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Pourquoi la série 13 reasons why est-elle nécessaire ?

Vous n’y avez certainement pas échappé, la saison 2 de la série 13 reasons why vient de sortir sur Netflix.

Abordant de nombreux sujets délicats, souffreteux et autres violences jalonnant la vie adolescente, la production introduit chaque épisode par un message de prévention délivré par l’un des acteurs du programme et redirigeant les personnes souffrantes des maux romancés par les scénaristes vers un site annexe de médiation psychologique et de mise en lien avec des professionnels habilités à venir en aide aux victimes (médecins, psychologues, avocats…).

13 reasons why a et fait encore beaucoup parler d’elle de par son attachement à aborder des sujets épineux et difficiles à expliciter à une cible très jeune et la justesse, l’authenticité des propos tenus. Nous vous proposons ici un panorama non exhaustif des affections placées au cœur du show.

Le harcèlement scolaire

Plusieurs élèves au Liberty High School sont victimes de harcèlement scolaire. Ne rentrant pas dans la norme car non sportifs, trop intellos, trop « nerds », timides ou à la sexualité non acceptée par la masse, ils se voient exclus et brimés. Le lycée est un microcosme social au sein duquel on retrouve le fonctionnement par classe, mis à par que le critère déterminant n’est ici pas la réussite par l’argent ou l’intellect mais par le caractère : ceux au plus fort tempérament, capables de dicter à leur pairs la conduite à tenir peuvent s’avérer être de vrais tirants et régir toute l’organisation du lycée, détenteur d’un pouvoir injuste de validation ou non des autres.

Internet, outil pourtant merveilleux, entérine et empire le harcèlement scolaire et lui confère une toute autre ampleur ; autrefois consigné à l’établissement scolaire seul, il s’immisce dorénavant dans toutes les sphères vitales de la victime, jusqu’à la suivre dans son lit. Les images aux légendes inventées de toute pièce sont aussi légion sur les réseaux sociaux et contribuent à fragiliser les souvenirs et l’image qu’une personne peut avoir d’elle-même. Les personnes comme Justin dans la série usant de ce procédé ne sont pas plus mauvaises que les autres mais l’appât de la popularité obtenue par un post bien huilé et la promesse de sa transposition dans le réel sont plus forts que le désir de respecter une personne avec qui on a partagé un moment intime.

Le viol et les assauts sexuels

Hannah Baker, on l’apprend dans le dernier épisode de la saison 1, s’est faite violée. La série fait ici un bon de géant quand elle n’alimente pas le stéréotype du violeur nocturne adepte des ruelles sombres (qui en réalité s’apparente à un fantasme urbain) : le violeur d’Hannah est un de ses camarades de lycée qu’elle côtoyait régulièrement et qui s’est avéré être incapable de comprendre qu’une fille s’approchant de lui puisse ne pas avoir envie d’une relation sexuelle.

Le viol est subi, pourtant Hannah ne se débat que très peu ; un autre cliché mis à terre ici et un phénomène psychologique, souvent déclenché par le cerveau lors d’un traumatisme physique aussi fort et maladroitement reproché aux victimes : lors d’un viol, le corps se vide de son essence, la personne fuit, n’est plus là et laisse sa carcasse se faire démener tant la violence lui est insoutenable.

Le suicide et la dépression

Enfin, et c’est là le cœur de la série, les troubles psychologiques comme la dépression et les comportements suicidaires sont abordés avec une sobriété décontenançante. Éclairé d’un regard neutre, on infiltre l’esprit torturé de la jeune Hannah et assiste à son suicide surplombé de la lumière blafarde de son désarroi.

Cette série est donc nécessaire dans ses choix scénaristiques. Elle décide de montrer les choses tel qu’elles sont, sans fards et sans paillettes. Le suicide, ça saigne, c’est angoissant mais ça existe et quoi de mieux que de ne pas le rendre artistique pour permettre aux individus de prendre conscience et d’accroître leur attention aux autres ?

Des reproches ont été fait à la production, notamment concernant la scène du suicide, car donnant les clés pour un suicide réussi aux personnes fragiles. Or, la cible est majoritairement composée d’adolescents, êtres traversés de questionnements, de tempêtes émotionnelles, de doutes, de douleurs exacerbées et plongés dans un univers transpercé de violences, d’humiliations et d’injustices. Parler aux adolescents avec leurs mots, leurs registres et ne pas tenter d’édulcorer la réalité est le meilleur moyen de capter leur attention en premier lieu et de leur renvoyer un miroir de leurs actions (subies ou agissantes) afin de les pousser à parler ou à faire preuve de plus d’empathie, selon les cas.

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