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Snowpiercer, le Transperceneige : énième film catastrophe ou vraie réflexion sociale ?

affiche snowpiercer

Le sud-coréen Bong Joon Ho (après les remarqués the Host et Mother, entre autres) signe ici un drame post-apocalyptique tiré d’une BD française, avec en tête d’affiche Chris Evans et l’inénarrable Ed Harris.

Le pitch de départ tient en une phrase : après le début d’une nouvelle ère glaciaire dans un futur proche, les restes de l’humanité trouvent refuge à bord d’un train roulant perpétuellement, où les classes sociales et les inégalités reprennent forme.

A priori ça sentait la poudre et les larmes bas de gamme, sauf que Joon Ho nous livre un film d’action survitaminé qui malmène le schéma narratif du blockbuster hollywoodien comme jamais, inversant « l’ordre » des morts obligatoires auquel on s’attend par habitude.

Blood, sweat and tears

La progression linéaire, wagon par wagon, ravira les amateurs de jeux vidéo, en apportant son lot d’ennemis successifs toujours plus terribles que les précédents. On retiendra notamment la géniale scène de l’affrontement massif à la hache, le tout dans le noir, entrecoupé de la célébration du Nouvel An. Jouissif !

Les amateurs d’hémoglobine et de violence trouveront aussi leur compte : beaucoup de scènes sont à déconseiller aux enfants, entre le bras d’un pauvre hère complètement gelé puis brisé au marteau, la découpe à la hache façon buchettes où les coups de poignards, le train Wilford se voit repeint en rouge.

Cependant  la violence trouve aussi son esthétique dans des scènes scandaleusement  jubilatoires, où la maîtresse toute en blondeur et en sourires niais canarde nos malheureux protagonistes au pistolet mitrailleur, où le cuistot sort un fusil d’assaut de sous ses œufs de Pâques.

Mais, et c’est là que Joon Ho expose son indépendance d’esprit face aux sirènes hollywoodiennes, Snowpiercer développe aussi un vrai questionnement sur la lutte des classes, l’équilibre précaire d’une société entre l’élite et la classe prolétaire, le bien-fondé d’une révolution.

Joon Ho le Marxiste

Mr Wilford, qui commande le train, commande l’Humanité : ce simple constat permet de voir sa personne déifiée. Il est alors seul à pouvoir se permettre de se montrer magnanime ou pas, d’offrir la sécurité à bord de son train en échange de la liberté de tout un chacun.
Son humanité est figée à bord du train : la notion de destin est très présente. La société est imperméable de par les portes entre les wagons. La force prolétaire fournit aux besoins de la classe bourgeoise car c’est ainsi.

Mais Joon Ho bouscule également la notion de héros à laquelle nous étions habitués. La révolution populaire ne nait pas d’un seul mouvement ou sous l’impulsion d’un chef rebelle. Ici chacun trouve un intérêt purement égoïste à la rébellion. Aucun d’entre eux n’est véritablement un type bien, et c’est affreusement plus parlant que la vision simpliste du monde à laquelle Hollywood nous avait habitués.

Enfin, Bong Joon Ho critique également le bien-fondé de la révolution sociale, en mettant en avant la boucherie qu’elle provoque inévitablement, la corruption des leaders d’une telle révolution, leur manipulation par la classe dirigeante qui n’est pas sans rappeler Matrix des frères Lachowski.

Snowpiercer se révèle être LE film d’action de cette fin d’année 2013. Son réalisateur signe une allégorie très sombre sans être complètement désespérée alliant plusieurs niveaux de lecture, qui raviront des publics différents. A voir et revoir.

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