Salut ! Salut !

Star Wars VII : Le réveil de la saga

Culture / Récents / 19 décembre 2015

Trois ans. Trois ans que suite au rachat par Disney de Lucasfilm, la mythique société de production de George Lucas, un nouveau film Star Wars était annoncé. Trois ans que tous les fans de la saga se posaient la même question : ce nouveau film parviendrait-il à se hisser au niveau de la trilogie originale, sortie entre 1977 et 1983 ? Car même si tous les éléments semblaient concorder à faire de Star Wars : Le Réveil de la Force un grand Star Wars (son réalisateur, le talentueux J. J. Abrams ; son scénariste, Lawrence Kasdan, auteur de L’Empire contre-attaque ; le retour du casting de la trilogie originale…), et si les quelques bandes-annonces diffusées avec parcimonie depuis un an nous avaient rassurés quant à l’univers graphique du film, plus proche de la première trilogie que de la débauche numérique des épisodes I à III, il n’en demeurait pas moins une certaine appréhension. Newsyoung a vu le nouveau Star Wars pour vous. Verdict : ce nouvel opus est à la hauteur de nos attentes, et les surpasse même à plusieurs niveaux.

Note : Cette critique est garantie sans spoilers majeurs, néanmoins plusieurs éléments de l’intrigue seront ici révélés ; si vous souhaitez découvrir le film avec un regard vierge, je vous conseille d’arrêter ici votre lecture (et de revenir une fois que vous l’aurez vu, bien évidemment !)

1h45 du matin. La salle du Grand Rex n’est éclairée que par les sabres laser des fans, venus nombreux pour cette première projection du film en version originale sous-titrée sur le plus grand écran de France. Justement, cet écran le voilà qui descend sous les applaudissements du public, qui s’empresse de chausser ses lunettes 3D. Le logo Lucasfilm apparaît, puis la fameuse phrase « A long time ago in a galaxy far far away… » Je retiens mon souffle, et tandis que retentit la musique de John Williams les mots « Star Wars » vont se perdre dans les étoiles. Défile alors l’introduction du film : alors que Luke Skywalker, le dernier Jedi, est porté disparu, une nouvelle organisation maléfique est née des cendres de l’Empire galactique, le Premier Ordre ; la générale Leia Organa, leader de la Résistance, a envoyé son meilleur pilote Poe Dameron sur la planète Jakku afin de récupérer des plans qui permettraient de localiser son frère. Le texte disparaît, la caméra bascule, et un vaisseau majestueux traverse le champ : pas de doute, Star Wars est de retour.

Comme d’habitude, le film commence in media res par l’attaque d’un village de Jakku par les stormtroopers du Premier Ordre, et par la capture de Poe Dameron. Ce dernier parvient néanmoins à confier les plans à son droïde BB-8, ce qui n’est pas sans rappeler le début de l’épisode IV, dans lequel la princesse Leia confie les plans de l’Etoile de la Mort à R2-D2 avant d’être capturée par l’Empire. En errant dans les plaines désertiques de Jakku, le robot-boule rencontre notre héroïne, Rey, une pilleuse d’épaves, qui se lie d’amitié avec lui. Pendant ce temps, Poe Dameron est torturé par Kylo Ren, le nouveau méchant du film, et révèle où se trouve les plans. Mais avec l’aide du stormtrooper renégat FN-2187 (ou Finn), il parvient à s’échapper dans un TIE-fighter qui s’écrase à la surface de Jakku. Finn survit au crash, mais Poe a disparu. Après plusieurs jours de marche, Finn parvient à la ville où il rencontre Rey et BB-8, mais une attaque du Premier ordre, venu récupérer les plans, oblige notre trio à s’échapper à bord d’un vieux tas de ferraille… qui n’est autre que le Faucon Millenium !

Je n’en dirai pas plus sur l’intrigue, sachez juste que tout cela commence très fort et que les personnages et le public n’ont pas le temps de s’ennuyer tandis que les scènes d’action et les combats aériens s’enchaînent. Très vite, on retrouve avec plaisir le casting original (Han Solo, Chewbacca, Leia, C-3PO, R2-D2), bien que celui-ci reste en retrait par rapport à nos nouveaux héros, Rey et Finn, qui apportent un peu de fraîcheur. L’humour des dialogues, humour trop souvent absent de la prélogie de George Lucas, contribue également à ce vent de fraîcheur, et on se surprend à rire plus souvent qu’on ne l’aurait imaginé. La mise en scène de J. J. Abrams apporte un dynamisme qu’on ne connaissait pas à Star Wars, la mise en scène de George Lucas, à base de plans larges et fixes, étant très conventionnelle. Si l’on peut regretter d’y perdre parfois en solennité ou en symbolisme, il est néanmoins certain que les zooms, panoramiques, et autres caméras dynamiques du réalisateur subliment les combats spatiaux, que la 3D rend plus réalistes que jamais. Il faut dire que J. J. s’était auparavant fait la main sur Star Trek (2009) et Star Trek Into Darkness (2013), deux réussites d’un point de vue visuel (et à tous points de vue d’ailleurs). Le réalisateur n’abuse cependant pas des effets spéciaux numériques, puisque maquettes, costumes, animatroniques et décors réels sont à l’honneur, quand la prélogie abusait et surabusait du fond vert, ce qui s’en ressentait sur le jeu des acteurs (coucou, Hayden Christensen !).

