NEWSYOUNG
Now Reading:

Portrait d’Eliott Sarrey, l’ado qui imagine jardiner depuis son canapé

Portrait d’Eliott Sarrey, l’ado qui imagine jardiner depuis son canapé

Collégien de 15 ans et concepteur de Bot2karot, Eliott Sarrey est à l’aise à l’oral, détendu. On l’appelle encore pour des interviews cinq mois après qu’il ait reçu le prix « Incubateur » du Google Science Fair. Son invention est un robot capable d’entretenir un potager, contrôlé par une application mobile et qui vise à satisfaire les personnes à mobilité réduite mais aussi ceux qui sont débordés par leur travail au bureau, ou encore les passionnés de jeux de jardinage sur smartphone.

Eliott a grandi entre nature et modernité urbaine. Il habite aujourd’hui un village en plein milieu de la forêt près de Nancy. De grands-parents dans le milieu agricole à son père ingénieur, son parcours n’est en rien anodin. Après les arbalètes et les bateaux en bois qu’il fabriquait et bricolait déjà tout petit, le jeune homme s’est pris au jeu de la programmation et de la modélisation 3D. Passionné par les gadgets technologiques, il s’est dit que le concours Google représenterait une occasion de mener une invention jusqu’au bout, une date butoir, pour lui qui avait l’habitude de ne jamais terminer ses projets.

Deux semaines après avoir vu l’impressionnant Emmanuel Macron (arrivé en hélicoptère et accueilli par une foule de médias) curieux de son robot jardinier au concours Lépine, il rencontrera en Californie un des co-fondateurs de Google en tee-shirt de sport, short et Crocs. Impressionné par la coolitude de l’entreprise, il ne peut qu’admirer le parcours incroyable du tuteur qui l’accompagne dans le développement de son robot pendant une année. C’est  le trentenaire Steve Goldberg, propulsé par une invention à 17 ans, ingénieur aux références multiples et ayant étudié huit langues, que Google lui a présenté. Sûrement modeste, Eliott nous dit qu’il reste énormément de travail pour pouvoir utiliser Bot2karot mais il imagine déjà la suite, avec peut-être un jour une application aux jardins urbains dessinés par l’architecte Vincent Callebaut.

Cette année en troisième, il vient de faire son rapport de stage en entreprise à ses camarades. C’est chez Parrot, qu’il a passé une semaine à Paris en décembre après avoir postulé comme tout le monde via leur site internet. Encore une fois plein d’humilité, Eliott raconte s’être senti accueilli comme un des leurs par ses collègues de quelques jours auprès de qui il a beaucoup appris. Il salue la qualité d’une entreprise qui a d’ailleurs, parmi ses drones et autres gadgets, mis au point le « Flower Power » ou encore le « Parrot Pot« , présenté au Consumer Electronics Show de Las Vegas, des systèmes d’arrosage intelligents qui analysent les besoins des plantes.  Il a donc pu échanger avec facilité sur son projet et tous ont été surtout impressionnés par la partie mécanique. Rien de surprenant, l’informatique restant quand même leur métier.

D’après ses copains, le succès ne l’a pas changé et il passe encore du temps avec eux le week-end pour aller au cinéma ou faire du monocycle. C’est aussi avec plaisir et patience que l’adolescent et deux de ses amis animent un club robotique et informatique au sein de leur collège. Encouragé par leur professeur de mathématiques, ce club permet dès la sixième la découverte de l’algorithmie, à la base des nouvelles technologies qui nous entourent.

La relève technologique française s’annonce pleine de promesses.

Share This Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Input your search keywords and press Enter.