Salut ! Salut !

Star Wars Rogue One : vers un nouvel espoir

Culture / Récents / 15 décembre 2016

Cela est en passe de devenir une tradition. Un an après Le réveil de la force, septième volet de la saga et dont je vous livrais une critique élogieuse, voilà qu’un nouveau Star Wars débarque sur nos écrans pour Noël, intitulé Rogue One : A Star Wars Story. Il faut dire que Disney a l’intention de faire fructifier son rachat de Lucasfilm pour 4 milliards de dollars en 2012 : la compagnie aux grandes oreilles a ainsi prévu un film par an au moins jusqu’en 2019, alternant entre épisodes classiques (tel le Star Wars VIII de Rian Johnson prévu pour 2017) et spin-offs censés élargir l’univers de la saga. Rogue One est l’un de ceux-là. Alors, que penser de ce premier Star Wars « hors-série » ? Critique.

Note : Cette critique est garantie SANS SPOILERS, je m’en tiendrai ici aux éléments présents dans les diverses bandes-annonces et autres supports promotionnels du film


Un Star Wars différent…

Il y a presque quarante ans, dans une galaxie pas si lointaine puisqu’il s’agit de la nôtre, sortait un film qui allait révolutionner l’histoire du cinéma : Star Wars, épisode IV du nom. Dans son prologue, défilait en lettres jaunes sur l’immensité de l’espace le texte suivant : « C’est une époque de guerre civile. A bord de vaisseaux spatiaux opérant à partir d’une base cachée, les Rebelles ont emporté leur première victoire sur le maléfique Empire Galactique. Au cours de la bataille, des espions rebelles ont réussi à dérober les plans secrets de l’arme absolue de l’Empire : l’Etoile de la Mort, une station spatiale blindée dotée d’un équipement assez puissant pour annihiler une planète tout entière. (…) ».

Rogue One raconte justement l’histoire de ce groupe d’espions rebelles, et à ce titre le long-métrage s’inscrit parfaitement dans la continuité de la saga, puisqu’il prend place dans les quelques jours précédant l’ouverture du film de 1977. Néanmoins, cet « épisode 3,99 » est différent à plus d’un titre, puisqu’il s’agit comme nous l’avons dit d’un spin-off. Exit donc le prologue déroulant de début de film accompagné du majestueux thème de John Williams, et exit les transitions en volets. De plus, vous n’y verrez ni Jedi, ni sabre laser, ni Skywalker (quoique…). Selon la volonté de son réalisateur Gareth Edwards, Rogue One est avant tout un film de guerre se déroulant dans l’univers de Star Wars. Beaucoup plus « réaliste » que ne pouvaient l’être les épisodes de la saga principale, Rogue One est également plus mature et plus sombre, tant par son propos que par sa photographie. Le fait que le chef-opérateur du film, Greig Fraser, ait auparavant travaillé sur le film Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow, consacré au récit de la traque d’Oussama Ben Laden, y est sûrement pour beaucoup.

La réalisation, très soignée, nous transporte sur de nouveaux mondes inédits dans Star Wars. Moins contraint que ne pouvait l’être J. J. Abrams sur l’épisode VII, Gareth Edwards se permet toutes les fantaisies : mention spéciale à la ville construite entre deux astéroïdes, ainsi qu’aux paysages paradisiaques de la planète Scarif (voir ci-dessus). Le film comprend également un grand nombre de créatures, connues ou nouvelles, faisant la part belle comme dans Le réveil de la force aux costumes et aux animatroniques. Mais Rogue One tire bien entendu sa force de ses personnages. Jyn Erso, interprétée par Felicity Jones, y campe la fille de l’ingénieur Balen Erso (joué par le talentueux Mads Mikkelsen), concepteur de l’Etoile de la Mort. Elle est accompagnée du capitaine Cassian Andor (Diego Luna), du prêtre Chirrut Îmwe, ainsi que du droïde impérial (reprogrammé) K-2SO, comic-relief plus que réussi du film. Le rôle de l’antagoniste principal est tenu par le directeur Orson Krennic, redoutable officier impérial chargé du développement de l’Etoile. Si l’on peut regretter que ces nouveaux personnages manquent parfois de développement par manque de temps (en effet, Rogue One n’appelant aucune suite, aucun d’entre eux ne reviendra dans l’univers Star Wars), leur alchimie fonctionne très bien et nous propose au final un regard différent sur les événements, bien éloigné des tribulations de la famille Skywalker.


… où l’on se sent comme à la maison

Si Rogue One n’hésite pas à s’émanciper de la saga, il a cependant tout d’un vrai Star Wars. Le film voit notamment le retour de deux personnages de la trilogie originale. Le premier, très attendu, n’est autre que le méchant le plus iconique de l’histoire du cinéma, Dark Vador. Sa présence avait été teasée dès la deuxième bande-annonce (voir en fin de critique), et bien que le père de Luke n’apparaisse que quelques minutes à l’écran, celles-ci sont intenses et ne déçoivent pas, d’autant que la production s’est offert les services de James Earl Jones, voix originale du personnage entre 1977 et 1983. Quant au second, il s’agit du Grand Moff Tarkin, commandant de l’Etoile de la Mort dans l’épisode IV. Grâce à la magie des effets visuels, ILM (Industrial Light and Magic, la société d’effets spéciaux de George Lucas, NDLR) est en effet parvenu à redonner vie au personnage interprété par Peter Cushing, bien que l’acteur soit décédé en 1994 (voir ci-dessous) : certes, le résultat frôle parfois la vallée dérangeante, mais dans l’ensemble l’effet est assez bluffant (et cela fait plaisir de revoir ce personnage, même en images de synthèse). D’autres têtes connues de la première comme de la deuxième trilogie font également des caméos dans le film, mais je vous laisse la surprise de les découvrir…

La musique est également de qualité. Michael Giacchino réussit l’exploit de succéder à John Williams, dont il emprunte certains des thèmes, avec le retour de la Marche Impériale qui ne peut qu’emplir de joie un fan de Star Wars. Un exploit d’autant plus grand que le compositeur avait remplacé au pied levé le Français Alexandre Desplat suite à son départ du projet, et n’avait eu en tout et pour tout qu’un mois pour écrire la bande originale du film. Cette dernière, de manière générale, est particulièrement empreinte du « style Williams », auquel s’ajoutent des accents giacchinesques proches du travail du compositeur sur Star Trek (de J. J. Abrams), et bien qu’aucun thème n’en ressorte vraiment, celle-ci a le mérite de nous faire nous sentir chez nous.


ezgif-com-b7e85e1c28Notre critique en bref :

Madeleine de Proust pour les fans de la saga, Rogue One : A Star Wars Story multiplie les clins d’œil à l’épisode IV qu’il précède immédiatement, sans jamais tomber dans le fan-service bas de plafond. Néanmoins, si l’on avait pu reprocher à Star Wars VII – parfois à tort – une trop grande proximité avec les épisodes précédents, son réalisateur Gareth Edwards se permet de prendre des risques et ose casser les codes de la saga pour nous proposer un vrai film de guerre, sans oublier au passage le divertissement et le grand spectacle. Une réussite sur tous les points, et assurément un des meilleurs blockbusters de ces dernières années.

Et n’oubliez pas : « The force is with me, and I am one with the force »



Rogue One : A Star Wars Story, dans les salles obscures depuis le 14 décembre 2016

Crédits photo : Lucasfilm






Tom Février
Etudiant en double cursus "Sciences et sciences sociales" à Sciences Po Paris et à l'Université Pierre et Marie Curie. Passionné de politique et de nouvelles technologies.




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