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The Endless River, Une rivière sans fin, mais pas un long fleuve tranquille

The Endless River, Une rivière sans fin, mais pas un long fleuve tranquille

Nous sommes un dimanche de Novembre, le ciel est gris et la lumière du salon blanchâtre. Le temps semble s’être arrêté, le bruit de la pluie berce un réveil embrumé de lendemain de soirée. Je me saisis de la pochette nuageuse et me laisse embarquer pour plus d’une heure de voyage dans les nuages.

Parce que le dernier album tant attendu des Floyd c’est ça : un univers planant dont ils furent les précurseurs, qui ne s’est jamais essoufflé avec le temps. Les premières notes sont quasi inaudibles, on entend à peine des voix, comme si on interférait avec une communication entre des cosmonautes. Puis le voyage commence, comme un appel à monter dans le premier vaisseau spatial en direction de la lune.

Cet album aurait pu être la bande originale de Gravity, tant l’image de cette planète revient en mémoire à l’écoute des trois premières chansons qui composent la première partie de cet album. Il est en fait un hommage rendu au claviériste Rick Wright, disparu il y a maintenant 6 ans. L’heure n’est donc pas seulement au voyage dans les nuages, mais plutôt à la nostalgie, puisque l’album sera le dernier de leur carrière.

Composé de quatre parties, il faut attendre la deuxième pour que le roadtrip spatial prenne du rythme. À partir de la quatrième chanson, les effets de pédales si chers au groupe prennent le pas, annonçant quelques perturbations aériennes. Le pilote appuie enfin sur l’accélérateur, le voyageur sent son rythme cardiaque suivre le mouvement. C’est comme si le corps s’accordait avec l’imaginaire créé par les Floyd vingt ans plus tôt, avec l’album The Division Bell.

Le voyage prend une autre dimension, la guitare reprend le dessus au milieu de cette troisième partie entre ciel et terre. En alternant entre effets de clavier, guitare et batteries plus prononcées, l’album prend un tournant plus rock et plus dans la veine de Dark Side of the Moon. Comme si le groupe voulait nous ramener sur terre, après nous avoir promené dans les lumières de la nuit, avec Night Light. Allons-y (2) marque ce retour définitif sur terre avec l’emballement des guitares, accompagné d’une batterie qui donne cœur et force à David Gilmour pour son solo.

Enfin, la quatrième partie nous fait atterrir. L’ambiance est angoissante. On comprend que notre vaisseau arrive au bout de sa route, le clavier nous indique que l’atmosphère y est peu respirable. On suffoquerait presque, comme si le vaisseau dans lequel nous étions jusqu’à présent promettait de nous protéger quoiqu’il arrive. Puis on finit par quitter le navire, préférant affronter cette dernière partie les pieds sur une terre inconnue.

Ce dernier album émeut parce qu’il est justement le dernier du groupe, bien qu’il soit amputé de deux membres. The Endless River reste cependant parfaitement fidèle à l’univers des Floyd. Peut-être trop fidèle, avec de nombreuses références aux précédents albums, avec pour seules paroles celles de la dernière chanson. Comme si les mots étaient trop lourds pour rendre hommage et qu’ils ne pouvaient venir qu’à la fin du voyage. Peut-être qu’en fait, ce voyage était finalement celui au sein de la discographie des Floyd.

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