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Racolage littéraire : c’est combien pour lire un passage ?

Racolage littéraire : c’est combien pour lire un passage ?

Pour moi lectrice,  la rentrée littéraire, c’est un peu comme une rentrée en petite section de maternelle. Un monde nouveau, de l’inattendu, une organisation confuse, des rencontres improbables, et surtout, le stress du choix. Rester avec ses parents (ne pas lire et donc fuir) ou aller découvrir le monde (et lire pour mieux y survivre).

ETRE LIBRE DE LIRE

Pour rentrer, il faut être parti. Pour la rentrée littéraire, il faut avoir fini les livres de l’été et s’armer de patience pour trouver quels livres succéderont aux mots qui ont su accompagner la détente estivale.

J’en profite aussi pour dissiper les quelques soupçons qui pourraient résider au sein des cerveaux ralentis par la chaleur du mois d’août. Non, la rentrée littéraire, ce n’est pas la rentrée des lycéens en Première Littéraire. D’ailleurs, quels sont les écrivains ayant suivi ce cursus ? Ça, difficile à savoir, et même, j’ai envie de dire, on s’en fout. La rentrée littéraire c’est « comme si que » les maisons d’édition avaient toutes donné un  devoir annuel à leurs auteurs. Et sans sujet. Sujet libre quoi. Et la liberté, ça a un prix, c’est pour cela qu’avec la rentrée littéraire, il y a les prix littéraires. Tadam ! Vous noterez au passage que retomber sur ses pieds en divagant de la sorte mérite le prix « tadam » du jour. Je me l’octroie, ça va de soi. (Je n’ai pas fait de première littéraire).

Petit aparté. Certains auteurs se sont « autoédités ». Eclaircissement :

L’autoédition consiste pour un auteur à prendre lui-même en charge l’édition de ses ouvrages, sans passer par l’intermédiaire d’une maison d’édition.

Ce sont des candidats libres. Libre de recevoir un prix. Libre de payer le prix de s’autoéditer et de se voir non lu et invendu. Des piles de livres dans le salon, pièce alors rebaptisée par les amis bienveillants, « salon du livre ». Ces auteurs sont de plus en plus nombreux. Un éditeur m’a même dit qu’il y plus de gens qui écrivent que de gens qui lisent. Voilà. Fin de l’aparté.

ETRE IVRE DE LIRE

J’entre dans la librairie. L’odeur du papier me chatouille les sens. Me voilà arpentant les allées de la connaissance. Laisser ses yeux se balader dans les librairies pour les laisser s’émoustiller devant les titres des livres reste un plaisir solitaire. Les titres sont bien plus que des promesses d’évasion ou des invitations au voyage. Les titres sont des enseignes lumineuses qui rappellent une autre forme de racolage. Le quartier rouge d’Amsterdam fait pâle figure face aux librairies germanopratines au moment de cette rentrée littéraire. Tout y est fait pour aguicher. C’est combien pour lire juste un passage ?

PETIT CHOIX SUBJECTIF DE TITRES SUGGESTIFS 

Dans la vie sentimentale de chacun d’entre nous, il y a le moment d'un couple où à tâtons,  on cherche à tous prix un retif-menage. Et là, peu habillée, pour ainsi dire nue, c’est vrai qu’il faut beaucoup aimer les hommes apres-amour , cet amour qui prend feu dans ce studio dédié au bien-être des filles et des garçons, lieu de vie aussi nommé,  la garçonnière, apprendre que ta femme me trompe … C’est  toujours dur. Ce qu’il reste à faire ? C’est la rééducation sentimentale.

Ça ne veut rien dire, mais qui trouve que l’amour est une sentiment cohérent ?

CHOISIR DE LIRE ET CHOISIR QUOI LIRE

Tous ces délices et supplices, le choix s’avère cornélien. J’en ai mal à la tête. La rentrée littéraire est un enfer pour le lecteur. Trop de choix tue-t-il le choix ? Au final, la lectrice que je suis est perdue. Je finis par acheter un agenda sur lequel je noterai les dates auxquelles les prix littéraires seront attribués comme un repère dans ce choix impossible.

D’ailleurs, les prix littéraires sont-ils fiables ?

L’agenda en main,  je file à la bibliothèque me réconforter dans les bras d’un classique régressif : « La Gloire de mon Père » de Marcel Pagnol. Lecture idéale pour une rentrée littéraire en douceur.

PS : « L’Envie » de Sophie Fontanel connait un succès international. Son titre anglais : « The art of sleeping alone ». L’art de donner envie de lire.

Celui-ci, lisez-le !the art of sleeping alone

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