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Paris Climat 2015 – Y a-t-il une Justice Climatique ?

Paris Climat 2015 – Y a-t-il une Justice Climatique ?

Le temps des négociateurs n’est pas celui de la nature. Alors que les scientifiques ne cessent d’alerter sur l’urgence climatique et ses dégâts irréversibles, les conférences de l’ONU se succèdent depuis des décennies, générant plus de promesses non tenues que d’avancées concrètes. 

Les étapes historiques

En Décembre 2015, la France présidera la Conférence des Parties de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (COP 21). 23 ans se seront écoulés depuis la conférence de Rio, en juin 1992, qui avait donné le coup d’envoi d’un programme mondial de lutte contre le réchauffement climatique, l’érosion de la biodiversité et l’élimination des produits toxiques dangereux. L’objectif posé à Rio en 1992 était de stabiliser les émissions de gaz à effet de serre (GES) en différenciant la responsabilité des pays industriels de celle des pays émergents et des pays en voie de développement.

Le protocole de Kyoto

5 ans après Rio, en décembre 1997, la conférence de Kyoto aboutissait à un protocole d’accord, malgré des divergences entre États-Unis et Union Européenne.

Cet accord prévoyait une réduction moyenne de 5,2 % des GES dans les pays industrialisés d’ici 2012 (-8% pour l’UE, -7% pour les Etats-Unis, -6% pour le Japon), en exemptant de tout engagement les pays en développement. Mais il fallu 5 ans de plus pour que les 15 États Membres de l’Union Européenne ratifient le protocole dont l’entrée en vigueur n’était prévue qu’en 2005.

Le Fonds Vert pour le climat

En Juin 2009 (au Sommet de Bonn), le Mexique propose de débattre sur un système de contributions des pays riches à la lutte contre le réchauffement et l’adaptation à ses conséquences. Quelques mois plus tard, au Sommet de New York, 42 petites îles de la planète réunies au sein de l’Alliance des Petits États Insulaires (AOSIS) tirent la sonnette d’alarme sur le risque de montée des océans qui menacerait l’existence de plusieurs d’entre elles.

En Décembre de la même année à Copenhague, les États décident de créer un Fonds Vert dont les bénéficiaires seraient en priorité les pays les plus vulnérables. Il a pour objectif la diminution des émissions de GES, la lutte contre la déforestation, mais surtout les meures d’adaptations nécessaires pour faire face aux effets délétères du réchauffement dans les pays en voie de développement. L’année suivante, le Fonds Vert pour le Climat est officiellement créé avec pour objectif de mobiliser 100 Milliards de Dollars par an à partir de 2020.

L’Europe et le Paquet Énergie Climat

En décembre 2008 le Conseil Européen adopte le « paquet énergie-climat » constituant le plan de lutte contre le réchauffement climatique pour la période 2013 – 2020. Il prévoit la diminution de 20% des émissions de GES et l’augmentation de 20% de la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale de l’UE. Puis en Octobre 2014, le Conseil de l’Europe adopte le Paquet Énergie-Climat 2030, qui prévoit une diminution des GES de 40% à l’horizon 2030 et 25% de part d’énergies renouvelables dans la production totale. Il comporte aussi un soutien financier aux États Membres les moins riches pour la modernisation de leur système énergétique. Enfin, il prévoit d’investir dans les interconnexions des réseaux énergétiques européens afin d’assurer la sécurité d’approvisionnement.

Les États-Unis et la FEM

            Si en Mai 2007 le président George W. Bush inaugure le forum des économies majeures sur le climat (FEM) ce n’est pas seulement un signe de sa prise de conscience des problèmes environnementaux. C’est aussi dans le but de concurrencer les négociations menées sous l’égide de l’ONU. En Mars 2009, Barack Obama relance le FEM et déclare son pays engagé dans la lutte contre le changement climatique. Et en effet 5 ans plus tard, en Novembre 2014, les États-Unis signent avec la Chine un accord sur le climat. Ces 2 pays représentent 45% de la totalité des émissions de GES de la planète et s’engagent à les réduire. Pour la Chine, c’est une réduction à partir de 2030 et pour les Etats-Unis une réduction de plus du quart de ses émissions en 2025 par rapport à 2005.

Les enjeux de la COP 21

La 21 ème conférence de l’ONU sur le climat se déroulera à Paris du 30/11 et 11/12/2015. Il s’agira de l’une des plus grandes conférences sur le climat jamais organisée, avec 20 000 délégués et observateurs attendus au Bourget.

 

Un accord universel

Son objectif est d’aboutir au premier accord universel et contraignant, c’est à dire s’appliquant à tous les pays, permettant de contenir le réchauffement climatique en deçà de 2° d’ici à 2100. Cet accord est prévu pour entrer en vigueur en 2020.

 

Les contributions nationales au Fonds Vert

Il doit notamment fixer les contributions nationales au Fonds Vert pour le climat. Les pays développés se sont en effet engagés en 2009 à Copenhague à mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 en faveur d’actions d’atténuations et d’adaptation des pays en développement. Le Fonds vert a commencé à être capitalisé en 2014 à hauteur de 9,3 Milliards de Dollars pour une période initiale de quatre ans, dont 1 Milliard pour la France. La question cruciale est bien sûr de celle de la provenance des capitaux. C’est aussi la réalité des fonds capitalisés au regard d’un engagement très ambitieux mais irréaliste qui interroge.

Un Agenda des solutions

La France prône par ailleurs pour Paris 2015 un Agenda des solutions, qui a vocation à regrouper et dynamiser les initiatives concrètes des entreprises, des collectivités locales et des acteurs non gouvernementaux dans la lutte contre les réchauffement climatique. L’idée est de passer du concept de fardeau à partager à celui plus positif de partage de solutions inventives et d’échanges de bonnes pratiques. Ainsi de nouveaux modes de productions et de consommation sont-ils source d’opportunité en terme de création d’emplois et de richesse.

Le rapport de force Nord-Sud

Au fil des conférences, le clivage s’est creusé entre pays émergents et en développement et pays industrialisés.

En décembre 2014 à Lima les pays émergents alliés aux pays en voie de développement ont obtenu que l’adaptation au changement climatique soit traitée à la même hauteur que la réduction des émissions de GES. C’est toute la question de la « Justice Climatique » qui est posée et des moyens financiers que les pays riches sont prêts à engager pour que les pays pauvres en pleine expansion économique renoncent aux énergies fossiles. Comment concilier droit au développement avec lutte contre le dérèglement climatique ? D’autant que les promesses faites par les pays développés lors des précédentes conférences internationales apparaissent pour une large part non tenues.

Une fois encore on constate que le rapport de force Nord / Sud est une des clés des négociations en cours sur le climat. Mais la voix des pays émergents alliés aux pays pauvres vient dans ce domaine aussi bouleverser les habitudes de gouvernance mondiale de nos pays industrialisés.

Le danger est que de l’impossibilité de trouver un compromis résulte l’immobilisme mondial, laissant la planète Terre et ses habitants foncer vers une dégradation environnementale de plus en plus irréversible.

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