent lors de cette Paris Fashion Week n’ont pas voulu me tenter. Sous prétexte que « chopper » un billet prem’s à 25 € relève de l’acrobatie ferroviaire, ils se sont abstenus de m’envoyer des invitations. Ils sont mignons. Ils pensaient à la raideur de mon dos, sans doute.

Résultat : a-u-c-u-n-e invitation. J’ai plongé dans l’oubli. Et sans maillot. Avais-je seulement émergé un jour ?

Peut-on réellement digérer un exil provincial ? Qui n’a pas le sentiment d’être à Sainte-Hélène quand il est à Lyon ? En période de Fashion Week, me voilà, errant la main sur le cœur dans cette province dont le pouls modeux est faible. A l’instar de la mode qui sans cesse se renouvelle, j’ai choisi de subir vivre cette Fashion Week avec la distance nécessaire pour l’apprécier. 400km tout de même, là, je pense que je suis assez loin.

LE RESAU SOCIAL EST VOTRE AMI

Première solution : les réseaux sociaux. Choisir Tweeter et construire sa propre ligne éditoriale à base de #PFW (Paris Fashion Week pour les provinciaux… je ri-go-le hein !)

Voici les quelques comptes auxquels s’intuber jour et nuit :

    • Pour vivre les coulisses avec un regard non dénué de distanciation, le compte de Loïc Prigent est incontournable. Il possède un sens insensé d’extraire des formules de conversations qui semblent être des monologues d’ego démesurés, des répliques de nombrilistes aux ventres extra-plats.
    • Pour un regard toujours enthousiaste et des photos prises avec spontanéité – et aussi Instagram, Sylvia Jorif, éditorialiste au ELLE vous promet des « Oh que c’est beau », et des « Ah ça je le veux » plusieurs fois par jour. Sincère et enjouée, elle possède une vision non pompeuse de la mode, Ah ! ça fait du bien. Et ça, c’est moi qui le dit.
      • Pour avoir un point de vue d’outre-Atlantique, suivre le compte de Cathy Horyn. Certes, sa photo lui donne un air de ressemblance incroyable avec Polnareff, mais le clip Goodbye Marylou était lui aussi un défilé à sa façon, non ? Je m’égare. Suivez-la, vous verrez bien.

Evidemment, vous pouvez suivre les comptes officiels des grands magazines de mode. Celui du ELLE (mon préféré), ceux de Vogue (des machines de guerre bien huilés).

LES MAGASINS SONT VOTRE REFUGE

Deuxième solution pour survivre à l’exil : le commerce de proximité.

La suffocation est proche, votre peau bleuit à l’idée de ne pas en être encore et sûrement jamais. Les castings sont une illusion à laquelle votre silhouette elle, n’a pas fait illusion. Alors, pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups ? Je m’explique.

Foncez dans une de ces chaines qui copient plus vite que l’ombre de Zorro. Rentrez dans la première boutique venue, attrapez les vêtements sur les portants et foncez dans la cabine réservée habituellement aux handicapés. « C’est-pas-bien », me direz-vous,  mais si votre cerveau n’est pas rapidement oxygéné, il subira des lésions irréversibles. Ne devenez pas le clown de trop dans le Fashion Circus.

Vous voilà dans cet espace réduit, entourée de miroirs allongeant. Imaginez votre nom manuscrit aux marqueurs indélébiles (ça sent bon l’encre hein !) sur cette feuille A4  où votre ordre de passage est indiqué par un numéro (Pensez à le jouer au loto). Revêtez chaque tenue comme si elle était la prochaine programmée à défiler sur le Catwalk. Sortez votre smart-phone et immortalisez les coulisses de votre rêve. Instagram, le meilleur allié pour perdre des grammes et flouter les rides incongrues. Postez-les avec la mention #PFW afin de vous assurer d’une visibilité essentielle à votre (bonne ?) santé mentale. 30 minutes plus tard, la préposée au vestiaire s’accroche au rideau et vous demande si tout va bien. D’instinct,  vous lui lancez « je suis prête pour le prochain passage ». Elle vous imagine déjà avec les cuissardes que revêtaient Francis Lalanne quand ils chantaient Le Passage, film qui lui, n’a pas vraiment laissé de trace. Finalement, elle vous demande si vous comptez acheter les vêtements que vous jetez hors de la cabine et ceux que vous piétinez. Vous grommelez un « c’est bon je sors ». Elle s’impatiente mais retourne à l’entrée. Vous hissez vos lunettes de soleil au format JC Decaux 4X3 et lorsqu’elle vous demande si « ça allait ? », vous lui lancez un  « vous me faites tout livrer à l’adresse habituelle » … Et là, partez en courant !

J’ai bien cherché. Se résoudre à vivre une Paris Fashion Week avec une distance telle n’est pas aisée. Il n’y a pas de troisième solution. Peut-être que vous vous, vous en avez une ? Si oui, je prends !

Share This Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Input your search keywords and press Enter.