Ce nouveau film s’avère par ailleurs une transition parfaite entre la trilogie originale et la nouvelle trilogie lancée par Disney (l’épisode VIII est planifié pour 2017 et l’épisode IX pour 2019). Le casting original laisse toute sa place à une galerie de nouveaux personnages : hors Finn (John Boyega), Rey (Daisy Ridley) et BB-8, on peut citer en vrac la pirate Maz Kanata (Lupita Nyong’o), Poe Dameron (Oscar Isaac) Kylo Ren (Adam Driver), le Suprême Leader Snoke (Andy Serkis), ou encore le capitaine Phasma (Gwendoline Chrisie). Le film rend intelligemment hommage à la trilogie originale sans jamais tomber dans le fan-service gratuit : certains plans ou répliques sont repris à l’identique de l’épisode IV, qu’il s’agisse de Han Solo et Chewbacca dans le Faucon Millenium, du soleil couchant sur le désert de Jakku (qui rappelle fortement Tatooine), ou encore de la tirade culte « I’ve got a bad feeling about this… » (présente dans tous les films de la saga), sans compter les kitchissimes transition en volet qui font le charme de Star Wars, ou le château de Maz Kanata qui rend hommage à la scène de la cantina, par sa profusion de créatures en tous genres. Cependant, tout en y restant fidèle, le film s’affranchit de cet héritage et le transcende, par une narration beaucoup plus rythmée, un dosage parfait entre humour, action et émotion, et son scénario riche en surprises et qui ne manquera pas de vous étonner.

Cependant, si j’avais un reproche à faire à Star Wars : Le Réveil de la Force, ce serait d’être parfois trop proche de l’épisode IV, au point parfois de copier-coller certains éléments scénaristiques. Je vous parlais au début de cette critique du MacGuffin du film, les plans permettant de retrouver Luke Skywalker, et qui se révèle sensiblement le même que celui du film de 1977 ; la structure du film est également similaire, avec un personnage qui mène une vie inintéressante sur une planète désertique (Luke Skywalker / Rey), et rencontre un vieil homme (Obi-Wan Kenobi / Han Solo) qui lui parle de la Force et l’emmène dans des aventures extraordinaires, tandis qu’un méchant masqué (Dark Vador / Kylo Ren) cherche à s’emparer des plans volés. Il en est de même de la nouvelle arme du Premier Ordre, la base Starkiller, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à l’Etoile de la Mort, ou encore des planètes du film : une planète désertique (Tatooine / Jakku), une planète forestière (Endor / Takodana) et une planète gelée (Hoth / Starkiller Base). Néanmoins, le film prend le temps de développer son propre scénario, de sorte que ces quelques emprunts passent relativement inaperçus, même si j’espère ardemment que ce défaut mineur n’est dû qu’au statut transitoire de cet opus, et que l’épisode VIII osera vraiment dépasser les films précédents et proposer un scénario complètement original. On peut aussi excuser le film en constatant que la saga Star Wars toute entière est construite sur le monomythe du héros et sur des parallèles troublants qui revêtent une dimension symbolique : par exemple, Anakin Skywalker et son fils Luke ont tous les deux la main tranchée par un sabre laser et remplacée par une main robotique (respectivement dans les épisodes II et V), ou encore Obi-Wan Kenobi comme Luke voient mourir leur maître sous leurs yeux (respectivement dans les épisodes I et IV), etc.

Ainsi, quand au bout de 2h16 s’ouvre le générique de fin et que la salle entière applaudit, j’ai la sensation d’avoir vu non seulement un excellent film, mais également l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur, Star Wars. Il est encore trop tôt pour dire si la nouvelle trilogie conservera la dimension symbolique qui fait aussi la richesse de la saga, mais Le Réveil de la Force répond largement à toutes nos attentes en matière d’aventures, reste fidèle au matériau d’origine tout en se conformant aux codes actuels du (bon) blockbuster, et ouvre la voie à une trilogie prometteuse. Je ne peux que vous conseiller d’aller voir ce nouvel opus, dans lequel chacun, fan inconditionnel ou parfait novice, petit ou grand, Jedi ou Sith, peut trouver son compte.

May the Force be with you !


Star Wars VII : Le Réveil de la Force, dans les salles obscures depuis le 16 décembre 2015

Crédits photo : Disney


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Tom Février
Etudiant en double cursus "Sciences et sciences sociales" à Sciences Po Paris et à l'Université Pierre et Marie Curie. Passionné de politique et de nouvelles technologies.




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